‹ Juvenilia, uvres posthumes, reliquiæChapitre 81 sur 123 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Page 118, I. 11-12 : Encore une formule testamentaire. L'auteur fait erreur : celle qui figure au feuillet 190 est identique à celle qu'on a vue p. III.

— 1.1^-16:... notre brave De Buch ... — Voyez f 193 (p. 122, 1. 9).

— I. 17-18 : Une assemblée [.-.] au Grand Miroir. — Baudelaire n'était pas au bout de ses peines; en janvier, février et mai 1865 allaient se tenir, à son hôtel, plusieurs séances de l'Association fondée pour la diffusion de l'Enseignement.

— - I. 19-20 : Ah! zut! alors! si Nadar est malade! — L'histoire de cette scie est contée dans la Petite Revue du 27 février 1864 :

Une racine. — ... C'était dans un petit bal public. L'orchestre jouait La Milanaise. Un coryphée du lieu vient inviter une femme qui refuse en déclarant vouloir rester à côté de sa sœur indisposée : « Ah ! zut alors si ta sœur est malade ! » s'écrie le danseur sur l'air auquel préludait la musique. — On rit, on trouve l'improvisation drôle et on la répète. Séduit par rà-propo«>, un chansonnier populaire brode là-dessus un certain nombre de couplets qui ne tardent pas à bruire dans les cafés-concerts. Pendant ce temps, on commentait les nouvelles que le télégraphe donnait sur la santé du grand aéronaute. Un farceur substitue Nadar à fa sœur et ... on sait le reste.

— I. 22-27 • ^^ célèbre [...] De Fr/[...] déterre les cadavres... Le bourgmestre Defré venait en effet de faire déterrer un enfant non baptisé pour le faire réinhumer en terre bénite. Exploit qui, en novembre 186^, avait soulevé une vive indignation sur les bancs de droite de la Chambre. Voyez pour Defré les notes des pages 298 et 336.

Page 119, 1. 5 : Les Abolisseurs de la peine de Mort. Il y avait alors en Belgique quelques abolitionnistes convaincus et qui faisaient campagne, notamment M. Thonissen, auteur de Quelques réflexions sur la prétendue nécessité de la peine de mort (1864) et de Le problème de la peine de mort avant Beccaria. Une association avait été fondée à Liège, aux mêmes fins (février 1865). Au mois de mai de la même année, un projet de loi allait être déposé, abolissant la peine du carcan ainsi que la dégradation civique, et permettant de commuer la peine de mort en travaux forcés à perpétuité.

— 1. 5-7 : ... très intéressés sans doute... Voyez f 196 (p. 125).

— 1. 13-14. : L'Enterrement par Rops. — Titre exact : Un enterrement en pavs wallon, lithographie où le clergé est traité avec un réalisme cruel.

— I. 20-21 : «Opinion d'un compagnon de Dumouriez». — Ce ne doit pas être le titre exact de l'ouvrage, car nous avons cherché celui-ci en vain.

Page 120, 1. 3-4 : ... de gens qui croient que Jésus-Christ était un grand homme ,.. . — Ce passage serait pour faire croire que Baudelaire, à l'heure où il traçait cette ligne, reniait les incertitudes qui, en 1863 (^L'Examen de minuit), l'avaient conduit à qualifier Jésus

De tous les dieux le plus aimable — incertitudes où il semble d'ailleurs être retombé un peu plus tard, car, en 1866, dans le Parnasse contemporain, le même vers reparaîtra avec la variante :

Des Dieux le plus incontestable

3ui n'implique encore qu'une croyance toute relative. — Au sujet es convictions religieuses de Baudelaire dont il est d'ailleurs indéniable qu'il subissait en 1865 l'attirance du catholicisme, il convient de se souvenir de ce qu'il écrivait lui-même à Sainte-Beuve {^COR- RESPONDANCE GÉNÉRALE, t. V, p. 74) :

Un de nos grands amusements, c'est quand il [Poulet-Malassis] s'applique à faire t'atliée, et quand je m'ingénie à faire le jésuite. Vous savez que je peux devenir dévot par contradiction {^surtout ici), de même que, pour me rendre impie, il suffirait de me mettre en contact avec un curé souillon (souillon de corps et d'âme).

