‹ Juvenilia, uvres posthumes, reliquiæChapitre 57 sur 123 · III. I · texte numérisé non relu

III. I

— I. 10 : Théorie de la Foi, Cette note-là avait-elle trait à une nouvelle? Nous serions plutôt tentés de la rapprocher du feuillet XLV de Mon Cœur mis à nu (t. 11, p. 120).

— ms. aut. IV. À l'encre noire, sauf la dernière ligne (après L' Entreteneur) qui est au crayon. Collection Jules Marsan. En 1908 les deux éléments de ce feuillet, dont le texte fut retrouvé en copie dans les papiers d'Eug. Crépet, lequel ne les avait pas utilisés, étaient placés aux Fragments, le premier, p. 411, le second, p. 409. -j- Pour les titres qui figurent ici, voyez fa seconde partie de nos Eclaircissements.

Page 8, ms. aut. V. À l'encre noire. Collection Jules Marsan. Retrouvé en copie comme le précédent et reproduit en 1908, p. 411.

— I. I sqq. : Appliquer [.-.] l'idée d'bvperacuité des sens... Vovez l'Index relatif à Poe et à ses œuvres (dans notre édition des M/S- TOIHES Ghotesques ET SÉRIEUSES . à Hyperacuité et à Douleur). — On peut se demander si cette recommandation n'intéressait pas la mise en œuvre de la donnée de Ni Remords ni regrets,

— ms. aut. VI. A l'encre noire. Collection Jules Marsan. Reproduit dès 1887, en note, p. 35. Voir plus loin à Prétendant malgache.

— ms, aut. VII -VI II. A l'encre noire et inédit sauf pour Le Portrait fatal et les Sortes Bihlicœ dont les canevas avaient été donnés dès les Œuvres posthumes de 1887, respectivement p. 37, note 2, et 39. Apport dû à M. Georges Blin [Esprit, février 1951) qui l'a éclairé d'excellents commentaires. Pour ceux-ci comme pour les titres figurant dans ces deux feuillets, voyez la seconde partie de nos Eclaircissements.

Ce ms. (une page et demie in-fol. ), qui avait longtemps appartenu à Eug. Crépet, reparut en 194.6 quand furent dispersés quelques autographes appartenant au marquis de Laigle (vente du 5 février, P. Cornuau expert).

Page 10 : b. Copie de la main d'Eugène Crépet. Retrouvée dans ses papiers et dont seulement deux paragraphes, les deuxième et troisième de notre présente page, avaient été reproduits en 1887. En 1908, tous les éléments qui y figurent seront employés (p. 407-4.12), mais sans égard pour l'ordre ou ils se présentaient. — Nous ignorons où se trouvent aujourd'hui les feuillets originaux.

— 1. I : Ecrire à Malassis... (1908), p. 411. — Le 11 mars 1854, Malassis mandait à Champfleury :

Avant de partir pour Paris, j'ai remis à Baudelaire quelques brochures (dont une histoire de Mandrin).

Ceci est évidemment à rapprocher d'un des paragraphes suivants : Brigands, sorcellerie, etc., comme de la lettre à Buioz en date du 13 jum 1855 dont nous avons reproduit un passage important dans nos Généralités, p. 2y^.

— I. 6 : Schinderhannes. Jean Buckler, dit — (Jean l'Ecorcheur), chef de brigands célèbre de l'autre côté du Rhin , qui fut exécuté en 1803 et dont le personnage avait éveillé beaucoup de curiosité. Charles Nodier s'était souvenu de lui pour son Jean Sbogar (18 18). Leitch Ritchie l'avait pris pour héros d'un roman qui porte son nom et que Defauconpret traduisit en 183^. En 1862, Philibert Audebrand, que connaissait bien Baudelaire, donne un Schinderhannes chez Hetzel, autre ami de notre auteur.

— 1. 7-1 1 : Un Roman sur les derniers hommes. — (1908), p. .^08- 409. — Voyez plus loin à ce titre.

— 1. 12-13 • fiomans. Brigands. En 1908 (p. 4.1 2), la rubrique «Romans» avait été omise.

— - I. 18 : Tout jeune, les jupons... (1908), p. 412. — A rapprocher ce fragment du mundus muliehris des Par AD /S ARTIFICIELS (p. 166) et du

Dulce balneum suavibus

Unguentatum odoribus

de Francisca mea laudes {FleuRS DU Mal, p. 274), on se sent porté à lui prêter un caractère autobiographique. Cf. Fusées, XII (t. II, p. 68) : «Le goût précoce des femmes...»

— I. 20 : L'amour de la perfection, A cette ligne aussi nous prêterions volontiers un caractère autobiographique, car ce fut là une des causes du drame où il se débattit toute sa vie : en toutes choses, Baudelaire n'admettait que la perfection qui, faut-il le dire, n'est pas souvent atteinte ici-bas. Voyez l'Index de la CORRESPONDANCE GÉNÉRALE à Perfection.

— I. 23 : Trouver le dénouement par voie d'analvse. Cf. Fusées, XVIII (t. II, p. 80) :

Commence d'abord, et puis sers-toi de la logique et de l'analyse. N'importe quelle hypothèse veut sa conclusion.

— I. 24 : Pénétrer le sens [...] des couleurs. Voyez l'Index des CURIO- SITÉS ESTHÉTIQUES , et aussi notre tome II, p. 184 (note sur la page 55, I. 1-2).

irt.

Page 1 1 , I. I : Jeanne et l'Automate. — (1908), p. 4.07. — Voyez P- 253-

— I. 4-5 : La danse grammaticale, La voix de l'adjectif me pénétra jusqu'aux os. (1908), p. 407. — Faut-il trouver quelque rapport entre ce paragraphe et le précédent? Nous serions plutôt tentés de le rapprocher, comme l'a fait M. Y.-G. Le Dantec, d'une page des PARA- DIS ARTIFICIELS (dans notre édition, p. 52), oii il est question et de la danse, et de la grammaire devenue «comme une sorcellerie évocatoire», et des vertus de l'adjectif.

— I. 6-18 : A. est libertin... (1908), p. 4.08. — Voyez p. 254.

— I. 19-21 : Le style d'autant plus décent... (1908), p. 408. — Baudelaire a loué plusieurs fois la disparité et même la disproportion du ton avec le sujet comme «un moyen de comique dont la puissance saute à l'œil» [L'Aht ROMANTIQUE , p. 421, à propos des Martyrs ridicules). Au feuillet iv de Fusées (t. Il, p. 57), il se recommande de «raconter pompeusement des choses comiques». Dans son article sur Madame Bovary (L'ART R0A1 ANTIQUE , p. 399), il prête à Gustave Flaubert le dessein arrêté d'être «de glace en racontant des passions et des aventures où le commun du monde met ses chaleurs ».

