‹ Juvénal et ses satiresChapitre 112 sur 195 · CHAPITRE VIH · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIH

Le parterre, ici comme en bien d’autres circonstances, est le premier complice des mauvaises choses auxquelles il applaudit, et comme tel il est au même degré responsable devant la morale publique- Mais faut-il après tout s’étonner de voir les nobles, une fois leur patrimoine dévoré, s’avilir au point de se faire acteurs et gladiateurs, ce qui, selon les idées du temps, et même selon les lois, était encourir l’infamie et se condamner à une espèce de mort civile'? Faut-il s’en étonner, quand en tout ceci l’exemple leur venait de si haut? Eh 1 quoi? Rome n’avait-elle pas vu un de ses empereurs en personne, sans souci ni de son rang, ni de sa dignité d’homme et de Romain, subissant sans rougir l’impulsion de ses ignobles instincts, descendre le premier à toutes ces bassesses? Cet empereur, c’était Néron. Juvénal, ainsi que l’avait fait Tacite’, flétrit ici, et à sa manière, et comme ils méritaient de l’être, les folies et les crimes de Néron, et en quelques vers d’une rare énergie et d’une ironie amère , il traîne devant le tribunal de la postérité la mémoire de ce détestable prince. Il flagelle à la fois le parricide, le fratricide, le meurtrier d’Octavie et de Poppée, l’incendiairè de Rome, le ridicule et cruel poëte-amateur, le joueur de harpe, le cocher et l’histrion couronné, dont l’insurrection de Galba, de Virginius et de Vindex que le poète glorifie ont enfin débarrassé l’univers. Tout ce passage, qu'il faut lire dans le texte 5 , et que j’aurais voulu citer n’était la crainte de dépasser les limites de cette analyse, déjà trop longue, respire

1 Quintil., Institut, oral., III, vi, xvui. IHgrst., I. III, lit. il. De his qui notantur infamia , cite par Ileinrich, t. Il, 334.

1 Annal., 1. XIII, XIV, XV et XVI, patsim. — Voyez aussi Dion Cass., LX, xxxii ; LXIII, m-xxix.

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