CHAPITRE XI
Il avait dû admirer plus d’une fois, et non sans une satisfaction toute patriotique, ces digues artificielles, aux proportions gigantesques, construites en pleine mer, destinées à recevoir le choc des vagues et à faciliter aux grands navires portant les approvisionnements de Home l'entrée de ces bassins, où jusqu’alors l’embouchure du bras nord du Tibre avait rendu toute navigation impossible
Catulle vient d’échapper au danger, il est revenu sain et sauf. Et voici que le poëte, transporté de joie, appelle ses esclaves, leur ordonne de préparer les choses nécessaires à l’accomplissement des vœux qu’il a faits’pour le retour de son ami. Il y aura double fête; fête d’abord dans le temple de l’endroit, — à Tibur, sans doute, où Jirvénal paraît avoir possédé une maison de campagne ’, et puis fête domestique et intime en présence des Pénates, qu’il ne conviendrait pas d’oublier en pareille circonstance. Grâce à l’art du poëte, on devient témoin des choses. On ne se rappelle plus qu’on lit tout simplement une lettre; l’illusion est complète; c’est à un petit drame qu’on assiste : « Allons, esclaves, soyez attentifs et que vos bouches gardent un religieux silence. Allez orner le temple de guirlandes et répandez la farine sainte sur le couteau des sacrificateurs. Recouvrez aussi d’un gazon vert les autels où fume l’encens, où flottent les bandelettes. Je vais vous suivre, et dès que, selon le rit accoutumé, j’aurai rempli ce pieux devoir, je reviendrai dans ma maison, où mes Pénates de cire fragile et luisante seront ornés déjii de leurs gracieuses couronnes. Là j’apaiserai le Jupiter qui protège mon foyer, j’offrirai l’encens à mes
; * 1 Suit., Claude, ibidem.
1 Sat. XI. Oâ.