— I. ,22-23 '• il y 0- ^ûi^ 'û maigreur une indécence qui la rend charmante. A rapprocher de Fusées, V, dernier paragraphe (t. II, p. 58), et aussi de deux passages célèbres des Maximes consolantes sur l'Amour, où la femme maigre, comparée à la grasse, «charmant caprice», se trouve définie : «un puits de voluptés ténébreuses» (t. II, p. 5).

Page 12, I. I : Avoir découvert... (1908), p. 410. — Voir Pile ou face, p. 257.

— I. 10 sqq. : c. Tiré des Œuvres posthumes de i88y. Il s'agit là des éléments (titres ou canevas) révélés en 1887 et reproduits en 1908, dont le texte n'a été retrouvé ni à l'état de manuscrit autographe, ni à celui de copie dans les papiers d'Eug. Crépet.

Seconde partie.

Ici, comme il a déjà été indiqué p. 239, nos Eclaircissements suivent l'ordre alphabétique de la Liste factice des pages 3-4. — Les abréviations qu'on y rencontre seront à traduire comme suit :

(1887) et (1908), Œuvres posthumes parues à ces dates. (C), Carnet dans l'édition critique des Journaux intimes procurée par Jacques Crépet et Georges Blin (José Corti, 19^9).

Un Affamé, p. 5. Voyez Conspiration, Le Fou raisonnable..., Un pauvre affame', Pile ou face. — Le personnage de l'Atlamé semble avoir particulièrement hanté l'esprit de Baudelaire ; on peut croire d'ailleurs que c'est de cette obsession qu'auraient procédé deux des morceaux les plus célèbres des PETITS PoËAlES EN PROSE : Le Gâteau (XV) et Les Yeux des pauvres (XXVI).

L'AlmANACH. Titre souligné p. 5 et répété p. 6 où il est suivi d'un canevas qui, à sa diflérence, n'avait pas été recueilli en 1887. II est présumable, d'après ce dernier, que L'Almanacb fait double emploi avec Spéculation sur la poste. Dans la CORRESPONDANCE GÉNÉ- RALE, notamment au tome II, p. 370-372 (nov.-déc. 1839), ^^ ^°'^ Baudelaire s'inquiéter beaucoup du retard d'une lettre chargée. Sans doute comptait-il utiliser ce souvenir.

L'Ami i^u Rouge, p. 6. — L'Amour du — , (1887), p. 36. Cf. dans nos Éclaircissements du tome II, p. 298, une note sur Le Maquillage et le Rouge.

Amour conjugal (un Roman sur l'idéal de 1' — ). — Voyez l'extrait de la lettre du 22 juillet 1856 à François Buioz que nous avons donné p. 23-}..

L'AviOUR PARRICIDE. Titre souligné p. 5. Donnée, p. i j.

L'Amoureux de la vieille, p. 8. — Voir Interdit pour croire aux fantômes, — - Titre qui semble à rapprocher de Une petite vieille qu'on suit (p. 7) et d'une note qu'on rencontre dans Pauvre Belgique (p. 133, P 211) : «Vœu d'aller voir si la petite vieille est au bord du canal.»

On sait la svmpathie que, Baudelaire portait aux femmes éprouvées par l'âge et le malheur. A ce sujet, voyez notamment, clans Les Fleurs du Mal, Les petites vieilles, dans L'Art romantique, la

pensée d'album reproduite p. 536, dans les PETITS PoËMES EN PROSE, Le Desespoir de la vieille, Les Veuves, etc.

L'Autel de la volonté. Titre suivi d'une croix, p. 6. On le retrouve dans Fusées, VI (t. II, p. 59).

L'Automate. Titre souligné au crayon noir avec surcharge au crayon rouge, p. j. Voyez Jeanne et l'Automate.

La Baignoire. (C], f lxxxvii (reproduit dans notre tome II, p. 143)- Voyez Suicide dans une baignoire.

Le Bain et la toilette, (C), même feuillet que l'élément précédent. Le Bain figure aussi sur un feuillet détaché dont nous avons publié le texte dans le Mercure de France, 1^-11-1936. — Voyez Mon Cœur mis à nu (t. II, p. 106), où Baudelaire se recommandait de consacrer un chapitre à la Toilette, et ici, p. 238.

La belle aventurière. Voyez L'Entreteneur et Le Fou raisonnable. Voyez aussi, au tome II, p. ^5 et 184, d'où il semble bien résulter que cette héroïne s'identifiait dans l'esprit de notre auteur avec la Sisina des F LE uns DU Mal (pièce LIA dans notre édition).

Le Boa. Titre souligné et suivi d'une croix, p. 6. On le retrouve sous le numéro 74 dans une liste de Petits Poèmes en prose «à faire», voir notre tome II, p. 308. Il y est suivi de ces précisions : «(Souvenir de rinde) (nouvelle)».

Une Brebis galeuse. Titre suivi d'un point d'interrogation p. 5 et souligné au crayon noir avec surcharge au crayon rouge , p. 6. — Peut-être Baudelaire se proposait-il de raconter ici l'incident qui lui avait valu d'être expulsé du collège Louis-le-Grand (voyez CORRES- PONDANCE GÉNÉRALE , t. I, p. 6, note). Ce qui nous porterait à le croire, c'est que le titre qui nous occupe se trouve précisément suivi de : Le Crime au collège où l'on pourrait trouver un embryon de canevas.

Le Catéchisme de la Femme aimée, p. 6. Titre omis dans les listes de 1887. Pour ce que Baudelaire se proposait dans cet ouvrage, voyez notre tome II, p. 4 et 148. — On remarquera que ce n'est pas comme essai mais comme «roman» que cet ouvrage était mentionné ici.

La Ciguë ISLANDAISF, p. 5 et 6. La première fois le titre est suivi d'un point d'interrogation. En 1887 (p 36), il était accompagné de l'apposition : «(voyez Goerres)».

Dans sa Mystique divine, naturelle et diabolique , ouvrage dont Villiers de risle-Adam avait recommandé la lecture à Baudelaire {E.-J, CrÉ- PET, p. 450], Goerres a plusieurs fois parlé des visions que se procurent les Islandais et de la ciguë qui émousse le ressort, de la vie.

Baudelaire devait s'en souvenir à Bruxelles, dans le préambule de sa lecture des Paradis artificiels où on le voit dire que l'absorption d'un extrait de cette plante «fait voir [...] aux yeux du cerveau empoisonné, les monstruosités du monde antédiluvien». (Dans notre édition, p. 319, note. )

Cœlina Arbel. (C), f* LXXXVII (reproduit dans notre tome II, p, i-[.2). Titre (?) souligné. — Voyez ici, p. 238.

La Conspiration. Titre placé à la charnière d'une accolade qui embrasse ceux de Un affamé et de Pile ou face (y voir), p. j. Canevas inachevé, p. 8-9.

Dans une lettre en date du 13 juin 1839, on voit Baudelaire annoncer à Poulet-Malassis :

Enfin j'ai fait une nouvelle basée sur l'hypothèse : découverte d'une conspiration par un oisif, qui la suit jusqu'à la veille de l'explosion, et qui alors tire à pile ou face s'il la dénoncera à la police.

