CHAPITRE
Page 187, 1. 1I-I2 : Dans la Belgique, toujours en retard... Nous avons déjà lu cela dans le Sommaire du chapitre 19 (p. 130).
Page 188, I. 8-9 : Lucas Faijdberbe et i accrues Franquaçrt. Architectes et sculpteurs auxquels on doit notamment l'éghse du Béguinage, à Mahncs.
— I. 10-11 : Opinion de Victor Joly sur Caberger, dérivant toujours de Victor Hugo. Cf. p. 192, f 282.
Page 189, 1. II- 12 : Le Clergé, lourd, grossier... Cf. p. 127, f 199.
Page 190, I. 3-4. : Un pot et un cavalier sur un toit . . . Les pots sur les toits abondent à Bruxelles. Le cavaher, allusion à la statue de Charles de Lorraine qu'on retrouvera au feuillet 280 (p. 191) et dont FéHx Bovie avait mis en chanson les déplacements.
— I. 7-8 : Sur un clocher byzantin, une cloche... M. Alb. Kies nous souffle qu'il pourrait bien s'agir ici de l'église des Riches Claires, à Bruxelles , mais ajoute que les clochers bulbeux sont très répandus dans le Brabant et dans la vallée de la Meuse.
Page 191, I. 2-3 : Avant le bombardement de Villeroi... En 1695. La Grand-Place avait beaucoup souffert, mais avait été bientôt relevée de ses ruines.
— I. 6 : . . . l'arrière d'un navire... Il s'agit de la fameuse Maison des Bateliers.
— 1- 7 : Victor Hugo... Cf. f 282 (p. 192, 1. 20).
— 1. 8 : (Voir Dubois et Wauters). Nous pensons qu'il faut entendre : consulter Louis Dubois, le peintre ami de Rops et de Poulet-Malassis , et voir dans l'ouvrage de Henné et Wauters , Histoire de la Ville de Bruxelles , 3 vol. ( 1 84.3 ).
— 1. 9 : Le quai aux barques. Nous le retrouverons au feuillet 294 (p. iç8).
Pages 191-192, f" 280-281 : Ces feuillets qui ont trait à la Grand-Place et dont la teneur a été manifestement tirée des ouvrages qui s'y trouvent mentionnés in fine, ne sont pas de l'écriture de Baudelaire. — Pour les ouvrages mentionnés : Schayes (A.-G.-B.), ± vol. in-i2 (1849-1850); Wauters (A.-G.-Gh.), 3 vol. in-8" (1843). — Maison Billen : il s'agit de la Maison des Ducs de Brabant qui a été
morcelée en plusieurs habitations; le n° 17, maison du Pot d'étain, reconnaissable à son enseigne, était habité en 1865 par J. Billen, directeur de ventes pubhques. (Renseignement dû à M. Alb. Kies.)
Page 192, 1. 16-18 : L'existence de Caberger [...] rn'a été révélée .. , Le Magasin pittoresque avait en enet consacré un article à Cœberg?)er en janvier 1865 (t. XXXIII, p. 43), rappelant qu'on devait à cet artiste les plans des églises du Béguinage, des Carmélites et des Augustins à Bruxelles ainsi que des Augustins à Anvers çt de N.-D. de Montaigu (anciennement de Louvain), vantant aussi son pinceau par lequel il s'apparentait au Dominique et au Guide. Cet article était illustré d'un portrait de Cœbergher (i 560-1 622), dessin de Chevignard d'après Van Dyck.
— 1. 20 : V, Joly en est resté à Notre-Dame de Paris. Dans le ms. les deux mots ici en romain sont seuls soulignés, mais il faut certainement entendre le roman de Victor Hugo, car on a vu Baudelaire écrire dans l'Argument : «Opinion de Victor Joly sur Cœberger, dérivant toujours de Victor Hugo.» — CF. P 303 (p. 205, I. 30-34.).
Page 193, 1. 3-4 : Honneurs enfantins rendus au Seigneur, Ceci se retrouvera, paraphrasé, à propos de Malines, au feuillet 298 (p. 201 ).
— f 186 bis : Nous l'avons intercalé ici d'abord parce qu'il apporte la description d'une procession et que le feuillet 28-}. commence par ces mots : « Une deuxième procession » , et puis parce qu'il avait dû se trouver déclassé avant de prendre place dans le recueil relié, car on y lit, de la main d'Eugène Crépet, l'indication numérale : 180, suivie d'un point d'interrogation.
— - 1. 7 : Que devient l'argent perçu sur les touristes ? Cette même question avait déjà été posée au feuillet 199 (d. 127) et reparaîtra dans l'Argument comme dans le Sommaire, au chapitre 28.
— 1. II : Mot de Delacroix sur les drapeaux. Nous ne l'avons pas retrouvé. Peut-être s'agissait-il d'un mot recueilli au cours d'un entretien.
— 1. 22-23 • ••■ û propos du miracle des hosties poignardées. Il s'agit du miracle de Louvain, commémoré dans les vitraux de la Collégiale Sainte-Gudule dont il sera question au feuillet 285 (p. ig-j-), miracle qui a été rapporté comme suit :
En 1369, un jeune homme qu'employait l'église Samte-Cathenne et que poussait le désir d'argent, avant réussi à s'emparer d'hosties consacrées, les vendit à un riche Juif d'Enghien. Le Juif les emporta à la synagogue et les étala devant ses coreligionnaires. Ceux-ci tirèrent leurs poignards et en
fiercèrent les hosties. Mais aussitôt le sang jaillit des saintes espèces, attestant a présence réelle. Alors, épouvantés, les profanateurs s'enfuirent. Mais une Juive qui avait assisté au sacrifice, s'étant sentie touchée de la grâce, recueil-
ÉCLAIRCISSEMENTS ET VARIANTES. ^Ôy
lit avec respect les hosties, et les porta à l'évêque de Cologne, en lui demandant le baptême.
