GÉNÉRALITÉS
Recueil de 23 épigrammes dont 10 parues (ou reproduites) pour la première fois comme suit :
1 : f Venus bel^aj dans le Nouveau Parnasse Satyrique de 1866 ;
2 : Opinion de M. Hetzel, i" strophe -f- Les Belges et la Lune -\- Venus Belga dans les Souvenirs- Correspondances ( 1872) ;
6 : La propreté des demoiselles belges , Une eau salutaire (les 2 premières strophes), Un nom de bon augure, Epitapbe pour l'atelier de M. Rops, L'Esprit conforme [II], La Civilisation belge, -\- les trois pièces précédentes dont l'Opinion de M. Hetzel grossie de sa 2' strophe, dans le Nouveau Parnasse Satyrique de 1 88 1 ;
I : L'Amateur des Beaux-Arts en Belgique, ainsi que la 4.° strophe d'Une eau salutaire, dans Le Figaro du 12 décembre 1925, les 13 autres demeurées inédites jusqu'en 192^, voir plus loin.
Les Amanitates , on l'a dit p. 272 , étaient destinées à illustrer Pauvre Belgique, comme les Bouffonneries et les Cocasseries.
Quelques-unes d'entre elles avaient été proposées à Catulle Mendès pour Le Parnasse contemporain , comme il appert du n° 974 de la COR- RESPONDANCE GÉNÉRALE (t. V, p. 232-233). Mais finalement Baudelaire avait écarté leur publication , en craignant l'efFet à Bruxelles où il se savait «déjà mal vu».
On a cru longtemps que les Amanitates avaient été imprimées dans leur totalité dès 1866. Albert de la Fizelière et Georges Decaux, dans leur Charles Baudelaire bibhographique (Paris, 1868), p. 62, n" 119, l'ont attesté :
Am<enitates belgicvE, auctore C. B.
S. n. d'imp. , s. I. n. d. (Bruxelles, février 1866), in -8° couronne de 36 pages''', tiré à 10 exemplaires : sept sur papier vergé de Hollande, deux sur papier de Cliine, un sur peau vélin.
Recueil de seize épigrammes ^^' sur la Belgique et les Belges, auquel est empruntée la Vénus Belga du Nouveau Parnasse satirique.
''"^' Dans la description suivante il ne s'agira plus que de seize pages. Et pourquoi seize épigrammes quand le recueil autograpKe en contient vingttrois ; Faut-il croire à une erreur intentionnelle ou à un choix ?
A MŒNITA TES BELGICy€.. GÉNÉRALITÉS . 387
La maladie de Baudelaire étant survenue pendant le tirage, l'éditeur crut devoir détruire l'édition, — si on peut appeler ainsi un tirage fait à ce nombre infinitésimal ; — l'exemplaire sur papier vélin subsiste seul.
Note communiquée par Aug. Poulet-Malassis.
Même assertion dans le Charles Baudelaire, Souvenirs - Correspondances.. . (Pincebourde, 1872), p. 184-185 et 191 , où, après la mention :
Amcenitates belgiC/€. — Brochure signée C. B., 1866. Détruite avant publication.
on lit la rectification suivante, à l'adresse du V" de Spoelberch de Lovenjoul , auteur anonyme de la Bibliographie apportée par cet ouvrage : Le recueil d'Amœnitates belgica (in-8° de 16 p.) n'a pas été détruit jusqu'au dernier exemplaire, comme le suppose notre collaborateur. Il en est resté un sur peau de vélin , auquel nous avons pu emprunter trois épigrammes pour notre appendice'''. Les autographes existent d'ailleurs en double, entre les mains de M. P.-Malassis et de M. Charles Asselineau.
Antoine Laporte, dans son Histoire littéraire du dix-neuvième siècle (Paris, 1884.), tome I, était même allé plus loin que ses devanciers, écrivant des Amanitates qu'elles constituaient «une brochure très rare».
Mais, en 1886, la découverte d'une note manuscrite de Poulet- Malassis sur une feuille de garde du recueil autographe, réduisait à néant toutes ces assertions circonstanciées auxquelles croyait encore néanmoins Maurice Tourneux en 1893 {Auguste Poulet-Malassis, notes et souvenirs intimes, aux Bureaux de l'Artiste). Cette note était ainsi conçue :
Amœnitates BELGiCyE, épigrammes contre la Belgique, inédites moins Venus belga, imprimé dans le Nouveau Parnasse Satyrique du X/x' siècle , 1866, et dans le livre Charles Baudelaire ; Souvenirs-Correspondances , 1872.