Ces quelques lignes sulTisent pour jeter le pont de Conspiration à. Pile ou face ; le lien des idées dont procédèrent ces deux titres, avec le thème de : Un affame' (voir plus loin : Le pauvre affamé), est moins net. Il est d'ailleurs à remarquer que dans le canevas qui nous occupe L'affamé a cédé la place à Un souper chez les pauvres, et que l'atTabuIation se trouve compliquée du fait que le héros n'est plus seulement un oisif comme dans la lettre à Poulet-Malassis , mais un misanthrope que hante, comme l'auteur, l'obsession du suicide.

Voir sur tout cela les excellents commentaires de M. Georges Blin dans son article : «La CONSPIRATION, texte inédit de Charles Baudelaire» (Esprit, février 1951), auxquels nous ferons ci-dessous de larges emprunts.

Page 8, 1. 20 : La Conspiration. Le 4 juillet 1857, dans une lettre à Gustave Rouland, alors ministre de l'Instruction publique, Baudelaire avait annoncé parmi ses travaux «en préparation» : a Aperçu historique sur le Conspirateur et le Favori.» Mais il ne semble pas qu'il y ait lieu d'attaclier une importance réelle à ce rapprochement-là.

— J'appartiens à une race qui... Cf k début d'Eléonora [HIS- TOIRES GROTESQUES ET SÉRIEUSES , p. 107).

— 1. 20-22 : Le goût de la mort [...] conjointement avec le goût de la vie. Cf Mon Cœur mis à nu, VII, I. 18-21, et XL, premier paragraphe (t. II, respectivement p. 90 et 116).

— I. 24 : J'ai plusieurs siècles d'âge. Cf, Les Fleurs DU Mal, La Vie antérieure et Spleen :

J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans ainsi que Fusées, XIV (t. II, p. 71, I. 5-7).

Page 9 , I. 3 : ... /e droit au suicide. Baudelaire l'a plaidé plusieurs fois; voyez notamment HISTOIRES EXTRAORDINAIRES , p. XVII- XXIII, et surtout la CORRESPONDANCE GÉNÉRALE (t. I, p. 70 et 385 ; t. III, p. 292 ; t. IV, p. 19).

— J'ai cependant voulu lire . . . Voyez Fusées, IX (t. II, p. 62).

— I. 6 : ... /a nmxime de Jean-Jacques, II s'agit évidemment des lettres XXl-XXIII de La Nouvelle Héloïse (3° partie). Avant Baudelaire, Alphonse Rabbe (Philosophie du Désespoir. Du Suicide) avait pareillement rejeté les arguments de Rousseau, traduits par milord Edouard.

— 1. 10- II : Portrait du prince. Folies. Ces folies le rendent intéressant pour moi. Ce prince-là, ne serait-il pas à identifier avec celui que l'on voit dans le A VII' des PETITS PoËAIES EN PROSE (dans notre édition de cet ouvrage, p. 92)? Nous serions d'autant plus portés à le croire que notre auteur lui a prêté, comme ici, son propre tempérament, et que la donnée de Une mort héroïque (morceau paru en octobre 1863) comporte, elle aussi, une conspiration.

— 1. 13 : La vie est un jeu... Cf. Fusées, VI, dernier 'paragraphe (t. II, p. 59).

— 1. i^ : La minute. .. — A rapprocher de «la seconde» qui apporte «la bonne nouvelle» dans La Chambre double {PETITS PoËMES EN PROSE, p. 14.). Dans le même sens, Montaigne [Essais, I, XIV et XIX ) avait dit «le maistre jour» et Edgar Poe «le jour des jours» [Histoires extraordinaires, Morella).

— !. 18-19 : phrase ... devenue inintelligible pour moi. C'est évidemment : «L'homme ne voit jamais l'homme sans plaisir». On la trouve déjà citée dans CURIOSITÉS ESTHÉTIQUES, p. 34.2, et dans PARA- DIS ARTIFICIELS , p. 94..

— I. 18-21 : Car, pareille horreur de l'homme \...'\ jusqu'à l'heure bénie,,. On n'en finirait pas, écrit pertinemment M. Georges Blin, de citer tous les textes où Baudelaire a proclamé son besoin panique de fuir «j'horreur» ou «la tyrannie» de la «face humaine», et a protesté de sa «haine sauvage contre tous les hommes». Voyez notamment, dans les PETITS PoËMES EN PROSE, X, A une heure du matin (dans notre édition, p. 25).

— 1. 27-29 : Un souper chez des pauvres. Il y a donc quelque vertu dans l'humanité. Le 29 avril 1839, Baudelaire mandait à Poulet- Malassis qu'il venait de relire quelques anciens ouvrages dont Les Natchez, et que tout lui en avait paru sublime. Or, dans cet ouvrage ( livre VII ) on voit Chactas relater avec émotion le secours qu'il a reçu d'un sauvage aussi affamé que lui-même pourtant, et se féliciter

d'avoir, dans la cabane de ce déshérité, «trouvé quelques vertus primitives poussant encore faiblement au milieu des vices de la civilisation». Simple rencontre?

— 1. 31-32 : Sottise de Jean Jacques Rousseau relativement au moyen d'arrêter le suicide. 11 s'agit toujours des arguments, tirés de la morale sociale et des devoirs à l'égard du prochain, que miiord Edouard fait valoir dans La Nouvelle Héloïse pour convaincre Saint-Preux de renoncer à son sinistre dessein, — arguments auxquels ne pouvait évidemment souscrire le poète du Voyage, qui voyait en la mort la seule évasion possible.

Le Cordonniek ou La Cordonnerie pour dames. Annoncé plusieurs fois dans le Moniteur de la Cordonnerie en 1853-185^. Mais devait-ce être une nouvelle? Voir à ce sujet, dans le Mercure de France, juillet 1952, notre article : Petites énigmes baudelairiennes.

Le Crime au Collège. Titre p. 6. Voyez plus haut : Une Brebis galeuse.

La Dégringolade. (C), f xxi, raturé. Dans les Mystères galans des Théâtres de Paris dont nous avons donné en 1938 une réédition annotée (Gallimard), on rencontre un poëmc bien singulier dont la paternité est attribuée à l'abbé Constant, et où on lit :

Pendant neuf jours Satan dégringola.

(c'est nous qui soulignons).

Sans doute ce rapprochement-là semble bien aventureux, si curieux

&ue Baudelaire se soit montré de la Chute et des problèmes de la )ualité. Cependant il faut convenir qu'un tel thème lui aurait peutêtre paru plaisant en ses heures blasphématoires.

Les derniers hommes (un Roman sur — ), p. 10. Voyez La Fin du monde.

