XV
INTRODUCTION
thétique de la pitié « attribut que nous tenons du Ciel* ».
Et pourtant il s’est rencontré, dans le siècle dernier, des écrivains qui n’ont pas craint d’accuser Juvénal, les uns de cruauté*, les autres de méchanceté ^ On n’a pas eu de peine à réfuter ces deux sing*ulières accusations *.
De nos jours, et ég'alement dans notre pays, on s’est montré sévère envers le satirique romain. L’un de nos critiques les plus éminents, dans une curieuse mais trop partiale étude sur Juvénal, n’a pas craint d’avancer que Juvénal était a un satirique indifférent, qu’il sue quelque- « fois pour dire des choses froides, que son indi- « g’nation est plutôt de tête que de cœur, et que le « fond de toute sa philosophie, c’est l’insouciance « d’Horace avec une âme plus fière et probable- « ment des mœurs plus chastes; que, peu sou- « deux de l’avenir, il prenait volontiers son parti « d’une société qu’il méprisait en secret, aig“re et « amer dans la forme, mais insouciant dans le « fond »
• Ibid., 146.
’ L’abbé Batteux (Principes de littérat., t. III, p. 236), cité par Dussaulx, dans sou Discours sur les satiriques latins, p. 129, édit. Pank.,
^ Le P. Rapin (Réflexions sur l’éloquence, lapoétique, t. U, p. 28), cité par Dussaulx, ouvr. cit., p. 132.
‘ Dussaulx (ibid.) répond victorieusement à ces objections.
* M. Nisard, ouvrage cité, t. II, p. 9.