Et V Opinion de M. Hetzel sur le faro, et les Belges et la Lune, imprimés dans ce dernier volume.
20 pièces autographes.
Ce recueil n'a jamais été imprimé : bien que j'aie dit le contraire dans le livre Charles Baudelaire (p. 184). C'était pour faire de la peine au bibliophile belge le vicomte de Spœlberg [sic'], et lui faire désirer, en vain, ma
vente après décès. r> »«
Nous n'insisterons pas sur cette farce d'un goût douteux , dont le scoliaste belge avait d'autant plus le droit de s'offusquer que c'est lui, nous l'avons dit, qui avait établi la Bibliographie du «Pincebourde» et que les notes rectifiant son texte y avaient été introduites sans qu'on l'eût consulté. Aussi l'a-t-il relevée comme il convenait dans ses Lundis d'un Chercheur (Calmann-Lévy, 1894, p. 289-294), en réimprimant et complétant son travail. Retenons seulement ici que, de l'aveu de Poulet-Malassis lui-même, il résulte en toute netteté que l'impression
>'' Voyez page précédente.
des Amanitates en 1866 comme l'existence d'un exemplaire de cet ouvrage sur peau de vélin appartiennent à la légende. Ce qui est vrai seulement, c'est que le recueil manuscrit était resté aux mains de Poulet-Malassis. On le trouve mentionné dans le catalogue de sa vente après décès (J. Baur, 1878), aux Autographes , sous le numéro 7 :
Amcmitates belgkœ, 20 pièces de vers autographes''', 20 p, in-8°, reliées en I vol. in-8°.
Curieux recueil d'épigrammes contre la Belgique, inédit, sauf trois pièces. Voici quelcjues-uns des titres...
On le retrouve au catalogue de la vente J. Noilly ( 13-20 mars 1886) sous le numéro 511:
... m-8°, cart. dos de percaline brune. Vingt-trois pièces de vers inédites sauf trois'*'. Voici les titres [.••] Ce curieux volume provient de la vente Poulet-Malassis qui y a écrit la note suivante...
(C'est à la faveur de cette vente que l'existence de la note de Poulet-Malassis fut révélée. )
Puis le recueil, qui avait été acquis sous le nom d'un M. Martin dont nous ne savons rien, sinon qu'il ne s'identifiait pas avec le regretté commandant Emmanuel Martin, bien connu des Baudelairiens, — disparut totalement, à telle enseigne que vingt ans plus tard, quand nous préparions les Œuvres Posthumes, nous ne réussîmes pas, malgré une demande de renseignements insérée dans V Intermédiaire des Chercheurs (10 décembre 1907), à en retrouver la trace, — non plus d'ailleurs que celle du double qui, aux termes de la note du «Pincebourde», aurait été aux mains d'Asselineau.
11 reparut en 1923, sous le numéro 238 du Catalogue de la Bibliothèque de M. Georges-Emmanuel Lang (Giraud-Badin), annoncé dans les mêmes termes qu'au catalogue de la vente Noilly. On devine l'émoi des bibliophiles et l'on se rappelle l'ardeur des enchères . . . Finalement il fut adjugé à M. Ronald Davis pour 13.200 francs, plus les frais. En 1878 il avait «fait» 14.5 francs, et 165 francs en 1886.
Voici à son sujet quelques précisions complémentaires que nous tirons soit d'un article très documenté de Pierre Dufay : Baudelaire à la salle des ventes (m Mercure de France, 15-IV-1926), soit de V Introduction dont le même érudit allait accompagner son éclition des Amanitates de laquelle nous parlerons bientôt :
Plaquette [...] formée de 18 feuillets de papier écolier, 166x266 mill. y compris 2 Ù. blancs, tant au commencement qu'à la fin. Au recto des 14 autres et sur un verso, contenant la variante de six vers, sont légèrement
C Pourquoi 20 ? Sans doute parce que l'auteur du catalogue n'avait tenu compte que des inédites.
'*' C'est cela qu'il faut retenir. Dans le catalogue Noilly l'énoncé des pièces ne suit pas l'ordre où elles se présentent dans le manuscrit et montre quelques coquilles.
AMŒNITATES B£LGICy£. GÉNÉRALITÉS. 389
collés les autographes de Baudelaire, écrits, tantôt sur papier bulle, tantôt sur papier à lettres, blanc et quelquefois bleuté [•..] Cartonnage à la Bradel, 1/2 toile brune ,[•.•] Titre imprimé en long sur une pièce de cuir rouge : Ch. Baudelaire. Epigrammes. Manuscrit autographe.