Le Déserteur. Titre souligné et suivi d'une croix, p. 6. Le — ou militaire et comédien. Armand aaschet , p. 8. Le — incorrigible (1887),

Dans sa jeunesse Baudelaire avait été lié avec Baschet, alors secrétaire d'Arsène Houssaye ; ils avaient même collaboré au temps de Im Semaine théâtrale (voyez CORRESPONDANCE GÉNÉRALE , t. 1, p. 146). Mais que vient iaire le nom de Baschet ici? C'est en vain que nous avons tenté de résoudre ce petit problème.

Le Déshabillage. (C), f lxxxvii, reproduit dans notre tome II, p. 143. Voyez p. 238.

Les Enfants précoces, p. 6. Peut-être faut-il trouver ici un titre abandonné des Vocations [PETITS PoËJHES EN PROSE, XXXI), comme l'a supposé M. Le Dantec?

Les Enseignements d'un monstre, p. 5. On penserait volontiers à ceux qu'avait donnés le comte de Timey à sa femme (qui était aussi sa fille) au cours de leur nuit de noces (voir notre tome I, p. 97), auquel cas Le mari corrupteur pourrait bien n'avoir constitué qu'une simple variante de ce titre.

L'Entreteneur, La belle aventurière, p. 7. L'Entreteneur se retrouve, comme Ni retnords ni regrets, dans une liste de titres, au verso d'une copie autographe de Sisina, et ceci ne laisse pas de surprendre quand on constate que lesdits titres étaient ceux de poe'sies destinées à la deuxième édition des Fleurs du Mal. — Voyez plus loin Le fou raisonnable et la belle aventurière ainsi que Le vieil entreteneur. — Voyez aussi, pour «les voluptés de l'entreteneur», selon Baudelaire, notre tome II, p. 5|. — En 1908 (p. 4-09), les deux dernières lignes de notre page 7 avaient été amputées pour partie et déplacées.

L'Envers de Claude Gueux. — Voyez Sainteté' de la peine de mort.

La Femme malhonnête. (C), f lxxxvii, reproduit dans notre tome II, p. 1^2. Titre (?) souligné. Peut-être Baudelaire qui, pendant plusieurs années , nourrit des projets de vengeance contre Veuillot, se proposait-il de reprendre, à rebours, le thème soutenu par le polémiste catholique dans L'Honnête femme (184.4,)?

Les femmes nues. Titre (?j figurant sur un fisuillet autographe que nous avons reproduit au Mercure de France, ij-ll-1936. Voyez p. 238.

La Fin du monde. Titre, p. 5 et 6. Souligné la seconde fois. Canevas, p. 13. A rapprocher de Un Roman sur les derniers hommes , etc. , p. i o , et certainement de la grande page de Fusées 1 «Le monde va finir», ici reproduite au tome II, p. 74.-77'').

Ce titre de La fin du monde se retrouve sur des listes de Petits ■poèmes en prose en projet, et par trois fois (voyez notre tome II, p. 306 et 308) : sous les numéros 5 et 53, — cette deuxième, flanque d'un astérisque. La troisième, il figure sur une nomenclature de «poèmes faciles a faire». On le trouve déjà mentionné dans une lettre à Arsène Houssaye qui semble avoir été écrite en décembre 1861.

Page 13, 1. 10-13 • ^" dernières palpitations \ .. .'^ de l'humanité. Ceci correspond à peu près à la grande page à laquelle nous venons de renvoyer le lecteur.

— I. 14 : (Eviter le dernier Homme). — «Allusion, écrivait Eug. Crépet en 1887 (p. 37), au célèbre ouvrage de Grainville [1805]

'"' II y a lieu d'ajouter à nos notes que cette page de Fusées n'est pas sans rapports avec la conclusion des Mémoires d'Outre-totnbe (livre XLIV).

dont Michelet a fait une si curieuse analyse dans son Histoire de France. » — On peut croire que cette recommandation à soi-même procédiit aussi du retentissement qu'avait eu Tbe last man de Thomas Campbell.

Le Fou raisonnable et la belle aventurière. Titre souligné et suivi d'une croix, p. 5. Canevas, p. 12. En 1908 il avait été placé aux Fragments (p. 4-09).

Page 12, L 15-16 : Jouissance sensuelle dans la société des extravagants. Peut-être est-ce d'expérience que Baudelaire parlait ici ; cf. les Petits Poèmes en prose, p. 72, Le Crépuscule du Soir, où il évoque le souvenir de plusieurs de ses amis devenus fous.

— 1. 17-18 : Quelle horreur et quelle jouissance dans un amour pour une espionne, une voleuse, etc.! Cf. la lettre à Victor de Mars (7 avril 1855, Correspondance générale, t. I, p. 331) qui apportait le canevas de la première partie de L' Héautontimorouménos avec ce «joli feu d'artifice de monstruosités» :

Si vous voulez me plaire et rajeunir les désirs, soyez cruelle, menteuse, libertine, crapuleuse et voleuse; et si vous ne voulez pas être cela, je vous assommerai sans colère. Car je suis le vrai représentant de l'ironie, et ma maladie est d'un genre absolument incurable.

— I. 18-19 : La raison morale de cette jouissance. 11 faut se souvenir que, pour Baudelaire resté fidèle aux règles de la morale et de la religion, la volupté suprême consiste dans le mal, c'est-à-dire dans l'abandon aux suggestions du Malin. L'esprit de perversité comme l'appétit de la fertilisante douleur qui hantent les petits-neveux d'Adam depuis le péché originel, trouvent leur compte dans tout ce qui augmente et aiguise l'intensité du Duellum qu'est l'amour. A devenir l'esclave d'une maîtresse indigne, son amant éprouvera davantage les sentiments de sa «gloire unique» : la conscience dans le Mal, et de la joie dans la damnation.

— 1. 20 : // faut toujours en revenir à de Sade . . . Sur Baudelaire et Sade, voyez principalement l'essai de M. Georges Blin, Le Sadisme de Baudelaire (José Corti, 194-8), et aussi, de M. G. T. Clapton, Balzac, Baudelaire and Maturin dam Tbe Frencb Quarterly (Manchester, June 1930), p. 77. — Dans Le Réalisme (1857), p. 314, Champfleury rappelait que, selon Pétrus Borel (Madame Putipbar), un honnête homme doit toujours avoir dans sa poche un livre du divin marquis.

— L 21 : ... l'homme naturel ... — Celui qui , soumis à ses instincts et suivant sa pente originelle, accepte les voies de la nature, laquelle n'assure l'équilibre du monde que par le crime, le sang, la destruction. Voyez à Nature dans nos Index.

— 1. 21-22 : Débuter par une conversation, sur l'amour, entre gens difficiles. C'est ce qui a lieu dans Portraits de maîtresses [PETITS PuËAfES EN PROSE, XLII), oij se trouvent aussi de ces «aventures horribles, étranges» qu'on voit Baudelaire, deux lignes plus loin, se promettre d'introduire ici.

