‹ Juvénal et ses satiresChapitre 25 sur 195 · CHAP1THE II · texte numérisé non relu

CHAP1THE II

des ont été dévorés par les flammes. Le voilà nu et sans pain. Qui s’en occupe? Mais que le feu s’attaque au palais du riche Asturius ou de l’opulent Persicus, qui sont sans héritiers, c’est bien différent : alors les dames romaines font éclater leur désespoir, le préteur suspend ses audiences, chacun s’empresse par des dons superbes de réparer les pertes d’Asturius et de Persicus, à tel point a qu'on peut les soupçonner d’avoir brûlé eux-mémes leur maison' ».

Quelle sécheresse de cœur et quelle bassesse de caractère à la fois n’accuse pas chez une société une telle peinture ! Juvénal n’invente pas ces traits-là à plaisir; un de ses contemporains, le poète Martial, parle du même fait dans des termes identiques’. Ainsi, dans cette Rome du premier siècle, on n’a de la sympathie, de l’empressement et des larmes que pour le riche. De même que les testaments sont tous en faveur du riche, de même tous les secours sont encore pour lui. Tout cela part d’un même fonds d’insensibilité, de lâcheté et de cupidité surtout. Avez-vous bien entendu ce qu’a constaté le poète? Asturius et Persicus n’ont pas

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