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’ Voyez l'étude si savante et si éloquente à la fois de M. Patin (les Tragiques grecs, t. I, p. 213 et suiv.. î' édition) sur celle pièce célèbre.
* Les Perses, V. 1015-1021.
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DE LA VANITÉ DE NOS DÉSIRS
avant l’invasion, même déploiement de forces marchant en pays ennemi, et même issue ou à peu près. L’esquif qui servit à ramener Xercès défait et survivant à une armée immense ensevelie dans les flots rappelle ce traîneau historique sur lequel revint en F rance, à travers des monceaux de soldats morts sur la neigé 1 , le vainqueur d’Arcole et de Lodi. Donc bien fous ceux qui se laissent séduire par l’ambition et le prestige de la gloire des armes 1 !
Mais ceux-là ne le sont pas moins qui, dans leurs vœux insensés, demandent sans cesse aux dieux une longue vie , qui entraîne à sa suite bien plus de maux que de biens.
Nous touchons encore à un lieu commun, sans doute, mais à un de ces lieux communs qui, contrairement à beaucoup d'autres, ne nous laissent ni froids ni indifférents, parce que le poète s’attaque à un de ces sen-
' Voy. Histoire de napoléon et de la grande armée, par le général comte de Ségur, l. II, p. 377, 9 e édition.
5 L'auteur des Souvenirs du peuple se rapproche de Juvénal et d'Eschyle lorsque, dans quelques strophes émues, pleines d’un tou- .chant patriotisme et aussi d’une noltle sympathie pour le malheur, il a représenté le même héros poursuivi, quelques années apres, sur le sol même de la France, par ses ennemis coalisés et acharnés à sa perte. Abandonné du destin, mais non de son génie ni de sa valeur, harassé, battu, mais tout prêt à continuer une lutte gigantesque, quoique inégale, il vient uu soir, suivi d’une fa ibie escorte, frapper à la porte d'une pauvre chaumière. Il y entre accablé par la faim et le froid, dévore un morceau de pain bis, sèche ses vêle- ’ments à la flamme du foyer, se repose de ses fatigues par quelques instants de sommeil, puis, au réveil, s'élance de nouveau dans la mêlée, et s’écrie, comme aurait pu s’écrier le Xercès du poète grec ou celui du poète latin :
a Oh i quelle guerre !
■ Oh 1 quelle guerre 1 »
Mots bien simples, mais d'une terrible signification en un pareil moment et dans une telle bouche!