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PREFACE DE L'AUTEUR

tique jusqu'aux premiers jours de 1890. A partir de cette époque, j'ai pu de nouveau m'acquitter chaque jour d'une certaine somme de travail sérieux. Aussitôt surgit la question : « Par où commencer?» Je me décidai sans hésiter à compléter d'abord mes Principes de Morale, puisque les grandes divisions des Principes de Sociologie étaient déjà terminées. Mais une nouvelle question se présentait : « A quelle partie des Principes de Morale donner le pas sur les autres ? » Comme mon reste d'énergie ne me soutiendra probablement pas jusqu'au bout de ma tâche, je conclus qu'il serait sage de commencer par la partie la plus importante de mon œuvre inachevée. Laissant provisoirement reposer la seconde partie — « Les Inductions de la Morale », — et la troisième — (c La Morale de la Vie Individuelle », — je me consacrai à la quatrième : « La Morale de la Yic Sociale: La Justice », que j'ai maintenant eu le bonheur de terminer.

Si l'amélioration de ma santé persiste, j'espère faire paraître, vers la fin de l'année prochaine, la seconde et la troisième parties, qui formeront le complément du premier volume ; si je suis alors en état de poursuivre mon travail, j'aborderai la cinquième partie: (( La Morale de la Vie Sociale : La Bienfaisance Négative », et la sixième partie: — (c La Morale de la Vie Sociale : La Bienfaisance Positive ».

L'ouvrage présent embrasse un domaine qui coïncide, en grande partie, avec celui de ma Statique Sociale, publiée en 1850. Cependant, ces deux livres diffèrent par l'étendue, par la forme et, en partie, par les idées. ïls diffèrent particulièrement en ceci : tout ce qui, dans mon premier livre, était interprété comme étant d'ordre

PRÉFACE DE LAUTEUK vu

surnaturel, a disparu du second, où j'ai tout interprété sans sortir de l'ordre naturel, c'est-à-dire évolutionnaire.. De plus, la Statique Sociale ne faisait qu'indiquer l'origine biologique de la Morale, tandis que je l'ai maintenant exposée avec précision : l'élaboration des conséquences de celte origine donne son caractère cardinal à mon livre actuel. J'ai aussi de plus en plus fait reposer la déduction sur l'induction. Pour chaque cas particulier, j'ai prouvé que le cours du progrès humain a, un à un, confirmé chacun des corollaires du premier principe que j'ai énoncé.

Je crois devoir ajouter que les cinq premiers chapitres de ce livre ont déjà paru dans la Nineteentli Century (livraisons de mars et avril 1890).

Londres, Juin 1891.

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