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DES DEVOIRS DU PHARMACIEN

il était particulièrement recommandé de veiller à ce que les instrumens du laboratoire fussent entretenus avec le soin nécessaire, et autant que possible, de ne point employer d'appareils en cuivre.

Ces obligations dont l'infraction a entraîné, sous l'empire de l'ancienne législation, des condamnations sévères, n'ont rien perdu aujourd'hui de leur poids, et moins que jamais on ne peut s'en écarter. Ajoutons qu'il est nécessaire que le nom des pharmaciens soit inscrit sur leurs enseignes comme sur toutes les substances qui sortent de leurs officines, et qu'ils écrivent avec soin leurs étiquettes; qu'indépendamment de ce qui leur est prescrit par la loi pour la tenue et la vente des poisons, il est fort important qu'ils les mettent à part, pour qu'ils ne soient pas confondus avec d'autres médicamens, ce qui est arrivé quelquefois ; qu'ils se conforment scrupuleusement aux prescriptions médicales , et que surtout ils veillent à ce qu'il ne soit commis aucune erreur dans la délivrance de ces prescriptions.

Nous avons parlé au chapitre n delà première partie du soin que les médecins devaient apporter dans leurs ordonnances , et des accidens auxquels des erreurs pouvaient donner lieu.

Mais un pharmacien qui s'aperçoit , ou qui a quelques raisons de croire qu'il y a eu erreur dans une ordonnance, doit-il rectifier cette ordonnance, ou passer outre, et la délivrer? Dans aucun cas un pharmacien ne doit se permeltre de rectifier, changer ou modifier une ordonnance; cette défense est formellement écrite dans la loi, et aucune espèce de considération ne doit la faire éluder ; mais lorsqu'il remarque qu'elle contient une erreur, il doit en référer immédiatement au médecin; en agissant autrement il encoure une responsabilité fâcheuse qui peut avoir pour lui des conséquences

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funestes; car l'obligation où sont les pharmaciens, de suivre les formules des médecins, n'est pas tellement passive qu'ils doivent s'y conformer quand elles leur paraissent contenir des erreurs. Les connaissances médicales des pharmaciens, leur habitude de préparer les médicamens, les mettent toujours à même de reconnaître les erreurs que peuvent présenter les ordonnances; et dans ce cas, nous le répélons, s'ils ne doivent pas se permettre de les modifier, ils sont coupables de n'en point référer au médecin.

Il serait à désirer qu'au lieu d'employer dans leurs ordonnances, des signes de convention qui permettent si facilement les erreurs, les médecins se servissent du langage usuel (1). Leur attention et celledu pharmacien seraient portées, dune manière bien plus réelle sur les quantités prescrites ; car on conçoit que le médecin sera moins exposé à mettre, par exemple, grains pour gros, s'il est obligé d'écrire ces mots en toutes lettres, que s'il se sert de signes, plus savans il est vrai, mais avec lesquels il est si facile de se tromper.

Mais nous avons à signaler un abus plus grave encore.

Pourvu qu'on apporte à un pharmacien une ordonnance libellée dans la forme ordinaire, il délivre le médicament , bien qu'il ne connaisse pas la signature qui y est apposée, et souvent même quoiqu'il n'y ait qu'un paraphe, ou quelquefois absence complète de signature. On voit de suite combien cette habitude favorise les personnes qui exercent la médecine sans litre, ou même

(i) Ainsi, dans un ouvrage récenl qui présente la plus grande réunion de formules, tant françaises qu'étrangères, la Pharmacopée universelle , ou Cvaspectus des pharmacopées , M. le docteur Jourdan a cru devoir désigner en Joutes lettres les quantités des substances; c'est un exemple que nous signalons aux auteurs qui écrivent sur la pharmacie.

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