X INTRODUCTION
s'y retirait, une vie simple, laborieuse et frug'ale \
D'après un autre passag^e de Juvénal on peut supposer qu'il fît un voyag'e en Egypte -. On a contesté souvent, il est vrai, l'authenticité de la satire où il est fait allusion à ce voyag*e, mais sans preuves suffisantes à l'appui, selon nous.
Complétons maintenant ces minces détails biogM^aphiques par quelques traits que nous fournissent les Mtœ dont nous avons parlé. Toutes à peu près contiennent les faits suivants : Juvénal aurait été le fils, ou le fils adoptif d'un riche affranchi. Jusqu'à la moitié de sa vie, ad mediam fere œiatem^ c'est-à-dire jusqu'à l'àg'ede quarante ans, cela ressort du reste de quelques vers de la satire première^ il se serait adonné à la déclamation ; et cela pour suivre l'usag-e, ne s'étant jamais destiné ni au barreau ni à l'enseig*nement de Fart oratoire ^
Plus tard il aurait cultivé la poésie et composé quelques vers contre l'histrion Paris, qui faisait alors les délices de la cour de Domitien. Ces vers, fort g-oùtés du public, auraient déterminé Juvénal à continuer ses essais poétiques, qui lui auraient valu plus d'un succès. Quelque
' Sat. XI, V. 60 sqq.
' Sat. XV, V. 44, 45, 46.
' Anim'i magis causa quam qiiod schohv se aut foro prxpararet.
INTRODUCTION. xj
temps après, il aurait inséré dans une de ses satires, — la septième aujourd'hui du recueil, — un certain nombre des vers dirig-és contre Paris, à une époque antérieure. La chose aurait été mal prise en haut lieu, cette attaque contre Paris ayant paru une allusion blessante pour quelque favori , très-influent alors à la cour de quelque autre empereur. Juvénal donc aurait été exilé dans son extrême vieillesse. Et soit pour voiler cette disg*râce, soit pour consoler celui qui en était l'objet, soit encore pour le mortifier davantag'e, car les notices en question racontent tout cela, on aurait donné au vieux poëteun commandement militaire, celui de préfet d'une cohorte; selon quelques-uns des sept biog-raphes, il serait mort de vieillesse et d'ennui* dans l'exil, sous le règ*ne d'Antonin le Pieux; selon d'autres, il serait revenu peu de temps après à Rome, où le chag^rin qu'il aurait éprouvé de n'avoir plus trouvé son ami Martial l'aurait conduit au tombeau ^
Quant au nom de l'empereur qui exila Juvénal et au lieu de son exil, les notices diffèrent entre elles; celles-ci attribuent la disgTâce du poète à Domitien, celles-là à Trajan ; quelques-
' Senio et tcedio vitx confectus.
' Tandem Romam cum venerit et Martialem suum non viderit, iristitia et angore periil.
MJ