— 1. 4-5 : ... la Nature n'enseigne rien que de bon... Cf. L'Art ROMANTIQUE, p. 96 : «La nature ne peut conseiller que le crime», etc. Voyez nos Index au mot Progrès.

— I. 14. : (La pierre mempbite). L'auteur se proposait sans doute d'ironiser à la façon d'Edgar Poe dans la Petite Discussion avec une momie {NOUVELLES HISTOIRES EXTRAORDINAIRES) et s'étonner que l'humanité, dans son incessant progrès, n'eût pas même réussi à retrouver la pierre memphite avec laquelle les médecins de l'antiquité soignaient les plaies et l'cpilepsie.

Quant aux raisons qui avaient pu lui remettre en mémoire ce minéral miraculeux, nous croyons bien les avoir découvertes dans un feuilleton de Mané (Henri de Pêne), paru à l'Indépendance Belge le i" mai 1864. En effet, il y était question de l'arrivée à Paris du dernier roi de Géorgie — un prince Orbeliani lequel, entre autres trésors, possédait la «fameuse pierre bleue sacrée» dont l'apposition était souveraine contre les morsures des reptiles les plus venimeux, et qu'il suffisait, après usage, de plonger dans du lait, pour lui rendre ses couleur et vertu premières.

— 1. 2 1 : Charles Sauvestre. Il avait dirigé jadis La Revue moderne, organe phalanstérien.

— f 190 : Au verso de ce feuillet fi^re, au crayon, le dessin d'une jambe, lequel est peut-être de Baudelaire pour qui (voyez La Fanfarlo, nouvelle jointe dans cette collection aux Paradisarti- FICIELS, p. 266) une belle jambe constituait un des attraits les plus puissants d'une académie féminine.

Page 121, f 191 : Il est dans la Zoologie... Cet extrait du Grelot est ici en copie manuscrite.

— 1. 17 : C'est le Grelot qui dit [...] familièrement Pio nono. — Voir le feuillet 168 (p. 104).

— f 192 : L'original de cette pièce se trouve dans la collection Ancelle ; Baudelaire y a souligné de sa main les mots : L'abbe', . . Dupont, ancien desservant... mort en libre-penseur... et écrit : A ajouter à la collection de vos curiosités. J'ai assisté à l'enterrement de ce misérable. Voyez Correspondance générale, t. V, p. 299-300.

Page 122, 1. 9 : ... notre brave De Buck. La Revue britannicjue , septembre 1864, p. 244-251, a consacré tout un article à cette affaire oii se refléta l'animosité qui dressait alors l'un contre l'autre les partis catholique et libéral. On peut le résumer comme suit :

Le nommé De Buck, dont le passé ne laissait point d'être chargé, — il avait subi plusieurs condamnations soit en Belgique, soit en France sous un faux nom, — était alors poursuivi sur la plainte des Jésuites pour leur avoir adressé des menaces de mort. Mais De Buck : 1° niait formellement avoir écrit la lettre retenue contre lui; 2° faisait valoir de légitimes griefs contre les Jésuites qui avaient capté

l'héritage d'un sien oncle, plusieurs fois millionnaire ; 3° avait racheté les fautes de sa jeunesse par plusieurs actes de dévouement social ; 4° fut défendu devant ses juges par l'ardeur passionnée d'une femme, avec laquelle il avait été fiancé vingt ans auparavant et qui lui avait consene sa tendresse et sa confiance. Le témoignage de cette amie dévouée emporta le verdict : il fut acquitté.

