Il.id. p
Que si vous dites : « Mais elle a besoin de se défendre contre les délits à venir », alors ce serait contre les agresseurs futurs qu'elle aurait à exercer sa défense, et non contre le délinquant actuel. 4 » Confondre le droit de punir avec le droit de défense, c'est, dit dans le même sens, Garraud : « oublier que le droit de défense s'exerce et s'épuise dans l'acte de repousser une attaque injuste, et qu'il ne peut survivre au danger sans perdre son caractère de légitimité 2 . »
Ceci revient à contester la théorie de Y exemple. On n'a pas le droit de se servir d'un homme pour se défendre contre d'autres hommes, de frapper l'auteur d'un crime qui n'est plus à commettre, pour intimider les criminels futurs. Mais la société se trouve en présence d'un conflit de devoirs : la peine est un acte de violence, et par conséquent un mal ; mais l'impunité est la cause de crimes ultérieurs, dont le juge ne doit pas se rendre complice. Il s'agit de choisir entre la répression du crime et l'augmentation de la criminalité. Nous aurons à revenir sur cette question 3 .