Pendant ce temps, le larcin avait été découvert, que son auteur, pris de remords, avait avoué. La foule fit irruption chez le Juif et le massacra. Ses complices furent envoyés au bûcher.
Les hosties miraculeuses devinrent alors l'objet d'une vénération réparatrice. Quelques-unes ayant été apportées à Bruxelles, on les plaça dans un reliquaire d'or constellé de diamants, en forme de croix, qui existe encore dans le trésor de Sainte-Gudule, et, en 1534, pour les glorifier, Charles- Quint faisait bâtir, dans la Collégiale, la Chapelle du Saint-Sacrement du Miracle. Quatre immenses verrières, dessinées par Bernard Van Orley et Michel Coxie, retracent les divers épisodes de ce saint événement. (Note de M. Christian Delesalle. )
Page 194, I. 12-15 : Toujours les églises fermées [...] Impôt sur les touristes. Voyez la note sur la page 193, I. 7.
— I. 21 : Allan Kardec. Il venait de publier Le livre des médiums, L'Imitation de l'Evangile selon le spiritisme (186^).
— f 287 : Dans un feuillet détaché du ms., que M"" Ronald Davis a bien voulu nous communiquer, on voit notre auteur se recommander de «lire un livre sur l'architecture des Jésuites, et un livre sur le rôle politique et éducateur des Jésuites en Flandre».
Page 195, 1. 5-8 : Les échecs [...] Collège de Lyon. Plus loin (f 295, p. 202), nous verrons l'auteur définir le style Jésuitique : «Salmigondis , jeu d'échecs », et préciser aussi ( f ' 301, p. 203 ) que ce style-là lui rappelle le collège de Lyon (où il avait été pensionnaire de 1832 à 1836).
— I. 9 : Le boudoir de la Religion. Cf. les «Notes de voyage en Belgique et en Hollande» de Taine (Revue de Paris, 15 juin 1895, p. 677) :
Toute chose jésuitique a un fond riant de commande, c'est la religion caressante [•.•] La religion est devenue joujou.
— 1. 2 0-2 1 : Pierres tumulaires. Sculptures funèbres appendues aux colonnes (J. B. Rousseau). Mort à Bruxelles en 1741, on sait que J.-B. Rousseau a son tombeau à N.-D. des Victoires, en cette ville. Il y a de plus une dalle en marbre noir portant que ses restes y iurcnt transférés de l'ancienne église des Petits-Carmes et un buste en marbre blanc dont l'abbé Hyacinthe de Bruyn, dans son Trésor artistique des Eglises de Bruxelles (Louvain, 1882), a écrit que c'est bien «le plus atroce, le plus mou et le plus insignifiant» que l'art statuaire ait jamais produit. (Renseignement dû à M. Albert Kies.)
Page 196, 1. 1-2 : C'est ce qu'un photographe de mes amis appelle J. C. faisant le trapèze. Baudelaire a eu au moins trois amis qui comptaient
au nombre des photographes éminents de leur temps : Nadar, Carjat et Neyt, ce dernier étaoli à Bruxelles. Mais le mot cité ressemble si fort à l'esprit gamin que Nadar conserva jusqu'à sa mort — et il mourut à tout près de quatre-vingt-dix ans — que l'attribution ne nous en semble guère faire question.
— 1. .^-6 : Eglises Jésuitiques [..•] impressions de livres à estampes. Les miracles du Diacre Paris (Jansénisme, prenons garde). II semble, d'après ces lignes, que Baudelaire avait dû avoir sous les yeux quelque ouvrage illustré où les miracles en question se trouvaient évoqués dans un décor du style jésuitique. En tout cas il est bien curieux de le voir marquer ici, rien qu'à les rappeler, la même crainte précautionneuse qu'il laissait deviner à la fin de Quelques Caricaturistes étrangers [CUHIOSITÉS ESTHÉTIQUES , p. 4.4.^-^^46 j quand il parlait de r« espèce de mvstère», I'h espèce de grâce spéciale et satanique» qui hantait les compositions de Brueghel le Drôle. On dirait de quelque novice qui redoute de se laisser entraîner au péché, ou d'y induire le prochain.
— I. 19-29 : Nuestra Senora de la Soledad [. ..] Diadème [..•] Auréole [...] Terrible couleur, terrible style espagnols. (De Quincey. . .). Est-il utile de mentionner combien le poète de : A une madone (Les Fleurs du Mal, p. 94-95) devait goûter cette statue-là? — Voyez aussi Les Paradis ARTIFICIEU , Visions d'Oxford, p. 181-187, et la note de Jacques Crépet dans le Mercure de France du i-v-1940,
— I. 30-33 : Un squelette blanc se penchant hors d'une tombe de marbre noir suspendue au mur. (Plus étonnant que celui de Saint-Nicolas du Cbardonrut.) Il s'agit du tombeau du chevalier d'Howyne. Ce tombeau, de style baroque, est apposé au mur et le squelette sort pour ainsi dire ^e la pierre , comme quelqu'un qui se pencherait à la tenétre. — Quant au squelette de Saint-Nicolas du Chardonnet, il faut entendre la figure de la mère de Charles Lebrun réduite à l'état de squelette ; jadis attribué à Tubi et Collignon, ce monument l'est aujourd'hui au seul Collignon qui l'aurait exécuté d'après les dessins de Lebrun.