Au milieu du plat intérieur, l'ex-Iibris de Poulet-Malassis : un livre ouvert, entouré des lettres A. P. M. formant un triangle équilatéral, légende : Je l'ai!
Au-dessus, monogramme doré de J. Noilly, J. N. entrelacés sur fond rouge, attestant les noms des deux premiers propriétaires du recueil.
Ajoutons que depuis 1925 l'ex-Iibris de feu M. Ronald Davis a rejoint, sur le plat intérieur, ceux de PouIet-Malassis et de J. Noilly, et que la distribution des epigrammes dans la plaquette se présente dans l'ordre où nous les avons reproduites.
Les vacations de la vente Georges-Emmanuel Lang avaient eu lieu les 16 et 17 décembre 1925. Le 28 du même mois, sous deux numéros consécutifs (3987 et 3988), deux éditions étaient déclarées au Dépôt légal :
a) Charles Baudelaire |[ Amcenitates Belgic^ ]| Epigrammes |J publiées par François Montel || Paris || Éditions Excelsior. . . MCMXXV
In-8° carré non paginé, couv. crème, imp. en noir et en rouge (le titre en noir), 64. p. dont 10 pour l'Introduction, 40 pour le texte des pièces données en belle page, 4 pour l'Appendice bibliographique. — Achevé d'imprimer en date du 19 décembre 1925.
Tirage à 200, dont 35 sur Japon et 165 sur Hollande, plus 18 hors commerce (non mentionnés à la justification) sur alfa teinté, couverture bleue imp. en noir. — Procès-verbal de mise en vente ajouté sur feuille libre.
b) Charles Baudelaire || Amcenitates || Belgic^ || Manuscrit inédit [| publié avec mtroduction par || Pierre Dufay || J. Fort, éditeur || Paris II 1925.
Gr. in-8° de 36 p. dont 16 n. ch. (1-8 + 29-36). Couv. rempliée blanccrème, tirée en rouge et en noir, comme le titre. 2 f. t. Introd. de 5 p. (9-14). Les poëmes à la suite (17-28). Table (29, n. ch. ). Achevé d'imprimer et mention de dépôt à la date (contredite par le timbre de Régie) du 24. déc. 1925. Tirage à 510 ex.
Or M. Monlel tenait de M. Georges-Emmanuel Lang une autorisation régulière de publier le manuscrit, tandis que M. Dufay n'avait été admis qu'à le copier. De plus M. Fort présentait sa publication comme une édition princeps , alors qu'elle avait paru postérieurement à l'autre, et il n'avait pas craint, pour appuyer ses prétentions, de faire imprimer à la dernière page de sa plaquette une mention de dépôt antid^atée. S'estimant lésé, M. Ventura Garcia Calderon , propriétaire des Editions Excelsior, intentait aussitôt deux actions contre ses concurrents, l'une en contrefaçon contre MM. Dufay et Jean Fort, —
M. Ronald Davis s'y était joint, — l'autre en concurrence déloyale contre M. Fort seulement.
Ce procès, dans le détail duquel nous ne saunons entrer ici, fit du bruit'*', d'autant qu'il opposait deux avocats en renom, M° Vidal- Naquet pour les demandeurs, M' Maurice Garçon pour les défendeurs'^', et que l'interprétation du fameux décret du i" germinal an XIII venait en jeu ^^' , question qui ne s'était pas posée depuis l'affaire du Général-duc de Saint-Simon et Hachette contre Barba, vieille de quelque soixante-dix ans ( i8j6). Des 23 pièces réunies dans le recueil des Amanitates Belgicœ , dix, on l'a vu p. 386, n'étaient plus inédites. Dès lors leur réimpression avec les treize nouvelles n'avait-elle pas eu pour elfet de faire tomber pareillement celles-ci dans le domaine public, auquel cas l'action en contrefaçon ne tiendrait pas, ou, au contraire, dirait-on que les Amœnitares forment un ensemble, que de ce fait l'adjonction des fragments anciens s'imposait aux publicateurs des fragments nouveaux, et conséquemment n'avait pu détruire le droit exclusif que la loi leur accorde? La bataille fut chaude. Bien que dans ses conclusions le substitut, M. Raisin-Dadre, eût soutenu la seconde de ces thèses '*', le tribunal, tout en sanctionnant par la condamnation de M. Fort l'action en concurrence déloyale, avait adopté la première. Mais la Cour d'appel infirma le jugement (arrêt du 13 février 1930) avec des attendus très sévères et prononça en outre la confiscation des exemplaires saisis.
