CHAPITRE
Page 153, I. 7 : ... un Roi philosophe. Joseph II, nommé au feuilet 229 (p. 155).
— 1. 10- II : Un Roi constitutionnel est un automate en hôtel garni. — Cette définition sera reprise dans une pièce des AmŒNITATES Belgic^E, Epitapbe pour Le'opold I" (p. 22^).
— 1. 13-14- : Les constitutions ionî c/u papier. — Ceci se retrouve au feuillet 340 (p. 60). Cf. la lettre à Ancelle, CORRESPONDANCE
GÉNÉRALE, t. IV, p. 3 20 :
Les constitutions [•..] ne signifient rien chez un peuple qui ne veut pas et ne peut pas sen servir.
Page 154, 1. 13 : La tyrannie des faibles. Cette expression que nous retrouverons au feuillet 310 (p. 209) appartenait à Alph. Kair auquel Baudelaire, dans sa lettre à Ancelle, du 9 août 1863, mentionnait l'avoir empruntée.
Ce feuillet 226, dans la seconde partie de sa teneur, a plus rapport au chapitre 21 qu'à celui qui nous occupe; voyez p. 160, 1. 1-3.
Page 155, 1. 8-9 : . . . la loi du 8 septembre 18 ^ç. Elle était relative à la modification et au déplacement des fortifications d'Anvers ; voyez le chapitre précédent.
— 1. 18-23 : La Révolution brabançonne et la Révolution française [.. .1 Malentendu. Joseph II était plus près de nous. On sait que le Brabant avait secoué le joug autrichien en 1789, et qu'après quelques batailles où la fortune changea de camp (Jemmapes, Meerwinden , Fleurus), Bruxelles, occupée par Dumouriez en 1792, était devenue et devait rester jusqu'en 18 14 le chef-lieu d'un nouveau département français, la Dyle.
Page 156, 1. 7-8 : Le suffrage universel la mettrait à la merci des prêtres. C est pourquoi les libéraux n'en veulent pas. Le programme de M. Dechamps, homme de droite, avait comporté un abaissement du cens. Quant aux libéraux, ils voulaient asseoir la capacité électorale tant sur le maintien du cens que sur un minimum d'instruction (savoir hre et écrire).
— I. 24-2^ : A Mexico il y aura du gigot. Promesse formulée sans doute dans quelque affiche ayant rapport au recrutement de soldats belges pour l'expédition du Mexique. Nous ne l'avons pas retrouvée dans l'ouvrage du Capitaine Loiseau : Le Mexique et la Légion belge (1864-1867), Bruxelles, J. de Cocq, 1870, non plus qu'aucune allusion à l'âge des recrues ayant pris part à la bataille de Castelfidardo, dont il sera question au feuillet 24.5, p. 166. Mais nous y lisons :
lis avaient cru, les braves enfants, ne devoir parcourir que des routes bordées d'orangers et qu'il suffirait d'étendre la main pour cueillir les fruits les plus savoureux; l'imagination leur avait fait entrevoir de gracieuses Indiennes, venant, comme la Samaritaine, leur présenter des cruches plemes d'une eau pure comme le cristal. Dans leurs rêves, ils avaient entrevu des nègres et des métis Iiospitaliers leur montrant des hamacs suspendus sous de frais berceaux.
Cet extrait permet de reconstituer le «climat» où naquit l'illusion du «gigot à Mexico». (Renseignements fournis par M. Alb. Kies.)
— f 233 : Josse Sacré. Cet imprimeur vendait aussi des livres et des gravures, commerce qui avait dû lui valoir mainte visite de notre auteur. Rops avait fait sa caricature sous laquelle on lisait :
Etranglant tour à tour dans ses doigts judaïques oysteme décimal et préjuges gênants.
Le fin JossE Sacré sait, des livres antiques, Faire aujourd'hui pas mal de francs.
Et la Petite Revue (livraison du 3 juin 1865) avait reproduit de lui un prospectus où il vantait en un de ses ouvrages «le résultat de trente années de fouilles dans les plis de l'humanité».
