‹ Juvenilia, uvres posthumes, reliquiæChapitre 80 sur 123 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Page 103, I. 5 : Représentation du Jésuite, de Pixérécourt. En collaboration avec Victor Ducange, mélodrame représenté pour la première fois au théâtre de la Gaîté le 4 septembre 1830. Le Théâtre Lyrique de Bruxelles le jouait en août 1864. Quelques jours avant cette reprise, Baudelaire mandait à Ancelle :

Tout m'a nui, surtout ma sympathie visible pour les Jésuites [•••] Ici, les Jésuites ont tout fait, et tout le monde est ingrat pour eux. (14 juillet 1864.)

Bientôt nous le verrons d'ailleurs témoigner un véritable enthousiasme pour l'architecture de leurs églises (p. 189 et 204).

— I. 21 : Le pari des mangeurs d'hostie. En janvier 186^, la presse belge relatait que deux gars de Louvain, en suite d'un pari, après avoir fait la fête pendant toute la nuit de la Saint-Sylvestre, s'étaient approchés de la Sainte Table et avaient réussi à y communier sans que leur état d'ébriété fût remarqué, — d'oii grand scandale dans les organes cathohques. C'est sans doute de ce sacrdège qu'il est ici question.

Page 104., I. 7-8 : ... l'encyclique de cet aimable vieillard... L'encyclique Quanta cura (8 décembre 1864) où Pie IX condamnait la liberté des cultes et de la presse, et dont un exemplaire se trouve mentionné au feuillet 350 de notre ms. (p. 216) parmi des «Documents non classés» qu'on ne possède plus.

— i- 13 : Pio nono. Baudelaire Indiquera plus loin (p. 121, P 191) que c'est au Grelot qu'appartient cette appellation.

— I. 18 : ... l'Ancienne Carpe. — Estaminet rue Fossé aux Loups, n° 80.

Page 106, f 172 : ... la comédie doctrinaire... — Voyez plus loin la note sur la ligne 25 (même page).

— ... Pir Jan Klaes, Personnage comique datant du xvir siècle et dû à l'invention du montreur de marionnettes Jean Klaassen (Jean Claes en flamand) dont il garda le nom. Les particularités de son physique consistent en une bosse sur le dos et un nez rutilant. De nos jours, en Flandre, le jeu de marionnettes s'appelle encore le jeu de Jean Claes. (Renseignements dus à M. Alb. Kies.)

— 1. 15-17 : ... /e mannequin- Je'suite , cet affreux avale-tout qui captera tous les héritages libéraux si le programme - Decbamps est accepté... L'opinion belge était alors divisée par des procès scandaleux. Telle l'affaire De Ryckère dont il est question dans cette même note : septuagénaire «tombé dans un état d'exaltation religieuse voisine de la folie», ce Ryckère avait déshérité sa sœur au profit d'un industriel «bien pensant» qu'il ne connaissait pas. Telle encore l'affaire de Buck qui sera évoquée au chapitre suivant. — Adolphe Dechamps , homme politique de droite, avait été pressenti en avril 1864 pour la formation a'un nouveau ministère, mais dans la première quinzaine d'août, ses pourparlers avec la Couronne venaient d'être rompus.

— l. 2 ^ : ... les ministres doctrinaires . . , Voici sur les doctrinaires belges deux opinions émanant d'esprits bien différents :

Proudhon, aans une lettre à l'Office de Publicité, datée du 8 mai 1862 : Cléricalisme et libéralisme sont deux termes qui, en Belgicj^ue, rappellent une phase écoulée, tout au plus servant à exprimer deux manières différentes de juffer la politique extérieure, comme, par exemple, quand il s'agit de la souveraineté temporelle du Pape [...] Quant aux doctrinaires et aux démocrates, j'ose dire que cette différenciation en Belgique est encore moins fondée que la première. C'est de l'importation française [...] Par cela même que la nation belge est d'essence bourgeoise, il lui manque ce qu'il faut pour produire ce que l'on a appelé en France jacobinisme et doctrinarisme , le premier créé en haine de l'ancien régime, mais qui n'exclut lui-même, comme on sait, ni despotisme ni noblesse; le second, imaginé comme moyen de dominer l'un par l'autre deux partis irréconciliables. Depuis quatre ans que j'habite la Beltriquc, je n'ai pas encore rencontré un homme sérieux qui ne se moquât du démocrate comme du doctrinaire [•■.]