Cette affaire inspira à Veuillot une de ses pages les plus violentes (rappelée dans l'Indépendance belge du 1 1 juin 1864.). Retraçant le mouvement révolutionnaire, il écrivait :

Tout se prépare pour la fête, et elle sera célébrée. Voltaire croira tuer Dieu. Rousseau tuera Voltaire et sera ensuite mangé par quelques chiens que cette viande empoisonnera. On tuera et les chiens mangeront et crèveront.

Veuillot concluait que «la Belgique libérale et révolutionnaire est vraiment hideuse».

— 1. 10 : Chansons et caricatures contre les Jésuites, Voyez nos Eclaircissements sur la page 103, ligne 5. On peut croire que l'exemple de Joseph de Maistre, dont il avait épouse si entièrement la doctrine, fut pour quelque chose dans les sentiments que Baudelaire porta aux Jésuites. Le grand Catholique qui représentait le roi de Sardaigne à Saint-Pétersbourg depuis dix-sept ans, n'avait-il pas préféré renoncer à tous les avantages de sa charge plutôt que d'adopter une attitude complaisante quand le tsar Alexandre bannit de son empire la Société de Jésus ?

Pages 122-123, f 182 : 11 est évident que cette convocation devait venir où nous l'avons placée, puisque l'assemblée qu'elle avait pour objet figure au sommaire du présent chapitre, et non à celui du précédent.

Page 124, L I4.-I5 : Funérailles civiles ^. . .'\ ((multitude des Libres penseurs». Ce passage est à rapprocher d'une lettre que Baudelaire adressait à Catulle Mendès le 3 septembre 1865 et qui a été reproduite dans la CORRESPONDANCE GÉNÉRALE, t. V, p. 145-147. Mendès ayant demandé à notre auteur son concours pour une suite de lectures où il comptait faire entendre cinq ou six poëtes par séance, celui-ci lui répondait :

Le grand danger de votre entreprise, c'est de devenir une foire, une exhibition d'impuissances et de vanités, et de médiocrités. Cinq ou six poètes par soirée ! grand Dieu ! Dans les siècles féconds il j en a dix , peut-être.

Cela me fait penser à une queue d'article à propos de l'enterrement (civil) d'ArmelIini :

— Description minutieuse du catafalque.

— Et puis :

« Derrière suivait L'INNOMBRABLE multitude des libres penseurs. » Or combien y en a-t-il eu depuis les temps historiques ?

— I. 19 : On nous a volé... Nous retrouverons cela au feuillet 196 his (p. 126, I. 3).

— ■ I. 23-24. : L'art utile [...] le protestantisme. Baudelaire les avait en horreur pareillement.

— I. 23-26 : C'est l'éléphant, etc. — Cf. CORRESPONDANCE GÉNÉ- RALE, t. V, p. 300, et dans les Épaves, Sur les Débuts de M"' Amina Boscbetti {Fleurs du Mal, p. 289, v. 2).

— I. 27 : Fouriérisme, Pour le sentiment de notre auteur sur ce système, voyez L'Art romantique , p. 304.

— I. 29-30 : De Fré [...] Persécuteur de M. J. Proudbon. Voyez à son sujet Proudhon, De la Fédération et l'Unité en Italie (Dentu, 1862J, note D, p. 138-14.0. Cette note est entièrement consacrée à Defre, tour à tour catholique, fouriériste, républicain, franc-maçon, rallié, etc. dont elle dénonce les pahnodies et qui y est défini comme suit : «avocat non plaidant malgré son diplôme, vanité ambitieuse, mais d'une portée d'esprit au-dessous du médiocre, politique d'estaminet, pour cela d'autant plus cher à la farocratie bruxelloise». Quant au rôle joué par Defré dans la mésaventure de Proudhon, il avait consisté principalement à prendre au sérieux — bêtise, duplicité ou désir de popularité? — - une phrase ironique du grand publiciste, et, à la faveur du malentendu, à exciter ses concitoyens contre lui par deux pamphlets violents : La Belgique calomniée, Réponse à P. J. Proudbon, et Joseph Boniface à P. J. Proudbon, 2' /^eponve (Bruxelles, 1862). — Le 14. juillet 1864,, Baudelaire écrivait :

Le souvenir de l'aventure Proudhon est encore vivant ici, et j'en parlerai. J'ai rencontré dans le monde (!) le député qui a le plus contribué à cette dégoûtante émeute. (Correspondance générale, t. IV, p. 280.)

