CHAPITRE VII
d’un, aujourd’hui comme il y a dix-huit cents ans, apporte avec lui de mauvais penchants et des habitudes vicieuses. « Ce n’est pas chose si facile que d’épier au milieu de tant d’enfants les mains qui s’égarent et les yeux qui, dans certains moments, se troublent convulsivement. »
Non est leve tôt puerorum
Obserrare manus oculosque in fine trementes '.
Et, l’année révolue, quelle sera la rétribution de l’instituteur, pardon, du grammairien, pour tous les services qu’on exige de lui ? a L’écu d’or que le peuple fait donner à l’athlète victorieux’. »
Telle est cette satire si piquante, si spirituelle, souvent si éloquente, et toute pleine de vérités d’une application éternelle. Juvénal y plaide d’un bout à l’autre, avec sa vivacité d’esprit et sa chaleur d’ftme habituelles, la cause des hommes d’intelligence, voués en général au culte désintéressé des lettres, et pour qui un siècle prosaïque et égoïste n’a que de l’indifférence, ou même du dédain. Le poète veut faire rougir l’aristocratie de naissance et de fortune de l’état d’abjection où sont réduits presque tous ceux qui, à divers degrés, s’adonnent aux choses de l’esprit; et il ne leur épargne ni les dures vérités ni les vertes leçons. Le temps n’a rien enlevé de son à-propos à ce morceau remarquable ; et il faut en recommander la lecture aux puissants, aux riches particuliers, dont le devoir est de protéger les lettres, et surtout d’honorer et de soutenir les instituteurs de l’enfance et de la jeunesse.
1 V. 240 et 241.