Félicien Rops, dans une lettre qu'a citée M. Maurice Kunel dans son intéressant article : Baudelaire et la politique belge en 186^, paru à la Wallonie, 12-IV-1949, déclare :

Ce que je hais le plus au monde, je crois, c'est le bourgeois doctrinaire qui me paraît pour l'instant tout puissant en Belgique ; le Monsieur pour

lequel il faut « une religion bonne pour le peuple » , « le mangeur de prêtres » dont notre grand Flaubert a tracé un scnéma si net dans «M. Homais». Méprisant l'art, les artistes, les écrivains, ennemis de ses appétences, lesquelles tiendraient d'ailleurs entre le groin et la queue du premier porc venu, il est moins réjouissant à voir que ce dernier dont le ventre rosé a sollicité quelquefois la palette des maîtres.

Page 107, f 173 : Nous" ne reproduisons de ce feuillet qu'une

Eartie, celle où se rencontrent des passages soulignés par Baudelaire, 'autre ne contient d'ailleurs rien que ceux-ci ne laissent présumer.

Page 109, I. 7-8 : Quand une femme ose écrire qu'une jeune fille qui n'a plus le chapelet entre les mains est une jeune file perdue... Un des poëmes en prose projetés par notre auteur et dont on ne sait rien, devait — nous l'avons déjà rappelé à la page 307 de nos Eclaircissements — • avoir pour titre : Le Chapelet. Baudelaire y aurait-il reflété les idées de l'institutrice belge ? La passion qu'il montre ici autorise à se le demander.

— I. 14. : Article important, La question des Cimetières, avec le développement de la libre pensée, avait pris en Belgique un tour brûlant. Elle avait été longtemps considérée comme réglée par le décret du 23 prairial, an XII, article 15, qui établissait le principe de la division des cimetières par cultes , cnacun de ceux-ci devant disposer d'un cimetière particulier ou d'une partie séparée dans un cimetière commun. Les catholiques entendaient que cette règle continuât d'être observée, et que la haute main dans le service des inhumations comme dans la délivrance des concessions restât au clergé. Une pétition suivie de huit cent mille signatures avait été adressée à cette fin au Congrès de Mahnes. Mais les libres penseurs , excipant de l'esprit et des besoins de la société moderne, revendiquaient l'administration des cimetières pour les autorités laïques et voulaient que les inhumations fussent effectuées sans distinction de cultes ou de croyances. Et chaque jour, de cette opposition naissait quelque incident où se trouvaient mêlés évêques et curés, bourgmestres et échevins, conseils provinciaux ou municipaux, etc.

— 1. 26-27 : La paix de l'âme se puise .. . Nous retrouverons cette maxime au feuillet 183 (p. 113, I. 30-31), et son auteur au feuillet 183 (p. 1 12).

Page III, f" 1 80-1 81 : Nous avons cru devoir en intervertir l'ordre de présentation parce que celui-ci dans sa teneur annonce celui-là.

— Pour les feuillets 182-184., voyez p. 122-123 et 113-116. Nous avons placé le feuillet 183 avant eux parce qu'une remarque de Baudelaire, en martre du feuillet 183 (p. 1 14., I. 12 ) : «Nous connaissons déjà le Vm Peene», paraît indiquer que telle était son intention.

Page 114, 1. 31 : Z,f cadavre de Patrocle. Image inspirée vraisembiablement par le souvenir d'une des toiles colossales de Wiertz; il en sera question au feuillet 256 (p. I74-, 1. 9).

Page 115, 1. 8-10 : ... Ceux qui opèrent le rapt des enfants juifs pour en faire des moines . . . Deux affaires de cet ordre faisaient alors grand bruit : l'affaire Mortara ici mentionnée, et l'affaire Coen.

Page 116, I. 8 : Prêtres avec leurs prêtresses. — Dans ses Me'moires (182 1, t. II, p. 82-84.), l'abbé Morellet, racontant la visite qu'il avait dû faire, pour l'obtention d'un brevet de civisme, à un certain citoven Bernard «d'une figure ignoble, fait comme un brûleur de maisons», auprès duquel se tenait «une petite femme assez jeune, mais bien laide et bien malpropre», avait écrit :

11 me parut recevoir mon apologie avec bonté, et compatir à la tiédeur de mon patriotisme; mais, pour m'encourager il me cita son propre exemple. Et moi aussi, me dit-il [•■•], j'ai perdu par la révolution; car, tel que vous me voyez, je suis prêtre, et prêtre marié, et voilà ma femme, me dit-il en me montrant la petite personne, qui parut toute fière de l'aveu que me Faisait son prêtre. Je saluai respectueusement la prêtresse, et je ne témoignai pas la plus légère surprise; de sorte qu'il a pu croire que je trouvais tout simple qu'un prêtre catholique, ou se disant tel, eût voulu goûter aussi du sacrement du mariage, pour participer à tous.

Pour le feuillet 186 bis, voyez p. 193 et nos notes afférentes à cette page-là.

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