TROISIÈME QUESTION
« Le coutelas ou couteau de cuisine a une lame de huit pouces et demi de long sur dix-huit lignes de largeur du côté du manche. Il est couvert , ou pour mieux exprimer la chose , il est barbouillé de sang sur ses deux surfaces. Les couches de sang de chaque côté sont surtout plus épaisses vers le manche que vers la pointe de l'instrument.
« Il résulte de ce qui précède, qu'on ne peut pas admettre raisonnablement que le coutelas ait été ensanglanté par le sang des chairs des parties internes, qu'il aurait divisées, car lorsqu'un instrument tranchant, surtout lorsque la lam'e en est plate et large comme celle d'un coutelas, pénètre dans toute sa longueur à travers les vêtemens dans le corps d'un individu , le sang qui. tache la lame est essuyé pendant l'acte de tirer à soi l'instrument pour le faire sortir , et le peu de sang qui y reste forme des stries longitudinales. D'ailleurs la lame est en pareil cas ensanglantée plutôt vers la pointe que vers le manche, attendu que le sang est nécessairement ramené vers la première, lorsqu'on retire l'instrument de la plaie.
« Il suffit de comparer ce qui vient d'être dit avec l'état du coutelas pour penser que le sang qui existe sur sa lame y a été appliqué.
JQ MÉDECINE LÉGALE.