‹ Jurisprudence médicale [microforme]Chapitre 5 sur 22 · RE RE · texte numérisé non relu

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Ainsi, des matières répandues comme une sorte de poudre ou poussière blanche peuvent se rencontrer çà et là dans le tube intestinal. Ces petites masses ou globules ne sont autre chose que des matières graisseuses de l’albumine ou de la fibrine dépouillée de matière colorante.”— FLANDIN, Truité des poisons, vol. 1, p. 412.

Orfila, après avoir traité des lésions de tissu produites par l'acide arsénieux, dans son traité de toxicologie, vol. ler p.

342, continue—p. 344 et suivantes, en disant :

‘Je ne terminerai pas ce sujet sans faire obnerver que, dans certaines circonstances, on remarque ça et là dans l'estomac €. dans les intestins des personnes empoisonnées par Facide arsénieux une multitude de points brillants ne l'on serait tenté de prendre au premier abord pour de l'acide arsénieux. Ces sortes de grains sont formés de grrisse et d’albumine ; mis sur les charbons ardents, ils décrépitent en se desséchant, et font entendre un bruit que l’on a quelquefois mal à propos qualifié de détonation; ils s’enflamment comme les corps gras s'ils contiennent une proportion notable de graisse, et répandent une odeur de suif et de matières animales brûlés On peut les trouver sur des cadavres d’individus qui n'ont pas été empoisonnés, et l'on ne saurait trop apporter d'attention à les distinguer de l'acide arsénieux.

Je pourrais citer plusieurs cas où de semblables globules ont été la cause de méprises qui pouvaient devenir funestes. Je me bornerai à rapporter les suivants :

“1° Le 2 août 1824, M. le procureur du roi de Saint Brieuc ordonne Fexhumation du cadavre d'un individu âgé de 38 ans, que l’on soupçonnait avoir péri empoisonné quarante-quatre jours auparavant. L'extrémité inférieure de }'œsophage, la membrane muqueuse de l'estomac et du duodenum sont enflammées. On trouve dans le canal digestif une multitude de grains blanchâtres, que l'un des rapporteurs désignés pour analyser les matières croit être de l'acide arsénieux altéré par une matière animale. Voici comment il} s'exprime dans son rapport: |

“ L'estomac et le duodenum sont parsemés | d'une substance grenue non adhérente, excepté | vers le pylore: cette substance, d'une couleur blanche, friable, appartient au règne minéral, d’après sa pesanteur ; elle n'a pas présenté tous les caractères de l'oxyde d’arsenic: néanmoins je pense que son long séjour dans l'estomac l'a animalisée au point de masquer en partie sa nature, et en la brûlant j'ai cru sentir à travers odeur d'une substance animale en combustion, celle de l'oxyde d’arsenic ; mais ne me fiant point à mes propres lumières, je suis d'avis de faire adresser aux grands maîtres de l'art habitués à ces sortes d'examens toutes les pièces, afin d’éclaircir mes doutes avant de prononcer sur une matière d’une aussi haute importance.”

“ Un rapport semblable, dit Orfila, devait engager le ministère public à faire faire de nou-

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velles recherches. L'estomac et les matières suspectes furent envoyés à Paris, et je fus dési. gné par M. le procureur du roi de Saint-Brieuc, pour faire un rapport; mais j'étais absent, et l'a. nalyse fut confiée à Vauquelin et Barruel. ‘“ La matière contenue dans le petit flacon, disent ces chimistes, avait une couleur blanche-jaunâtre, une forme de grains arrondis parmi lesquels il y en avait de demi-sphériques : ces grains n'avaient point de dûreté et s'écrasaient facilement entre les doigts sans produire de bruit ; ainsi écrasés, ils étaient doux au toucher comme du savon ; ils n'avaient point de saveur sensible; mis sur un fer chaud, ils exhalent une vapeur blanche dont l'odeur est semblable à celle des matières animales mèêlées de graisse; ils se fondent, ge boursouflent, noircissent et laissent une matière charbonneuse légère, d’où il ne se dégage aucune trace d'odeur arsénicale.

{L'alcool n’a aucune action-sur cette matière, mais l'eau bouillante la dissout en grande partie; la dissolution est légèrement laiteuse, et n'éprouve aucune altération de la part de l'acide sulphydrique.

‘ L'acide azotique chaud opère la dissolution de cette matière granuleuse, et prend une couleur jaunâtre qui devient d'un rouge orangé foncé par l'addition d’un alcak.

“ La membrane muqueuse de l'estomac était tapissée par un grand nombre de grains blanchâtres semblables aux précédents ; on remarquait sur plusieurs parties de cette membrane des traces profondes d'une forte inflammation. Les grains recueillis avec une carte et lavés avec de l'eau distiliée, ayant été soumis aux mêmes essais que les autres, n'ont présenté aucune difiérence. L'eau qui avait servi à laver ces grains, éprouvée par l'acide sulphydrique, et par divers autres réactifs propres à faire reconnaître les substances vénéneuses, n'en a pas donné le plus léger signe. Un lambeau de l'estomac détaché dans la partie la plus enflammée a été soumis à l'ébullition avec de l’eau distillé : celle-ci, filtrée et éprouvée par l'acide sulphydrique et par d'autres réactifs, n'a donné aucune trace de poison, L'autre portion de l'estomac, conservée dans l'alcool, contenait aussi à la surface interne des grains blancs qui présentaient absolument les mêmes propriétés que ceux dont nous avons parlé précédemment.

“ D'après les expériences que nous venons de rapporter, il nous paraît évident que les grains blancs qui sont renfermés dans le petit flacon, ainsi que ceux qui étaient disséminés sur la surface interne des deux portions de l'estomac, sont composés d’une matière animale particulière, et d’une quantité de graisse: de ces mêmes expériences, l’on peut conclure aussi qu'il n'y a dans l'estomac aucune trace de poison mineral ni végétal.” Cette conclusion est analogue à celle qui avait été tirée par les deux autres rapporteurs de Saint Brieuc.

‘2° Une autre observation est encore citée où la membrane muqueuse était parsemée d'une foule de petits corps blancs, légèrement adhérents, d'une forme variable ; la pluspart d’entre eux

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