CHAPITRE IX
De I» vanité de no» déair*
Juvéual fait ressortir, dans cette satire, la folie de la plupart de nos vœux : il cherche à démontrer qu'en s’adressant aux dieux pour leur demander, les uns ou les autres, quelque faveur, les hommes ne savent guère à quels cruels mécomptes, à quelles déceptions amères ils s’exposent si, par hasard, les dieux, les prenant au mot, exauçaient leurs désirs inconsidérés. C’est là, on le voit, une de ces graves questions de morale pratique que les maîtres de la sagesse antique aimaient en général à traiter. Le sujet en lui-mème, il faut bien en convenir, est loiu d’être neuf. Platon chez les Grecs 1 , Perse s et Sénèque * à Rome, l’avaient traité avant Juvénal, et il n’est pas impossible que d’autres écrivains de l’antiquité, dont les ouvrages ne nous sont pas parvenus, s’en soient également occupés. C’est un de
• Sat. x.
1 Alcibiade, II.
* Sat. n.
4 Epist. LUX.