Page 13, I. 3 : Le pauvre affamé (ces trois mots omis en 1908). Voyez à ce titre et à Affamé.

Les glaces. Titre (?) relevé sur un feuillet détaché que nous avons publié au Mercure de France le 1^-11-1936. Voyez les Généralités , p. 238.

Les heureux de ce monde, p. 6. (1887), p. 36 : Les — du — . On sait quelle horreur inspirait à Baudelaire le « bonheur vomitif» [Paradis artificiels , Préface). Cf. aussi la Lettre à Jules Janin, t. I, p. 53-

L'holocauste, p. 6. L' — volontaire, titre souhgné, p. ^. L' — involontaire (1887), p. 36.

Nous ne savons rien de ce projet-là.

L'Homme au scorpion. Titre (?) tiré des Cahiers Jacques Doucet, I, Baudelaire, p. jo, et reproduit aux Notes et Fragments, t. II (p. 139 et 295).

L'Homme aux Ruysdaels. Titre fourni par la Correspondance GÉNÉRALE, t. I, p. 86 (184.6). Voyez Généralités, p. 235.

L'homme qui [^. . .^ Obsession, p. 13. Le 3 février 1865, Baudelaire mandait à Julien Lemer qu'il avait en projet «une série de Nouvelles, toutes apparentées entre elles». Il semble que le présent texte, où le mot Obsession revient comme un leit-motiv, en apporte les canevas schématiques.

— I. 14 : L'homme qui croit que son chien. . . Cf, dans HISTOIRES EXTRAORDINAIRES, la note I, p. 334, où le traducteur rapporte «l'opinion attribuée au père Kircher». Dans son Théophile Gautier [L'Art romantique , p. 165), les animaux et plantes sont donnés comme «représentants du laid et du mal».

— I. 16 : L'homme qui voit dans sa maîtresse un défaut... Dans le Choix de Maximes consolantes sur l'amour (t. II, p. 5-7) notre auteur a indiqué le moyen de tirer parti de la laideur d'une maîtresse.

Un Homme en loterie, p. 12. (1887), p. 37. Peut-être Baudelaire se souvenait-il d'une pièce jouée sous ce titre, en 1838, au théâtre de la Porte-Saint-Antoine (il en fut question dans le Corsaire-

Satan). Ou bien encore du Paris pendant la Révolution, ouvrage qu'il goûtait particulièrement et dont un chapitre a trait aux mariages réalisés par une agence d'invention récente.

Quel est le sot qui voudrait avoir une femme d'un grand esprit ? y concluait Sébastien Mercier. Que fait le génie pour le lit conjugal ? [...] Comment donc faire? aller au bureau de l'Indicateur des mariages, et tirer a la loterie. (Ed. de 1862, t. II, p. 309-312.)

Une infâme adorée. Titre qui se rencontre par deux fois dans notre page ^ ; la première, souligné en noir ; la seconde, en noir et en rouge. Il paraît tien probable que Jeanne Duval aurait été retenue ici pour le personnage principal. Cf. dans Les Fleurs DU Mal notamment : Le Vampire (XXXI), Duellum (XXXV), Je te donne ces vers... (XXXIX), La Béatrice (CXXVI).

Interdit pour croire aux fantômes , p. 8. Est-ce là un titre ? et doit-on admettre que Baudelaire se proposait le cas d'un homme que son «surnaturalisme» aurait désigné soit à la vindicte des pouvoirs civils ou religieux, soit aux persécutions de son groupe social, — ce qui lui eût fourni l'occasion de tourner en ridicule l'institution du conseil judiciaire dont \\ éprouvait si cruellement les effets ? Ou convient-il de lier les cinq mots qui nous occupent à la ligne qui les précède, p. 8, et par conséquent d'y trouver un embryon de canevas ayant trait à L'amoureux de la vieille (voir à ce titre), celle-ci étant assimilée à un fantôme ?

L'Ivrogne. Voir le texte reproduit dans le tome I de ce recueil, p. 88 , à la suite du plan de drame donné sous le même titre. Est-ce bien là et non ici qu'il convenait de le placer ? Rien en somme n'empêche de supposer que, parallèlement à son drame, Baudelaire n'eût envisagé d'écrire une nouvelle sur le même thème.

Jeanne et l'Automate, p. ii. — L'Automate, p. 14. L'identité partielle des titres comme les recoupements ou rapprochements ci-après donnent à penser que ces deux ébauches de canevas concernaient le même projet.

En 181 7 Mrs Shelley avait publié un conte fantastique : Franbenstein<'^ (traduit en français des 1821), où l'on voit le constructeur d'un androïde qui, plein de remords et d'angoisse à l'idée des catastrophes que peut causer sa création dont le contrôle lui a échappé, s'emploie à la détruire. Et en 1860 Charles Barbara, avec lequel Baudelaire était fort lié, avait recueilH, dans Mes petites maisons, une nouvelle singulière : Le major Wittingbton , dont le héros, tombé dans la misanthropie à ia suite de déceptions amoureuses, a remplacé

''' C'est M. Maurice-Pierre Bojé qui a bien voulu nous indiquer ce rapprochement. Nous l'en remercions vivement.

2j4 NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS.

femme, fille, amis, commensaux et domestiques par un peuple d'automates. Il ne paraît pas mipossible que le canevas qui nous occupe ait procédé dans une certame mesure d'une «contamination» de ces deux ouvrages. Quoi qxïû en soit, on comprend aisément que Baudelaire, toujours porte vers l'étrange, l'artificiel et le fantastique, ait rêvé de mettre en scène un automate. Mais ces considérations n'éclairent que bien peu son ou ses canevas qui ne laissent pas, il faut en convenir, d'être fort obscurs.

Page II, I. 2-3 : Vieil entreteneur. Tous les libertinages. Cette définition semble répondre à la question posée p. 14, 1. 2 : «Quel il est, comme amant.»

Page 14, 1. 3 : Sorcier... On sait que Baudelaire n'avait pas été sans cultiver les sciences occultes. Voyez à ce sujet l'essai de M. Georges Blin : Recours de Baudelaire à la sorcellerie (joint au Sadisme de Baudelaire).

Page II, I. 6-9 : A. est libertin. A. ne l'est pas encore, etc. — Sans doute est-ce l'Automate que désigne dans ce passage le A suivi d'un point. Mais alors laudrait-il admettre qu'il est ici considéré dans ses évolutions physiologiques dès avant son accession à l'automatisme ?

— I. lo-ii : La froide épouse devient la chaude amante d'un mort. A rapprocher de la page 14, 1. 5-7 : uSa maîtresse se demande laquelle des deux existences est un rêve». Gustave Kahn, dans son Charles Baudelaire (Editions de la Nouvelle Revue critique, p. 73-74), a dit trouver là un souvenir des fables milésiennes.

