CHAPITRE VIII
lia noblesse
Il ne faudrait pas se méprendre, je crois, sur le motif qui a porté Juvénal à s’attaquer à la noblesse de son temps. Ce n’est pas, comme on pourrait le croire, une certaine morgue plébéienne qui lui met les armes à la main. Il ne faudrait pas voir davantage dans notre satirique un soi-disant révolutionnaire en qui fermentaient des idées d’égalité et d’émancipation, à la façon d’un Jean-Jacques ou d’un Diderot; ce serait méconnaître et le temps et les intentions du poète. Juvénal puisait tout simplement ses inspirations dans son grand cœur de Romain. Ce cœur souffrait de voir une classe de citoyens, autrefois si grande et si respectée, tombée dans une extrême décadence, et qui néanmoins, si bas qu’elle fût descendue, se targuait encore des noms d’aïeux illustres et affichait à cet égard des prétentions qui ne pouvaient plus être que ridicules. C’est donc avant tout, ici comme toujours, le citoyen, le moraliste qui élève la voix.
Si Juvénal aborde un sujet que d’autres avant lui, nous aurons à le faire remarquer, avaient déjà traité,
1 Sat. VUI.