Page 157, I. 4 : La majorité' a une voix en plus. Voyez la note sur la page 135, !• 27. Cette situation avait entraîné la dissolution de la Chambre (juillet 1864) et rendu quelque espoir aux adversaires du gouvernement. Mais de cette lutte le cabinet libéral à la tête duquel se trouvait Charles Rogier allait sortir raffermi. Baudelaire dont les vœux allaient évidemment au triomphe des cléricaux , écrivait à Ancelle le 14 juillet :
Vous savez probablement dans quelle situation extraordinaire se trouvent la Chambre et le Ministère. J'espérais des coups de fusil et des barricades. Mais ce peuple est trop bête pour se battre pour des idées. S'il s'agissait du rencLérissement de la bière, ce serait différent. [Correspondance générale, t. IV, p. 279).
Et à M"* Aupick, le 8 août suivant :
Depuis le ii juillet, il y a ici une grande agitation. La Chambre est dissoute, et l'on prépare les élections. C'est un spectacle hideux. Les ouvriers de Pans sont des princes à côté des princes de ce pays [...].
J'espérais quelques coups de fusil dans la rue. Mais c'était là une idée de Français. Ce peuple ne se battrait, je crois, que si le prix du faro ou des pommes de terre augmentait. (Ihid., p. 289).
— 1. 5 : On a raccolé. . . Orthographe dont E. Littré regrette qu'elle ne soit pas adoptée. — ... les malades. Voyez p. 100, f 160.
— I. 20 : Me'tapbores militaires. Cf. Mon Conir mis à nu, XXIII (t. II, p. 102-103), et le feuillet 237 (p. 1^8, 1. 11-12).
Page 158, 1. 4 : Portrait de Bocbart. Probablement Eug. Bochart, auteur de plusieurs essais ou discours sur le suffrage universel.
— 1. 1 0 : Beau langagier. — Mot usité surtout aux XV' et XVI' siècles (Froissard, Villon, Montaigne, etc.). Voyez p. 130, I. 21.
— 1. 16-17 : ... candidature Lacroix. — Portrait de Lacroix. C'est d'AIb. Lacroix, l'éditeur associé de Verboeckhoven , qu'il s'agit ici, de cet «infâme» Lacroix dont l'approche avait été un des buts de la venue de Baudelaire en Belgique et duquel nous avons déjà vu (p. 98, f' 156) qu'il avait envisagé de se venger après l'insuccès de ses avances. Déjà conseiller municipal de Bruxelles, Alb. Lacroix briguait maintenant un mandat à la Cnambre des Représentants. Une lettre à M°" Aupick (8 août 1864), celle-là même à laquelle nous venonr de faire un emprunt, relate aussi bien le meeting ici mentionné :
Malgré mon dégoût, j'ai assisté à plusieurs réunions électorales. J'ai eu la joie de voir crouler la candidature de M. Lacroix, dans un club où il a été insulté à la flamande, c'est tout dire, pendant trois heures. J'ai eu la bassesse
^i6 NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS.
de mêler mes huées à celles de ses adversaires. C'est donc enviable d'être député, c'est donc bien glorieux, puisque l'on consent à avaler de telles couleuvres !
On peut croire, d'après ce passage, que le portrait de Lacroix n'eût pas été flatteur. D'autant qu'un peu plus tard (lettre à Michel Lévy, 15 février 1865), la maison Lacroix- Verboecknoven , en commandant à M"° Judith une traduction dont Baudelaire lui avait donné l'idée, allait ajouter aux grieFs de celui-ci.
— 1. 20 : Congrès de Liège. C'est en octobre 1865 qu'il s'était tenu. Duruy, Guizot, Thiers, Victor Hugo, Jules Simon, Littré y avaient été invités. Il avait donné lieu, taut-il le dire, à des manifestations violentes contre le cléricalisme. On peut se faire une idée de celles-ci, aussi bien, par le compte rendu du «Meeting républicain» qui occupe dans notre ms. les feuillets 222-223 (P- H^ ^^*ï*) ^^ ^^ l'on voit des étudiants, qui revenaient du Congrès, prendre la parole.
— I. 2y : Toast à Eve. C'est sans doute celui que portait le citoyen Sibrac au feuillet 223 (p. 1^8, 1. 32). Caïn y avait-il été associé? Le compte rendu ne le dit pas. 11 est savoureux de voir ce toast relevé par le pocte d'Abel et Caïn. Baudelaire avait-il oublié qu'aux yeux des Romantiques, Caïn, comme Satan et Prométhée, incarnait les droits , — mieux , les devoirs sacrés de la Révolte ?