CHAPITRE PREMIER
oratoire, il est vrai, que poétique, et il aunonce ainsi, de la façon la plus imposante, sa vocation de satirique. 11 s’affirme du premier coup avec ses grandes et immortelles qualités, comme écrivain, peintre et moraliste. C’est peut-être à ce magnifique début qu’avait surtout pensé un illustre poète de nos jours quand, passant en revue les grands génies de tous les temps, il a défini celui de Juvénal en ces termes éloquents et poétiques :
« Juvénal a la passion , l’émotion , la fièvre , la « flamme tragique, l’emportement vers l’honnête, le « rire vengeur, la personnalité, l’humanité. Juvénal « a au-dessus de l’empire romain le battement d’ailes « du gypaète au-dessus du nid de reptiles. Il fond sur « ce fourmillement et les prend tous, l’un après llpu- « tre, dans son bec terrible... •
« Juvénal est la vieille âme libre des républiques « mortes... Pas une corde ne manque à cette lyre, ni « à ce fouet... Son cynisme est l’indignation de la pu- « deur. Il y a de l’épopée dans cette satire... L’invec- « tive de Juvénal flamboie depuis deux mille ans, « effrayant incendie qui brûle Rome en présence des « siècles ’. »
1 R’iUkim Shakspcare, p. 76, 77 et 78, par M. Victor Hugo.