CHAPITRE III
tements réitérés, des lambeaux palpitants qui ressemblaient à son oncle *. »
Dans ces vers qui tous ne peuvent pas se citer ni se traduire et dont beaucoup avaient certes besoin d’être adoucis, qui ne sent vibrer l'âme de l’honnête homme indigné? Le poëte y prend tous les tons pour flétrir l’hypocrisie, ce vice éternel de l’humanité que Perse *, Lucien l’Évangile, Shakespeare Molière, et notre comédie contemporaine 1 * * * 5 , ont tour à tour flagellé. Ce vice lui inspire des vers qui sont devenus proverbes, comme celui-ci par exemple :
Quis tulerit Gracchos de sedilionc querentes ?
Mais sa bile s’allume surtout quand il vient à parler de cet infâme empereur qui a été à la fois le bourreau et te corrupteur de Rome. Les derniers vers du morceau que nous avons cité, le lecteur l’aura remarqué, sont d’une énergie qui fait frémir. On n’a pas le temps de s’apercevoir de ce qu’ils ont peut-être de trop cru, tant ils respirent la colère, tant aussi on y sent circuler je ne sais quel souffle tragique \ En les écrivant, Juvénal se trouvait encore certainement sous l’impression qu’avait produite en lui ce crime récent de
1 sat. II.;
J Dans son Icnroménippe et son Kigrinus.
• Dans Richard III.
1 Voyez les Faux lions Hommes, de MM. Théod. Barrière et Ernest Ca pendu.
* (Jiialis erat nuper tragico pollutus adulter Concubitu, gui tune loges recocabat amaras Omnibus algue ipsis Veneri Martiquc amendas,
Quum toi aborticis fecundam Julia vulcam Solveret, et patruo similes effunderet ofjas .