‹ Juvénal et ses satiresChapitre 133 sur 195 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Le luxe de 1» table

Les Romains ont toujours été regardés comme le peuple le plus gourmand de la terre. Dans leur histoire il y a des noms qu’il suffit d’énoncer pour éveiller en nous tout un monde de souvenirs gastronomiques. Qui n’a pas entendu parler des Lucullus, des Atticus, des Vitellius, des Héliogabale, des Apicius?

Le goût inné des Romains pour la bonne chère et ce que lui sert, pour ainsi dire, de cadre ordinaire, comme la splendeur des salles à manger, la richesse de la vaisselle, la recherche dans le personnel des serviteurs, etc., etc., fut augmenté encore, on peut le dire, à la suite des conquêtes faites en Grèce, en Asie et dans l’Orient en général, ce pays de délices et de mollesse par excellence.

Ce n’est pas que le public ne s’en émût. La loi Fannia ' et la loi Licinia s furent portées dans le but de réprimer ce luxe ; et Sylla, nommé dictateur, eut le tort de les mitiger. Le fléau augmentait toujours et dans des proportions énormes; Tacite, en effet, raconte 1 que,

■ Sat. xi.

’ Elle est de 591.

1 Promulguée en 642.

• Ann., Ul, lu.

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