III. 2 T
Paffe 91, 1. 12-13 : Les amis de Proiidbon lors de l'émeute, figure de re'tborique [sic]. — On sait comment Proudhon, ayant eu l'imprudence d'inviter ironiquement l'Empereur à annexer la Belgique (septembre 1862), s'était vu forcé de fuir ce pays. Il semble que Baudelaire voulait ici donner à entendre que , lors des manifestations qui se produisirent sous ses fenêtres, Proudlion (dont il appréhendait de partager le sort quelque jour) n'avait plus trouvé aamis. Ceci ne s'accorde guère avec ce qu écrivait Proudlion lui-même dans ses lettres au lendemain de l'émeute :
Les amis ne m'ont pas fait défaut dans la circonstance, Nouzé, Learch, Leclerc, etc., et quelques Be'ges. Delhasse est furieux, il m'écrit à cor et à cri de casser la gueule à cette meute.
Volontiers fût-il allé jusqu'à se louer de la modération relative de ses adversaires :
II y a bien vingt ou trente journaux dans la cabale. Figurez-vous cent mille lecteurs que l'on vient brusquement agiter en leur disant que M. Proudlion appelle I empereur. Si les Belges avaient la vanité des Français, je serais à cette heure assommé.
Et Amédée de Saint-Ferréol dans ses Proscrits français en Belgique (1870) n'a pas, lui non plus, beaucoup chargé les Belges à cette occasion, relatant que «d'honorables citoyens de Bruxelles et d'Ixelies, instruits de ce qui se passait, étaient venus [...] protéger l'écrivain dans son domicile».
— 1. 20 : La fille d'Altemeyer [sic] ; u J'ai collé Proudhon)). Nous ne savons rien qui éclaire ce propos, sinon sa place dans ce paragraphe.
— 1. 21 : Mad. de Staël et le professeur allemand. Il doit s'agir de la rencontre de l'auteur de l'essai : De l'Allemagne , avec Fichte, rencontre qu'Ancillon, alors prédicateur de la colonie française de Berlin, devait rapporter comme suit à Ticknor (voyez les Life, letters and journals de celui-ci, 1791-1871, t. I, p. 4.10) :
Après s'être entretenue un moment avec Ficbte, M°" de Staël lui dit : «Maintenant, monsieur Fichte, pouvez-vous me donner dans le moins de temps possible, par exemple en un quart d'heure, un aperçu rapide, une idée de votre système, de laçon à me faire comprendre ^ce que vous entendez par votre moi, car je n'y vois absolument pas clair?» Emoi de Fichte qui a consacré sa vie à développer d'un principe tout son système, jusciu'à embrasser l'univers. Il cède cependant aux instances de M"° de Staël. Mais à peine avait-il parlé dix minutes, que M""" de Staël, qui i'écoutait avec la plus sérieuse attention, l'interrompit soudain d'un air ravi : «Oh! cela suffit, monsieur Fichte ; cela suffit ; je vous comprends à merveille. Une aventure du voyage du baron Miinchhausen est le commentaire le plus frappant de votre système.» Le visage de Fichte revêtit une expression tragique, et tous
les^ auteurs prirent l'air de gens qui assistent au cinquième acte d'un drame. M"' de Staël seule parut ne rien remarquer et poursuivit : « Un jour le baron arriva au bord d'un grand fleuve oue ne traversaient ni pont, ni passerelle, ni bateau, ni barque; il fut sur le point de désespérer, quand tout a coup i\ eut une heureuse inspiration. D'un geste énergique il saisit sa propre manche et s'élança ainsi sur l'autre rive. C'est précisément là, si je vous comprends bien, ce que vous avez fait , monsieur Fichte, avec votre'moi. » Cette saillie produisit un effet irrésistible sur toutes les personnes présentes, excepté FicKte qui ne parvint jamais ni à pardonner ni à oublier l'épisode.' Pourtant M°" de Staël admira les Discours a la nation allemande.
— I. 22 : Sues eum non cognoverunt. — S'agit-il du «bizarre latin des inscriptions» qui figurent dans l'ouvrage de Wauters (cf. le feuillet 141, p. 90^? Ou des inscriptions de Wiertz (p. 184., 1. 9)? Ou faut-ii penser a une parodie blasphématoire du Sui eum non receperunt de l'Evangile selon saint Jean, i, 2?
Page 92, I. 24.-26 : Chercher un petit livre [...] contenant les «Ne dites pas ... mais dites». — M. Gustave Charlier a bien voulu nous en signaler un, paru à Bruxelles, en 1861, chez Wahlen : Les Omnibus du Langage, fautes contre la langue signalées par l'Académie et les grammairiens.
— 1. 27 : Ça ne me goûte pas. Cf. le feuiUet 135, p. 88.
— I. 32 : Poser un acte. Exemples aux feuillets 148 et 140 (p. no 1. 9 et 30). T7 vr yo>
— 1. 33 : Maladies confidentielles. Voyez f' 145-146. — En note, dans VŒuvre lithographie de Félicien Rops, par E. Ramiro, n" 135, à propos de la planche ayant pour légende : Chez le D' Cromm..., on lit : «Célèbre spéciahste pour les maladies... confidentielles».
—J- 34"35 • ^" divagation des chiens (hvdrophobie [rage])
Faut-il comprendre que les Belges confondaient la divagation avec I hydrophobie ou celle-ci avec la rarre ?
Page 93, 1. 17.19 : Ah! Victor Joly . . . Pour Jolv, voyez p. 46 I. 10, et p. 52-55. . J 1^ i- .
Page 94, f 150 : Des dernières lignes du feuillet 148 (p. 93) il résulterait que le texte ici donné fut tiré du journal de Victor Joly, le Sancho. Mais, comme nous l'avons déjà dit, il semble aussi que Baudelaire en préparait un du même ordre, car on lit dans un article de Babou : Ma Belgique, paru au Figaro le 16 juillet 1865, quelques jours après une visite de son auteur au nôtre, lequel s'était plaint d un certain ralentissement de son activité :
Avant de quitter la chambre du poëte ralenti, j'eus l'indiscrétion, je
l'avoue, de risquer un regard du côté de sa table de travail où s'étalait un grand album tout ouvert. Je lus sur la première page , en lettres majuscules :
Notes
pour un
Dictionnaire franco-belge.
Belfi
Bourgmestre (prononcez : hourgmaitre )