CHAPITRE
Page 77, I. 16-17 • m^toire d'un peintre qui aurait voulu livrer Jefferson Davis pour gagner la prime. En mai 1865, après l'assassinat du président Abraham Lincoln, la tête de Jefferson Davis, soupçonné de complicité avec Booth , avait été mise à prix. — L'anecdote dont Baudelaire consignait ici le souvenir, ne figure pas dans le ms. de la Collection de Spoelberch de Lovenjoul. Mais on la trouve rapportée sur un feuillet détaché que M"' Ronald Davis a bien voulu nous communiquer et qui est intitulé : PAUVRE BELGIQUE. Traits généraux. Morale belge.
Cette anecdote met en scène les peintres belges Alfred Vervvée et Leys, et le journaliste français Hippolyte Babou, de passage à Bruxelles.
Verwée voudrait bien toucher la prime de 500.000 francs : «Dame ! puisque c'est un scélérat ! » Babou s'indigne : « Si vous livrez aujourd'hui un scélérat pour une somme quelconque, demain vous livrerez un honnête homme». Leys suggère un accommodement :
« Vous le livreriez par patriotisme ; et puis vous feriez commander un tableau pour le musée de Washington. »
(En tant qu'il y ait un musée dans le repaire des Yankees.)
Mais Verwée « s'entête naïvement dans l'infamie » , il prendrait d'abord la prime, et puis accepterait peut-être la commande...
— I. 25-26 : ... Calomnie. J'en ai été victime plusieurs fois. Voyez p. 65, f" 89 et 90 bis.
Page 79, I. 3-4. : ... le passage d'Emerson. . . II appartient au chapitre intitulé Worship ; le voici :
Quelle Kâte de présumer un bas motif! En Angleterre certains patriotes,
Eendant des années, se sont évertués à créer un mouvement d'opinion pour attre en brèche la loi des céréales et aboutir au libre-échange. « Bon ! dit l'homme de la rue. Cobden en a tiré un bon salaire!» Kossuth a traversé l'Océan pour voir s'il pourrait gagner le nouveau monde à la cause de la liberté en Europe. «Oui-dà, dit New York, il a fait là une jolie affaire, suffisante pour le mettre à l'aise sa vie entière ! »
— I. 6 : Ainsi, à propos de Liszt... En mai 1865, Liszt entrait chez les Lazaristes. Faut-il croire que cette retraite avait été attribuée à quelcjue «bas motif» ?
Page 80, 1. 13 : Le proprie'taire de Malassis. Nous ne savons rien de lui.
— I. 16 : ... incommunicable, comme la femme. — Cf. Mon Cœur mis à nu, XXX (t. II, p. 108).
— 1. 19-20 : Rien de myste'rieux [■..] comme le Ne'ant. Baudelaire a insisté sur «le Néant belge» dans l'Argument de l'Epilogue et au feuillet 331 (p. 208 et 63).
Page 81, 1. 9 : Le préjugé de l'hospitalité belge. Voir p. 214, f" 336 et 337-
— 1. 10- II : Conseils aux Français... Voir l'Epilogue (chap. 33).
— 1. 16 : Les dessins de Delacroix. — La Petite Revue du 21 octobre 1865 rend compte de l'acquisition par l'Etat belge de l'esquisse du Plafond de la galerie d'Apollon, acquisition à laquelle avait été mêlé Alfred Stevens qui, étant des amis de notre auteur, l'avait dû mettre au courant des pourparlers. Peut-être au cours de ceux-ci le gouvernement belge avait-Il témoigné de quelque parcimonie ? Mais ce n'est là qu'une conjecture. Elle nous paraît toutefois plus vraisemblable que l'explication qu'on pourrait tirer d'un propos que Delacroix a consigné dans son Journal (nouv. éd. par A. Joubm, Pion, 1050, t. I, p. 4.03), lors de son voyage en Belgique (été 1850) : «J'ai été f . ..] la providence des bedeaux», • — entendons par les pourboires donnés pour obtenir le droit de dessiner les tableaux dans les églises.
— I. 18 et 24 : Haine de la Beauté [...] Effet que produirait une belle femme . . , Peut-être est-ce ici qu'aurait du être placé le feuillet 39
— I. 20-21 : Tyrannie de la face humaine... Expression empruntée à Thomas de Quincey ; voir Les Paradis ARTIFICIELS, p. 118 et 138.
— 1. 26 : Histoire de M"" Muller. Voyez Mon Cœur mis à nu, XXIV (t. II, p. 103), et la note qui a trait à ce passage [ibid., p. 255-256).