— 1. 12-16 : Sans doute [...] l'amour d'une honnête femme, surtout d'une philosophe. D'après tout ce que nous savons d'elle, Jeanne Duval n'était assurément ni une honnête femme ni une philosophe. 11 faut donc croire, ou que la phrase en cause aurait été placée dans la bouche d'un personnage non mentionné aux canevas, ou n'était point destinée à entrer dans le texte de Jeanne et l'Automate.

Page 14, 1. 10 : Cependant l'âme, rougissant de créer le bonheur par le mensonge . . . On remarquera que ce remords rejoint la morale des Paradis artificiels. — Dans Franhenstein que nous rappelions tout à l'heure, les scrupules de l'inventeur sont d'un tout autre ordre, mais la péripétie n'en procède pas moins comme ici.

Page II, 1. 17 : Voix du Paradis. On retrouve le paradis dans L'Automate, p. 14,1. 13-14.

— I. iS : Le bic, c'est le drame de la Révélation. Malgré la majuscule qu'on Y voit, — Baudelaire en mettait partout, — le mot Révélation ne nous semble pas à prendre ici dans son acception théologique ; bien plutôt y trouverions-nous l'équivalent du «tout raconter» que montre l'autre texte (p. 14, 1. 12).

La Licorne, p. 5 et 6. Le titre est souligné les deux fois, et la seconde, où il est suivi d'une croix, tant au crayon rouge qu'au crayon noir.

Madame Guichaudet. (C), f" lxxxvii et xcv, reproduit dans notre tome II, p. 142-143. Voyez p. 238.

La MAITRESSE DE l'idiot. Titre souligné p. 5 et 6, et suivi, la seconde fois, d'une croix.

La MAITRESSE VIERGE. Titre, p. 5 et 6. Canevas, p. 15. Le thème de celui-ci a été utilisé dans les PETITS PoËMES EN PROSE (Portraits de maîtresses, p. 145-146, morceau paru posthume). Mais là on voit l'amant se détacher et se séparer de sa maîtresse en raison de cette frigidité pour laquelle il l'aime ici davantage.

Une MAITRESSE au BORDEL. Titre (?) qu'on rencontre dans la teneur d'un feuillet détaché que nous avons publié au Mercure de France le 15-II-1936. Voyez p. 238.

Le mari CORRUPTEUR. Titre, p. 6, omis en 1887 et devenu en 1908, par l'effet d'une faute de lecture : Le — compteur. Voyez Les Enseignements d'un monstre.

Le MARQUIS INVISIBLE. Titre suivi d'un point d'interrogation p. 5 et suivi, en 1887 (p. 35), des deux mots : (très important).

Faut-il se rappeler ici que Baudelaire travailla pendant un an à un Marquis du i" Homards, et conjecturer qu'il avait bien pu penser à en tirer une nouvelle? Mais c'est bien invraisemblable, car, — on l'a vu au tome I, — le scénario de son drame était lui-même tiré d'une nouvelle de Paul de Molènes.

Le mensonge. (C), P xcv, raturé. Nous avons reproduit ce feuillet-là dans notre tome II, p. 143.

Les Mineurs, p. 6. Baudelaire avait été très hé avec Antoine Fauchery, auteur des Lettres d'un mineur en Australie dont la publication au Moniteur avait retardé celle des Aventures d'Arthur Gordon Pym , et qui avaient paru ensuite chez Poulet-Malassis et de Broise (1857), accompagnées d'une préface de Théodore de Banville. Peut-être se serait-il souvenu de quelque chapitre de cet ouvrage ?

Le monde SOUS-\iarin, p. 6. 11 existe de notre auteur une note sur Les Travailleurs de la mer; nous l'avons reproduite au tome I du

présent recueil, p. 339. Mais au début de l'année 1866 où parut le roman de Victor Hugo, Baudelaire était déjà si malade que la probabilité d'un rapport quelconque entre cette note et le titre qui nous occupe ne paraît guère à envisager.

Les monstres, p. 6. II se rencontre bon nombre de monstres dans les Petits Puémes en prose, voyez notamment les n°' XI, XLII et XLVIl, et l'on sait sur quelle émouvante apostrophe prend fin ce dernier :

La vie fourmille de monstres innocents [•••] O Créateur, peut-il exister des monstres aux jeux de Celui-Ià qui sait p urquoi ils existent, comment ils se sont faits et comment ils auraient pu ne pas se faire ?

Les monstres, n'aurait-ce pas été un des titres envisagés pour Mademoiselle Bistouri?

La mulâtresse. (C), f LXXXVII, reproduit dans nptre tome II, p. \^2. Le titre y est suivi d'une croix. Voyez nos Eclaircissements dans ce volume-là, p. 299.

La Négresse aux yeux bleus, p. 5. Peut-être un autre titre du projet précédent? Cependant celui-ci, c'est sur une liste de Romans qu'on le voit figurer.

Ni Remords ni regrets, p. 7. Ce titre se retrouve par deux fois dans des listes de Petits Poëmes en prose, voyez notre tome II, p. 307 et 309 (respectivement n"' 51 et 102). Quant aux deux premières lignes qui le suivent, elles se reflètent dans la conclusion du Mauvais vitrier [PETITS PoEMES, IX), paru en 1862 :

... qu'importe l'éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l'infini de la jouissance ?

II ne nous paraît pas impossible que le texte du feuillet autographe donné à la page 8 en [V] soit à rapprocher du canevas qui nous occupe.

L'œil voilé, (C), f XCV, reproduit dans notre tome II, p. 1^3. Voyez, dans ce volume-là, nos Eclaircissements de la page 299, et, ici, plus loin. Le Regard voilé.

Le Paradoxe de l'aumône. Titre (?) tiré des Cahiers Jacques Doucet, I, Baudelaire, p. ^o. Voyez au tome II de ce recueil, p. 139 et 295.

Le Parsis-NÉ, Idée qui semble n'avoir pas pris corps. Voyez Fusées, VI (ici, t. II, p. 58 et 189).

Le pauvre affamé. Mentionné p. 13, à la fin du canevas de : Le fou raisonnable et la belle aventurière ; puis (ibid.), objet d'une donnée sans titre qui s'accorde assez mal avec celle de Conspiration et de Pile ou face (voir Un affamé).

Page 13, I. j : , . , distribution de vivres. Titre qui se rencontre sous les numéros 27 et 68 dans des listes de Petits Poëmes en prose à faire, voyez notre tome II, p. 307 et 308.

— I. 7 : // est bouscule' par. , . (1908) : bousculé et ai^omme par. ,.

Le Père qui attend toujours, p. 12, d'après le texte de 1887 (p. 35). On retrouve ce titre dans une des listes pré-mentionnées de Petits poëmes en prose (ici, t. II, p. 308, n° 79), sous la forme :

Le père qui attend (vêtements de fou et joujoux, peut-être une nouvelle).