Selon M. Maurice Kunel (La Wallonie, 28 avril 194.9), c'est par Stevens et les Collart que Baudelaire avait connu Defré. — - II existe de ce dernier une caricature par Félicien Rops (Erasthène Ramiro, L'œuvre lithographie, n° 127).

Page 125, 1. 9-10 : (Abolition de la peine de mort. Victor Hugo domine comme Courbet. , .) Nous avons mentionné plus haut (p. 333) quelques manifestations dirigées en Belgique contre la peine de mort. Mais cette même campagne se poursuivait par toute l'Europe. En février 1865, un grand meeting abolitionniste s'était tenu à Milan, et, à cette occasion, Victor Hugo avait pubhé deux lettres débordant de sa grandiloquence accoutumée. — Pour Courbet, il n'est pas à notre connaissance qu'il ait pris part à ce débat -là; du moins en avonsnous vainement cherché quelque indice. D'où nous comprenons ce passage comme si Baudelaire entendait : Victor Hugo domine dans l'humanitarisme de même que Courbet dans la peinture réaliste. — Pour le sentiment de notre auteur quant à la peine de mort, sa légi-

ECLAIRCISSEMENTS ET VARIANTES. ^ ^y

timité et ses buts spirituel et matériel, voyez Mon Cœur mis à nu, XII et XIV (t. II, p. 93-94. et 95), et, dans ce tome, au chapitre des projets de Romans, p. 14. En février 1866, la question allait venir devant le sénat belge et entraîner la défaite des abolitionnistes , bien que le ministre de la Justice, M. Bara, se fût déclaré en leur faveur.

— I. 12-13 • ^°"^ tremblez, donc vous êtes [...] coupables... Ce mot est de Robespierre. Baudelaire l'avait déjà cité dans son article sur Les Misérables (20 avril 1862, L'Art ROMANTIQUE, p. 389).

— I. 13-14 : ••• vous êtes intéressés dans la question. Ceci encore se retrouve dans Moii Cœur mis à nu, XIV (t. II, p. 95), ainsi que la descente vers l'animalité à propos de l'mvocation à Satan, XI (p. 93).

— I. 20-2 1 : Ce (lue c'est que le coin des chiens. Dans bon nombre de communes oîi le clergé prédominait, les personnes décédées sans avoir reçu les sacrements étaient enterrées dans une partie du cimetière non bénite. — Le plus plaisant est que ces futurs chiens veulent être enterrés avec les chrétiens. Voyez l'article du Sancho , au feuillet 178 (p. 109).

— I. 2^-26 : ... Le Libre Examen [•••] dont voici des citations... Voyez les feuillets ly^, lyy et 183 (respectivement p. 107, 108 et 113).

Page 126, I. 5 : Danger de s'associer à n'importe quelle bande. Cf. l'Index de la Correspondance générale au mot Solitude. Baudelaire avait une telle horreur des chapelles ou des bandes, et un tel souci d'indépendance, qu'on le vit refuser à Sainte-Beuve lui-même de rentrer à Paris pour y diriger la jeunesse littéraire (lettre 968).

— I. 12-13 • Ceux qui ne croient pas à l'immortalité de leur être... — Sentence citée pareillement dans Mon Cœur mis à nu, XXXI (t. II, p. 109).

— I. 15-16 : Citation du Règlement et des formules de testament des libres penseurs. Voyez feuillets 179-181 (p. iio-iii).

