‹ Juvénal et ses satiresChapitre 150 sur 195 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

comme celle de Tibulle, comme celle des églogues. Le trait de la fin n’y gâte rien ; c’est une allusion plus One qu’amère à la cour qù’on faisait aux riches sans enfants, à ces hécatombes que promettaient les coureurs d'héritages pour être couchés sur les testaments. C’est Juvénal radouci par son sujet. Ailleurs il aurait éclaté; ici, il raille; l’indignation n’est pas de raison un jour de fête ’. »

Cette habile et malicieuse transition qu’on vient de signaler en si bons termes, si naturellement amenée et inspirée par cette bonne humeur où se trouve le poète, nous conduit au dernier tiers de la satire.

Juvénal, fidèle à lui-même, à son but, à sa vocation, redevient pour un instant franchement satirique , et il va nous faire connaître, en passant, un nouveau trait des mœurs de son temps, la chasse aux succesions. On se demande à cette -occasion ce que devient le raisonnement de M. Ribbeck, qui nie l’authenticité des dernières satires de Juvénal en général, et celle de la douzième en particulier, par ce motif, entre autres, qu’elles ne nous apprennent rien sur la vie romaine du temps * !

Sur ce chapitre, du reste, Horace avait encore devancé Juvénal, et du premier coup, ce semble, il avait presque épuisé le sujet, avec sa supériorité ordinaire. Horace, en effet, l’emporte de beaucoup sur Juvénal, on ne saurait en disconvenir, tant pour la vérité des détails, le piquant des observations, que pour le cadre même dont il a fait choix.

Qui ne se rappelle ce dialogue prodigieusement spirituel et amusant, tout rempli de faits et formant un

1 M. D. Nisard, Poètes latins de la décadence, L II, p. 79, 3' édit. * Der echte und der unechte Juvénal, p. 4 et 5.

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