‹ Juvénal et ses satiresChapitre 147 sur 195 · LA FÊTE DE L’AMITIÉ; LES COUREURS DE TESTAMENTS. STI · texte numérisé non relu

LA FÊTE DE L’AMITIÉ; LES COUREURS DE TESTAMENTS. STI

frêle esquif, osa affronter les vagues indignées Et ce qui justifie , ce qui rend intéressantes, chez Horace comme chez Juvénal, ces poétiques imprécations, c’est le sentiment même qui les inspire, le sentiment d’une tendre et sainte amitié ! Ce qu’était Virgile pour Horace, Catulle l’est pour. Juvénal : la moitié de son âme. Animœ dimiçtwm.

A la fureur de la tempête succède le retour du calme et du beau temps; de là, en quelques lignes, un tableau plein de grâce et de charme, un véritable paysage maritime qui fait songer aux beaux vers dans lesquels Virgile nous a représenté Neptune apaisant, après une épouvantable tempête, les flots soulevés, dissipant les nuages et ramenant le soleil

C’est avec un bonheur rare aussi, ce me semble , que Juvénal rappelle ici des souvenirs mythologiques et historiques chers à la vanité, à l'orgueil des Romains : ce mont Albin que les navigateurs découvraient tout d’abord en venant du côté de l’Etrurie, par exemple, etoù le fils d’Enée, l’auteur futur de la race des Césars, avait bâti Albe la Longue, tirant son nom de cette truie blanche que Virgile, dans son Enéide 1 * * * 5 , a eu soin de mentionner parmi les merveilles du vieux Latium ; ce fameux port d'Ostie, œuvre colossale et l’un des plus audacieux monuments qu’aient jamais entrepris et exécuté le génie des Romains conçu par César, achevé sous Claude 5 seulement, et dont, à la fin du seizième siècle, on pouvait encore voir les débris imposants. La description qu’en donne ici Juvénal est faite, on le sent, d’après nature.

1 Odes, i , ni.

3 Æn., I, H7 sqq.

■ lit. 389-393.

* Dion Cassius, LX, il.

* Suét., Claude, ch. xx.

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