CHAPITRE VI
LES ŒUVRES DE CHARITÉ INSPIRÉES ET ORGANISÉES PAR U ÉGLISE DANS LE PRÉSENT.
L'Église catholique dans le passé a produit des merveillesde charité, et dans les temps modernes elle est restée digne de son glorieux passé. Elle a créé des œuvres charitables qui fonctionnent sous nos yeux et que nous remarquons à peine, tant nous sommes habitués à les voir, des œuvres charitables qui répondent à tous les besoins de l'humanité souffrante et qui appellent la collaboration de tous les catholiques. Nous en citerons seulement quelques-unes.
I. La Société de Saint- Vincent de Paul a été fondée à Paris en 1833 par des jeunes gens chrétiens, sous la direction et l'impulsion de leur chef, Ozanam. De Paris elle s'est répandue assez vite dans le reste de la France, et de la France elle a jeté de nombreuses ramifications en Italie, en Belgique, en Angleterre, en un mot, dans tout l'univers. A cette
heure, elle compte plus de4.000Conférences, qui comprennent 85.000 membres. Pendant l'année 1906, dont le rapport généralvient de nous être envoyé, elle a distribué aux pauvres seize millions et demi, dont deux millions pour la France seulement. Elle apour but: IMe maintenir ses membres, pardes exemples et des conseils mutuels, dans la pratique de la vie chrétienne ; 2° de visiter les pauvres à domicile, de leur porter des secours en nature et de leur donner aussi des consolations religieuses; 3° de travailler à la formation chrétienne et à la préservation des enfants du peuple; 4° de répandre des livres moraux et religieux; 5° de prêter un concours efficace à toutes sortes d'autres o'uvres charitables. Sans être téméraire dans l'expression, on pourrait définir exactement la Société de Saint-Vincent de Paul en disant qu'elle est l'apostolat laïque à côté de l'apostolat sacerdotal. Le mécanisme des Conférences est d'ailleurs très simple. Elles se réunissent hebdomadairement; la quête est faite dans ces réunions, et, c'est une des principales sources, parfois même la seule, où s'alimente la caisse de la Conférence. La propagande politique auprès du pauvre secouru est contraire à l'esprit de l'œuvre. Toutes les Conférences sont soumises au même règlement; un Conseil général des Conférences siège à Paris; en province il y a des Conseils centraux et des