‹ Justice et LibertéChapitre 14 sur 27 · Eléments de Droit pénal, 5 e éd., t. I · texte numérisé non relu

Eléments de Droit pénal, 5 e éd., t. I

3. Le droit de punir n'appartient pas seulement à l'Etat. Les parents l'exercent sur leurs enfants, les maîtres sur leurs élèves. Les assemblées, les associations ont une discipline intérieure. Ici encore, nul autre principe que celui

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On admet aujourd'hui que la religion est affaire de conscience individuelle ; il faut aller plus loin, et dire que la moralité est affaire de conscience individuelle. La moralité d'autrui ne me regarde jamais. Un homme ne saurait être moralement responsable devant la conscience d'un autre homme. Ne mettez rien au-dessus de votre conscience, avons-nous dit. Ne soumettez donc point la conscience d'autrui à la vôtre. Ne jugez pas votre semblable.

En pratiquant ce précepte, on épargnerait à la société, on s'épargnerait à soi-même les vaines colères, les indignations passionnées, causes habituelles de l'intolérance. On ne regarderait pas le méchant avec indifférence, mais on le regarderait sans haine. Qui sait ce que sa méchanceté peut devoir à ses nerfs et à son sang, à son éducation et à son milieu? Comment démêler dans les causes de ses actes la part de son libre arbitre ? Qui sait ce que vous auriez fait à sa place, je ne dis pas si vous, étant l'homme que vous êtes, vous vous étiez trouvé accidentellement dans les circonstances où il s'est trouvé, mais si vous étiez l'homme qu'il est? Et comment concevoir qu'un être raisonnable ayant

de l'utilité ne saurait être invoqué. Les règlements des assemblées n'ont rien à voir avec l'imputabilité morale des actes qu'ils répriment; ils sont destinés à assurer l'ordre des délibérations. On ne punit pas les enfants pour leur faire expier leurs fautes, mais pour les corriger.

la liberté de choisir, choisisse d'être méchant? La vertu est comme la beauté, comme la santé, la force et le talent, précieuse pour ceux qui l'entourent, qui en ressentent les bienfaits, ou seulement la contemplent : il faut la respecter et la protéger. Le vice est dangereux et laid ; il faut en fuir le contact et se défendre contre lui. Après cela, la vertu des autres est-elle méritoire? le vice des autres est-il coupable ? Cela ne nous regarde pas. C'est l'affaire de la justice divine, et non pas de la justice humaine.

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