— I. 17 : On dit que Pelletan... C'est d'Eug. Pelletan qu'il s'agit. Baudelaire l'avait peut-être connu ; voyez CORRESPONDANCE GÉNÉ- RALE, t. I, p. 271.

— I. 18-19 • Qi^^^jues discours... Voyez f" 183-186 (p. 113-118).

— I. 23-24 : Le prêche contre l'ivrognerie par un Rédemptoriste ivre. V)yez nos Eclaircissements sur la page 45 , I. 24.

Page 127, I. 3-4 : ... (histoire du prêtre faisant des reproches à Cadart). . . Nous ne savons rien de l'histoire. Il nous paraît simplement probable que Cadart avait dû être l'éditeur ou le dépositaire de cette planche.

— I. 5-6 : Ce clergé est grossier parce que . . , Cf. la lettre à Ancelle du 14, juillet 186^ : «... pour tout dire, il faut avouer que le clergé est très lourd et très grossier. Hélas ! il est flamand. »

— 1. 8-10 : // est défendu... Baudelaire reviendra plusieurs fois sur ces gènes contrariant les pratiques religieuses. Voyez les feuillets 28^ (p. 194,, 1. 12-13) ^'- '^^ ^" (P- '93' ^- ^)- ^^- Victor Hugo, dans France et Belgique (ŒuvRES POSTHU.viES), au cours d'une lettre datée d'Audenarde :

Ils ont en Flandre la sotte habitude de fermer toutes les églises à midi. Passé midi on ne prie plus. Le bon Dieu peut s'occuper d'autre chose. (24 août 1837.)

— I. 2 1-22 : A quel échelon de l'espèce humaine... Voyez la note sur le feuillet 76 (p. 58).

Page 128, f' 18. — Nous avons cru devoir placer ce feuillet ici parce que le texte s'en trouve reproduit à la fin de V Argument du chapitre qui nous occupe.

— I. 5-6 : Brochure révolutionnaire française dont le titre ne me revient pas. Selon toute apparence il s'agissait ici de l'ouvrage du «Compagnon de Dumouriez», puisque le même propos est donné dans l'Argument (p. 119) comme lui appartenant.

— 1. \o : Le Congrès de Malines. C'est du second en date, qui se tint en août-septembre 1864, qu'il s'agit; le premier avait eu lieu l'année

f)récédente. Quelques passages de la Correspondance éclairent un peu es appréciations sommaires qu'on lit ici :

Le Congrès de Malmes a commencé. Cela nous regarde. M. Dupanloup y a produit un grand effet avec son discours sur l'instruction publique. M. Dupanio;ip n'a aucune peine à passer pour un aigle dans un pays tel que celuici. (À Ancelle, 2 septembre 1864.)

C'est moi qui vous ai envoyé quelques livraisons du compte rendu du congrès de Malines. Vous avez vu que le discours de Dupanloup manciuait. H a paru dans une livraison qui m'a échappé [...] Votre fameux père Félix ne m'a pas intéressé. C'est un Cicéron. Le discours du père Hermann m'a paru très remarquable. [Au même, 13 octobre 186.4.)

L'Indépendance belge ne partageait pas l'opinion de Baudelaire sur le Supérieur du couvent des Carmes à Londres ; on y lit à la date des 2 et 3 septembre 1864. :

Cet Israélite converti , dont la bruvante médiocrité musicale et oratoire a été si bruyamment surfaite, et qui étale devant ses nouveaux coreligionnaires son pesant habit de carme déchaussé.

Il y a quelque vingt ans, pianiste sans avenir et compositeur sans éditeur, le jeune Hermann remplissait auprès de Liszt un rôle peu glorieux, il portait les cahiers de musique de son maître.

— I. 17 : De Kerbove. Le V" de Kerctove (i 817-1890) avait prononcé, le jour de l'ouverture du Congrès, un grand discours dont la fanatique intransigeance lui avait valu d'être traité par l' Indépendance beige (31 août 1864.) de «catholique mahométan » , et, le lendemain, de «diplomate musulman».