Une petite vieille qu'on suit, p. 7. Voyez plus haut : L'Ajnoureux de la vieille. Dans une lettre h. Théodore de Banville datée du 29 août [1863], et reproduite dans L'Italie et Constantinople (1869, p. 83), Clarles Assehneau écrivait, à propos des nombreuses petites vieilles qu'il avait rencontrées à Venise :

J'ai eu ce jour la curiosité de suivre une de ces vieilles, pour voir, comme dit Charles Baudelaire, où elle allait.

Elle m'a promené pendant deux heures de son pas lent, en traînant la savate.

Pile ou face. Titre souligné et suivi d'une croix, p. 5. Canevas, p. 12. Omis en 1887 et placé aux Fragments en 1908. — Voyez Conspiration. — Contrairement à ce qu'on a pu lire ailleurs, Pile ou face ne se retrouve pas dans les listes de Petits Poëmes en projet.

Le Portrait fatal. Titre suivi d'un point d'interrogation dans la première liste de notre page y, souligné et suivi d'une croix, p. 6. Soulii;né deux fois et suivi d'un canevas, p. 8.

On peut croire que Baudelaire se serait ici souvenu d'une nouvelle de Champfleury dont il écrivait (t. I du présent recueil, p. 244) :

Le Fuenzès , une belle idée, un tableau fatal et qui porte malheur à ceux qui l'achètent !

II existe de Gogol une nouvelle sur un thème analogue : Le Portrait (1837). Mais M. Vladimir Boutchik [Bibliographie des œuvres littéraires russes traduites en français , Paris, 1935) n'en indique pas de traduction avant 1929.

Un testament figure aussi dans L'Automate (p. 14, I. 4.). II semble donc que ces deux nouvelles auraient utilisé le même artifice.

Le Portrait impossible [par suite d'antipathie), p. 12. (1887), p. 37. — L'idée de cette nouvelle-là pourrait bien avoir procédé par antilogie du Portrait ovale d'Edgar Allan Poe [NOUVELLES Histoires extraordinaires), où l'on voit la vie abandonner une jeune femme pour animer son portrait, par un effet miraculeux et de l'excès d'ardeur qu'apporte l'artiste à son œuvre, et de l'excès d'amour qu'a le modèle pour son peintre.

258 NOTES ET ÉCLAIRCISSEMExNTS.

Le Prétendant malgache. Titre, p. 5. Répété p. 8 où le suivent quelques indications relatives à la mise en œuvre du projet. Celui-ci était tort ancien; il datait au moins de 18^6, voyez les Généralités,

Le titre du Prétendant malgache se retrouve dans une liste de Petits

Poèmes en prose à faire (t. II, p. 308, n° 73), suivi de cette précision :

({(^Souvenir revu à Pans par une poupée de cire) (nouvelle)».

Page 8, 1. 7 : Retrouver un numéro du Monde illustré. — Au cours de la période 1 861-1863, ce journal ne consacra pas moins de six articles aux troubles ou solennités dont Madagascar était le théâtre : 28 septembre 1861 ; 31 mai et 18 octobre 1862; 2^ janvier, 7 février et 18 juillet 1863. Vu la fascination qu'exerçaient sur Baudelaire les événements bizarres ou terrifiants , nous croyons que celui qui venait en cause était soit le second en date, où sont relatés d'affreux supplices, soit et plutôt le dernier qui décrit des scènes de convulsionnaires et fait assister le lecteur à la strangulation du roi Radama.

Quant à la poupée de cire prévue au canevas, on doit croire que le narrateur l'eut logée dans quelque Musée Grévin de son temps. — Voyez aussi bien notre article du Bulletin du Bibliophile, aoûtseptembre 1939.

— I. 8 : Voir ... Jean Reynaud, collaborateur du Magasin pittoresque et directeur du Tour du monde, donc spécialisé dans l'exotisme. — Charles Potey (à ne pas confondre avec Alexandre Potèey, célèbre pour ses pots-pourris) collaborait au Monde illustré ainsi qu'Alfred Delvau, ami de notre auteur, et trop connu pour qu'il y ait lieu d'insister. — Nous ne savons à quoi répond l'indication 9 , rue Véron. Cette rue existe bien pour les années en cause, mais le Bottin n'y situe l'adresse d'aucun des auteurs précités non plus que celle de la revue. Faut-il penser à un lapsus de Baudelaire qui s'expliquerait du fait que Pierre Véron aussi collaborait au Monde illustré?

Une Rancune, p. 6. Une — satisfaite (1887), p. 35. Ce second titre se retrouve dans une liste de Petits Poèmes en prose (t. II, p. 308, n° 78), suivi de ces mots : «(histoire de Feuchères, peut-être une nouvelle)». Nous savons que Jean-Jacques Fewchères (et non F/achères comme on ht ailleurs), statuaire et ciseleur de talent (1807- 18 52), était hé avec Baudelaire comme avec plusieurs de ses amis : Daumier, Bonvin, Champfleury, Banville notamment, mais nous ignorons tout de sa «rancune satisfaite». Peut-être notre auteur se proposait-il de rivaliser ici avec celui de la Barrique d'Amontillado [NOUVELLES Histoires extraordinaires)! Peut-être comme M. Yves- Gérard Le Dantec l'a suggéré, faut-il retrouver dans Le Galant Tireur [Petits Poèmes en prose, XLIII) l'idée-mère A' Une rancune?

Le Regard voilé. Ce titre (?), cueilli dans le texte d'un feuillet détaclié par nous reproduit dans le Mercure de France du i j-ll-1936, y suit immédiatement le nom d'une dame Keller. Sans doute convientil d'en rapprocher L'Œil voilé qui, dans le Carnet, en XCV (voir notre tome II, p. 14-3), figure à quatre lignes d'intervalle de ce même nom.

La Rencontre. (C), P xxi, biffé. On peut se demander si le thème de A une passante [Les F LEURS DU MAL, CIII) y aurait été repris.

La RÉPARTIE HEUREUSE. (C), f Lxxxvii, feuillet reproduit dans notre tome II, p. 1.^2. Titre? voyez p. 238. A rapprocher peutêtre du Miroir [PETITS P0ËAIES EN PROSE, XL) paru à la fin de l'année 1864., ou de la conversation reproduite au feuillet 13 de Pauvre Belgique (p. 60).

Le RÊve prophète. Titre souligné p. 5, et suivi d'une croix. — (1887), p. 35 : Le — avertisseur. Cette variante se retrouve dans une liste de Petits Poèmes en prose (t. II, p. 309, n° 83), suivie de : (((peut-être une nouvelle))). — • On pourrait être tenté d'identifier Le Rêve prophète avec Symptômes de ruine, morceau dont nous avons reproduit le texte dans notre édition des PETITS PoËMES , p. 260 ; mais cette conjecture ne saurait être retenue, car les titres de ces deux morceaux voisinent sur la même hste. — Chose curieuse. Le Rêve prophète ne se rencontre pas parmi les projets groupés sous le titre à'Oneirocritie,

Sainteté de la peine de mort (un Roman sur la), p. 14. Voyez l'extrait du billet en date du 22 juillet 1856 que nous avons donné aux Généralités, p. 234. Les deux paragraphes du canevas avaient été apportés en 1887, p. 38, mais le premier sans le mot initial : Dandies. — En 1908 ce mot avait été rétabli et les deux paragraphes placés en note p. 107, sous le texte du feuillet xiv (alors non numéroté) de Mon Cœur mis à nu.

