SÉPULTURES
Cadavres disputés.
(Le cadavre de Patrocle.)
Tribune du peuple, 10 nov. 1865.
[Coupure. Le journal proteste contre les attaques auxquelles les solidaires sont en butte de la part des feuilles bien pensantes et dénonce les
manœuvres du parti prêtre. Nombreux passages soulignés au crayon rouge : ]
[.. ■] nos amis se rappellent avec quel excès de rage le Bien public [...] a déversé [••■] son impur venin sur les citoyens Voglet et Steens ; ce n'est pas tout, non contents de Jlétrir l'homme pendant sa vie , les Tonsurés consacrent tous leurs pieux efforts à le souiller après sa mort par leur honteux traûc ; des qu'un rationaliste est en danger, nous voyons les prêtres et leurs afjidés [•'•] recourir à toutes les tentatives, pour recueillir le soujffle de l'agonisant. Quoi d'étonnant ! Ceux qui opèrent le rapt des enfants juifs pour en faire des moines peuvent bien accaparer des cadavres d'athées pour les enterrer en crétins. C'est dans l'ordre : à Rome, c'est le jeune juif Mortara qu'on enlève furtivement à ses parents; à Bruxelles, c'est le libre-penseur Paz qu'on ravit secrètement aux derniers devoirs que veulent lui rendre ses amis, 0 prêtres odieux et rapaces, vous êtes les mêmes partout !
[Suit l'exposé d'un cas particulier :]
Aujourd'hui , c'est autour des solidaires vivants en bonne santé que s'exercent leurs manœuvres spéculatives. M. le baron Michel de Tiechen de Terbove [. . .] faisait partie depuis plusieurs années de l'association des Solidaires quand, pour des raisons qui lui sont toutes personnelles, il se décida [..■] à aller habiter son château de Terhove [. • ■] Sa présence ne tarda pas d'éveiller chez la prétraille de l'endroit, avec le sentiment de la crainte , la passion de la cupidité. Que faire, se dit-on sans doute. Si le solidaire mourait sans le secours de la religion , il serait enterré par son horrible secte. Quel scandale ! Quel détestable précédent pour nos populations confites en dévotion. Et puis, qui pis est, nous nous verrions passer sous le nez l'énorme magot que rapportent des funérailles de première classe [...] Les cagots de l'endroit, féconds en expédients quand il s'agit du salut d'une âme (c'est-à-dire de leurs intérêts terrestres), eurent bientôt trouvé un moyen bien digne de leur sainte mission. Us répandirent partout le bruit de la mort de M. le baron de Terhove. Les hommes du parti de Dieu [. . .] espéraient que les solidaires se laisseraient prendre au piège et ne s'inquiéteraient plus du sort de leur co-associé. Dès lors , l'âme du baron leur était assurée (style de sacristie) et les profits des cérémonies ibidem. Mais [, •■] les oints du Seigneurs firent fiasco , [.,,] leur tartuferie fut mise au jour. Les solidaires avertis [.■■] en donnèrent [...]
Il6 ŒUVRES POSTHUMES.
connaissance à leur ami, qui confondit la cléricanaille limbourgeoise en adressant la protestation suivante aux journaux .. . : [Suit la protestation du baron :]
, . . ne suis-je pas un libre penseur, un ennemi juré de toute infamie, jonglerie, escobarderie , en un mot de tous les mensonges dont s'affublent de vertueux catholiques?
[F' 327 «non classé»] A propos des libres penseurs.
Les libres penseurs avec leurs libres penseuses , . . Prêtres avec leurs prêtresses.
(Morellet)
Enterrement civil [F' 186]