— 1. 18 : Janmot. Louis — (18 14-1892), peintre de l'Ecole lyonnaise (voyez p. 357). Sans doute avait-il dû à sa ferveur catholique de participer au Congrès de Malines dans la section des Beaux-Arts, comme Van Schaendel, probablement Petrus van Schendel (i 806-1 871), peintre bruxellois qui avait exposé plusieurs fois aux Salons de Paris et auquel Champfleury avait consacré un conte (voyez 1. 1, p. 244-245).

Page 129, f 201. — On s'étonnera peut-être de l'importance attachée par Baudelaire au sieur de Caston, mais c'est qu'il avait eu l'humiliation de voir le Cercle Artistique et le public préférer à ses conférences les tours de ce prestidigitateur que l'Indépendance belge qualifiait «le plus amusant des sorciers modernes» et dont le gouverneur du Brabant honorait les représentations de sa présence. Témoins ces extraits d'un article qui est de Victor Joly, croyons-nous , et qui dut paraître au Sancbo en mai 1 864 :

Baudelaire s'y est révélé [dans ses conférences] comme \in analyste spirituel et fin [. ..] charmante et pittoresque causerie, où le poëte côtoie toujours le penseur et où de piquantes anecdotes viennent rehausser, par leur saveur un peu épicée, la grandeur et la sévérité du fond[. ..] les esprits délicats chercheraient en vain une heure de distraction plus charmante et plus honnête. . .

Le Cercle Artistique, qui fait grandement les choses, a, nous ne savons pourouoi, trouvé dix fois plus de mérite à M. Caston, le prestidigitateur, qu'à Baudelaire. Ceci est une question de chiffres qui a sa pudeur, et dont Baudelaire nous reprochera sans doute d'avoir trahi le mystère. Mais nous tenons à laisser à chacun le mérite de ses œuvres, et il est bon de savoir

3u'il y a à Bruxelles une société qui s'appelle le Cercle Artistique et auprès e laquelle un faiseur de tours de cartes vaut dix poëtes.

Ajoutons que les lecteurs curieux de la carrière d'Alfred de Caston (qui faisait figurer sur sa carte sa qualité d'« ancien élève de l'Ecole polytechnique») trouveront d'abondants renseignements dans Le Boulevard du 17 mai 1863 (article de Méry accompagné d'un portrait) et dans les Petits Mémoires littéraires de Charles Monselet ; puis encore

?[ue Baudelaire semble bien avoir médité de le brocarder ; car sur un èuillet de sa main, qui appartient à la collection Doucet, on ht, parmi des titres de nouvelles ou de poèmes en prose : Supplice par la prestidigitation,

— Flatteur comme Nadar ! Lors de l'ascension du Géant, à Bruxelles (septembre 1864), Nadar s'étant mis en retard, le Roi avait failli attendre, ce dont la cour se serait volontiers scandalisée. Mais le sou-

34o NOTES ET ECLAIRCISSEMENTS.

verain, bien que très attaché à l'étiquette, avait gardé vis-à-vis du hardi aéronaute, la plus gracieuse attitude. Publiant le récit de son ascension quelques semaines plus tard dans l'Indépendance belge (29 septembre, Le Géant en Belgique, suite aux Mémoires du «Géant»), Nadar s'était souvenu de cette courtoisie et, en dépit de sa flamme républicaine, avait tenu à la souligner au cours de la lettre ouverte à M. Bérardi placée en tête de son récit. C'est sans doute à cela que faisait allusion l'apostrophe de Baudelaire... qui lui-même aussi bien ne s'était pas montré moins «flatteur» à l'égard des Belges à son arrivée à Bruxelles (voyez dans L'Art ROMANTIQUE , p. ^4.0-4.4,2 , l'exorde de sa Conférence sur Eugène Delacroix).

— M. Robert- Houdin... Cf. Fusées, VII (t. II, p. 60).

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