‹ Juvénal et ses satiresChapitre 113 sur 195 · T. SI · texte numérisé non relu

T. SI

LA NOBLESSE

une indignation profonde, comme devait la ressentir Juvénal , qui, jeune encore, avait vu de ses propres yeux tous les excès, toutes les folies, tous les scandales du fils d’Agrippine.

La conclusion, le lecteur la tire lui-méme. Elle vient à l’appui de la thèse générale que le poète soutient ici. On voit à quoi servent l’illustration de la race, la noblesse la plus antique et la plus haute, quand elle n’a pas pour base la vertu. Néron en est un éclatant et déplorable exemple. Mais avant Néron, et dans les derniers temps de la république, des hommes sortis des premières familles, et tombés ensuite au dernier degré de perversité, avaient affirmé par leur détestable vie ces détestables habitudes; ce sont ceux-là dont Juvénal évoque le triste souvenir, ce sont eux qu’il apostrophe avec sa verve accoutumée. Que Catilina et Céthégus le disent ; est-il beaucoup de citoyens qui aient appartenu à des races plus hautes? En revanche, en est-il beaucoup aussi qui aient porté dans leur poitrine un cœur plus vil efplus tâche que le leur? N'est-ce pas Catilina et Céthégus qui avaient préparé contre la république un guet-apens nocturne, des armes, des torches, l’incendie et la ruine, autant que l’avaient fait jadis les Gaulois, ces implacables ennemis de Rome? Et à ces nobles dégénérés, dignes, selon Juvénal, du supplice des parricides, dont la vie et les actes ont déshonoré la naissance, il oppose, avec un orgueil tout patriotique quelques-uns des plus illustres de ces hommes nouveaux, d’une extraction toute plébéienne il est vrai, mais qui, en de solennelles conjonctures, ont arraché la patrie à une perte imminente, les uns par leur courage civil, les autres par leurs vertus militaires. Ici encore il faut traduire et citer, tout en faisant à l’avance quelques réserves.

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