CHAPITRE IX
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ditiou du roi des Perses. Et quel fut le résultat de cette gigantesque entreprise?
« Ce Xcrcès cependant, en quel état revint-il deSalamine, lui, ce barbare qui faisait battre de verges l’Eurus et le Corus et les traitait comme ils ne l'avaient jamais été dans les cavernes d'Éole? Neptune même, il l’avait chargé de chaînes, et ce n’est que par un excès d'indulgence qu’il ne le fit pas marquer d'un fer ardent... En quel état revint-il? avec un seul vaisseau, sur une mer ensanglantée, où flottaient des cadavres qui retardaient le mouvement de la proue. C’est ainsi que le plus souvent la gloire punit ses adorateurs 1 ! »
Avant Juvénal, Eschyle, dans sa patriotique tragédie des Perses * *, s’était plu à étaler aux regards des Athéniens, ravis de ce spectacle, le déplorable retour de celui qui s’était promis de les soumettre au joug. Que sont devenues les folles espérances du fils de Darius? Le voici qui rentre dans son palais, désespéré, malheureux, les habits déchirés, dépouillé par le sort de sa majesté et aussi de son orgueil. Il ne répond que par des pleurs aux reproches dont l’accablent les vieillards du palais; et de tant d’efforts, d’une si grande armée et de tant de puissance, il ne lui reste plus, — trait magnifique, — « que le carquois où étaient ses flèches’».
Bonne leçon pour les ambitieux de tous les temps et qui rappelle assez, — qu’on nous permette ce rapprochement, — celle que la Providence s’est plu à infliger, il y a un demi-siècle, au plus grand conquérant de l'ère moderne. Le désastre de Saturnine a son pendant dans celui de la Bérésina. Même folle ambition