CHAPITRE XII
célèbre, où lady Macbeth trahit, pendant le sommeil, les secrètes pensées de son âme, et s’efforce vainement d’enlever de sa main cette fatale tache de sang visible pour elle seule, et «dont les plus suaves parfums de l’Arabie ne sauraient faire disparaître l’odeur 1 ».
Heureux Juvénal, si la fin de sa satire répondait au grandiose passage qu’il a consacré â la peinture du remords. Voulant prodiguer une dernière consolation à Calvinus, qui eut tant à se plaindre de la perversité de l’espèce humaine, le poète ajoute, en guise de péroraison, que l’homme une fois devenu criminel, et malgré ses remords, ne s’arrête plus ; qu’il a beau condamner le mal, il y retombe ; les misérables ne s’en tiennent guère à leur première infamie, ils finissent toujours par tomber dans les mains de la justice^ et, revenant au parjure qui a trompé Calvinus : « Tôt ou tard tu le sauras enchaîné dans l’ombre d’un cachot ou déporté sur quelque rocher de la mer Egée. Tu jouiras du plaisir de voir le châtiment frapper ce nom détesté, et dans la joie de ton âme tu conviendras que les dieux ne sont ni sourds ni aveugles »
À part ce dernier trait, relatif au dogme consolant de
1 Macbeth, scène xix. Dans sa Iragédie de Sylla, de Jouy a reproduit à son tour sur la scène, et avec bonheur, l’image du poète latin :
• Que vols-je ? el quel pouvoir, dans ces demeures sombres,
De crus que J’ai proscrits a ranimé les ombres?
Que voulex-voUs de moi, transfuges des tombeaux?
Je les vois tous, les bras vers mon lit étendus.
Agiter leurs poignards sur inon sein suspendus.
O Dieux ! A me frapper leurs mains sont toutes prêtes.
A moi, licteurs! A moi ! * . . .
(Acte IV, scène tiiï.)