‹ Juvénal et ses satiresChapitre 32 sur 195 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

■je* homme* romain*’.

La deuxième et la neuvième satire où sont exposées les mœurs des hommes du temps ont, à juste titre, alarmé les moralistes. Elles ont certainement enlevé à Juvénal, sans que ses autres satires les lui aient jamais ramenés, toute une classe de lecteurs; nous voulons parler de ceux que repoussent, qu’effrayent les peintures trop licencieuses.

A propos de ce crime abominable que la législation mosaïque et celle des anciens Germains punissaient de mort*, Juvénal s’est laissé entraîner à des tableaux d’une hardiesse révoltante. Pour trouver quelque chose d’approchant en ce genre, il faudrait remonter de six cents ans en arrière du satiriquejusqu’aux prophètes de l’Ancien Testament, ou redescendre le cours des âges jusqu’à notre Agrippa d’Aubigné. Juvénal a mérité à cet égard de justes reproches, on ne saurait le nier. Mais il en faut prendre son parti avec lui. Pas plus qu’Aristophane, que Perse, que Sénèque, et beaucoup d'autres

' Sat. II. Sal. IX.

» Sat. II.

* Ltvit-, c., xx, v. 13 . — Tacite, De mor. Germon-, c. xu.

Page 1