Page 14., I. 16-21 : Claude Gueux, par Victor Hugo, 1828. — Théorie du sacrifice. Légitimation de la peine de mort, etc. Ce sont les idées de Joseph de Maistre que Baudelaire reprend ici. Voyez les Soirées de Saint-Pétersbourg, pajiim, Cf aussi, dans notre tome II, Mon Cœur mis à nu, XII et XIV (p. 93-95). — Un condamné à mort

?ui [. , ,J retournerait au bourreau. Ceci fait penser à Pétrus Borel et au ameux : «Monsieur le bourreau, je désirerais que vous me guillotinassiez».

Une saute de vent, p. 12, I. 13. — (1887), p. 33. Titre qui figure aussi sur une liste de Petits Poèmes en prose (t. II, p. 308, n° 77).

2 6o NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS.

Dans une lettre au général Aupick en date du 14. octobre 1851 {E.-J. ChÉPET, p. 222), le commandant Saliz, rendant compte du voyage de notre auteur à son bord, mentionnait «un événement de mer» comme il n'en avait «jamais éprouvé» dans sa «longue vie de marin». Et Baudelaire, dans une note autobiographique qui a pris place en notre tome il, p. 136, a relaté deux aventures périlleuses dont une sur un navire démâté. On peut croire que ces souvenirs-là auraient été utilisés ici.

Les «Sortes biblicte». Ici, p. 8, 1. 19. — (1887), p. 39. Voyez t. I, p. 88 et 472. Nous n'avons rien à ajouter à nos commentaires antérieurs, car aucun document nouveau n'a été produit, à notre connaissance du moins, qui permette d'établir si c'est ou non en vue d'une nouvelle qu'avait été rédigée cette note-là.

Spéculation sur la poste, p. 6. "Voyez L'Almanacb.

Le Suicide dans une baignoire, p. 8, 1. 10. Ce titre ne semble pas à rapprocher de celui de La Baignoire qui figure au feuillet LXXXVII du Carnet entre Le Bain et la Toilette et Le Déshabillage.

II se peut, écrivait M. Georges Blln à son sujet, que Baudelaire s'y renvoie à un fait divers. A moins encore que, se rapportant à des précédents de l'Antiquité, il n'ait imaginé de décrire un trépas rappelant à la fois celui de Pétrone et celui de Sénèque.

Supplice par la prestidigitation. Titre (?) apporté par les Cahiers Jacques Doucet, I, Baudelaire , p. 50. Voyez notre tome II, p. 139 et 295.

La TRAITE DES BLANCS. Titre souligné p. 5 et 6 ; accompagné d'une croix la seconde fois.

Il existe une estampe de Rops qui le porte. Mais elle ne présente pour nous aucun intérêt, ayant trait aux rapports des maîtres et des domestiques.

En revanche, nous croyons que Baudelaire qui, dans sa préface aux Nouvelles Histoires extraordinaires (p. xiv), avait reproché à la patrie de Franklin de «brûler des nègres enchaînés, coupables d'avoir senti leur joue noire fourmiller du rouge de l'honneur», et qui, dans Mon Cœur mis à nu, XXIX (t. Il, p. 108^, s'était proposé de traiter «de l'esclavage», aurait bien pu se divertir à brosser quelque tableau où l'on eût vu les noirs traitant les blancs comme ils en avaient été traités eux-mêmes.

Mais le plus vraisemblable, c'est qu'il aurait repris ici le thème que lui fournissait un article du Sancho : «D'une nouvelle forme de la traite des blancs», article recueilli dans Pauvre Belgique (voyez p. ^^ et 56).

Les Tribades, p. 6. En 1864 Gustave Courbet exposait à Bruxelles, où Baudelaire put l'admirer, une grande toile dont le sujet

procédait à l'évidence de Delphine et Hippolyte {Les Fleurs du Mal, p. 252-256), et la presse belge protestait avec indignation contre l'audace de cette œuvre (voyez Pauvre Belgique, p. 10 1, t' 163, et nos commentaires). On peut croire que cet incident avait rappelé l'attention de notre auteur sur le cas des «Femmes damnées» et qu il se serait employé ici, soit à leur marquer une fois de plus sa compassion, soit à venger Courbet de ses insulteurs.j

Le Triomphe du jeune Boniface, p. 5 et 6. Titre souligné la seconde fois. — (1908) : Le Triomphe de Jeune (lecture fautive). Nous avons montré dans le Mercure de France èa 1-X-1938 que ce sujet avait été tiré selon toute apparence d'un fait divers relaté dans l Indépendance belge, où l'on voit un pâtre de onze ans assassiner un camarade qui en a huit, pour lui voler deux sous !

VÉRITABLE SERVICE DANS DES FORMES EXCEPTIONNELLES. (C) P XXI biffé. — Ne se serait-il pas agi là d'un premier titre de : Assommons les pauvres {PETITS POEAIES EN PROSE, XLIX), paru posthume , où on lit : « Par mon énergique médicamentation , )e lui avais donc rendu l'orgueil et la vie»?

Les Verriers, p. 6. Nous ne voyons aucune conjecture à iormuler pour ce projet-là.

Vie militaire (scènes de la). Série de nouvelles proposées au Pays en 1853 (voyez nos Généralités, p. 233). H y a lieu de penser que Baudelaire y eût utilisé des souvenirs recueilhs chez son beaupère, le général Aupick.

Le vieil Entreteneur. Personnage prévu dans Jeanne et l'Automate (p. 1 1). — Titre figurant dans une hste de Petits Poèmes en prose (voyez notre tome II, p. 307 et 308, n°' 23 et 59).

Une Ville dans une ville, p. 6. Ce titre figurant au-dessus de celui des Mineurs, on peut se demander s'il n'aurait pas correspondu au même sujet que lui.

Le Visage ingénu. (C), f* lxxxvii, titre souligné et suivi d'une croix; voyez notre tome II, p. 142.

Le voluptueux, avant oscillé longtemps ... , p. 14. II paraît évident que c'est la dernière période de ses propres amours avec Jeanne Duval que Baudelaire résume ici ; nous croyons d'ailleurs l'avoir montre dans notre article : Le Vampire rédempteur, paru au Mercure de trame le 15-VI-1937. Il n'est pas un membre de phrase ici, qui ne tournirait matière à une note biographique, à un rapprochement avec la Correspondance générale ou à quelque précision chronologique. Cf. Fusées, XV (t. II, p. 72-73) : «Emu au contact...», et Paradis artificiels , p. 57.

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