Il suit de là : d'abord que c'est l'édition Excelsior qui doit être réputée la véritable édition originale bien que l'autre soit peut-être plus rare ; et puis que les treize pièces qu'elle a apportées, — quatorze si l'on y joint L Amateur des Beaux-Arts... — ne sont pas dans le domaine
''' Voir l'article de M. Marcel Coulon, Mercure de France, 1-111-1927.
''I On trouvera la plaidoirie de M° Maurice Garçon dans la Gazette du Palais, 1"' février 1927; sous le titre de : En marée des Fleurs du Mal, elle a d'ailleurs fait l'objet d'une plaquette dans la coiTection des Marges Judiciaires, n° 3 (imp. en noir sur papier rou^e, tirée à 150 ex.). Elle a de plus été reproduite dans la Revue des grands procès contemporains (année 1930) où l'a rejointe en mai 1932 celle de M° Vidal-Naquet.
On tro ivera aussi un résumé de toute l'afFaire dans le Bulletin de la Société des Gens de Lettres, mars 1930.
l'i II dispose que : n Les propriétaires par succession ou à autre titre d'un ouvrage posthume, ont les mêmes droits que l'auteur, et les dispositions des lois sur la propriété exclusive des auteurs et sur sa durée leur sont applicables, toutefois à la charge d'imprimer séparément les œuvres posthumes et sans les joindre à une nouvelle édition des ouvrages déjà parus et devenus propriété publique, n
''■' Les conclusions de M. Raisin-Dadre, suivies du jugement du Tribunal civil de la Seine (22 décembre 1926), ont été publiées, pour leurs parties essentielles, dans Le Droit d'auteur, revue du Bureau international de l'Union pour la protection des œuvres littéraires et artistiques, livraison du 15 février 1927.
AMŒENITATES B£LGICy£. GENERALITES. 39 I
public; — ,et enfin que c'est à la gracieuse autorisation de feu Fr. Montel et des Editions Excelsior que nos lecteurs doivent de les trouver ici.
Chose curieuse ! les textes établis par MM. Montel et Dufay sur le même manuscrit ne sont pas identiques. Même si l'on y néglige les accidents tvpograpliiques, — voyez aux Eclaircissements ics vers i de La Propreté oelge et de L'Amateur des Beaux-Arts ainsi que le titre de la pièce sur Rops (p. 223) — il reste que la ponctuation dans les deux éditions diffère très souvent, et, ce qui est plus surprenant encore, parfois la coupe des vers. C'est ainsi que, dans Une eau salutaire, Montel a trouvé 17 vers, et 5 dans Epitapbe pour Le'opold I , tandis que Dufay n'en trouvait respectivement que 16 et 4.
Le texte que nous donnons ici a été établi par nous directement sur le manuscrit autographe, que M"" Ronald Davis avait bien voulu mettre à notre disposition, et nous pouvons garantir qu'il est rigoureusement conforme à l'original. Les seules libertés que nous nous sommes permises ont consisté à ramener à un seul caractère tous les titres (ceux des pièces i , 2 et 7 ne sont, dans le manuscrit, soulignés qu'une fois, les autres deux) — à mettre en italiques la mention : Variantes qui, chez Baudelaire, n'était pas soulignée, et à placer un numéro d'ordre sous les titres qui se répétaient.
En 1881 , l'éditeur belge du Nouveau Parnasse Satyrique , en publiant les 6 Amanitates BeUica que nous avons mentionnées p. 286 <'', les avait accompasnees d une note ou il prenait la deiense sinon de tous ses
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compatriotes , du moins de ceux qui n étaient pas Druxellois. htant donné la virulence des épigrammes de Baudelaire, nous estimons devoir reproduire cette apologie.
II est permis de croire que, lors de son séjour en Belgique, Baudelaire n'est jamais sorti de Bruxelles, et qu'il entend désigner par « Belges m , ce qu'il aurait dû nommer tout simplement «Bruxellois».
Le Bruxellois, en effet, fait tache en Belgique, et on trouve rarement chez lui les nombreuses qualités qui font l'ornement de ce petit pays. — Le Bruxellois est paresseux, ignorant, insolent, ivrogne, royaliste et militariste; c'est une ville [sic'\ relativement pauvre, et ce qu'on y voit étalé n'est que du clinquant comparé au bien-être et aux richesses solides des autres villes belges. Ce qu'écrit donc Baudelaire est partielleinent vrai, en tant que ses écrits s'adaptent à Bruxelles bien entendu, et en tenant compte de l'exagération inhérente acceptée pour tout ce qui est satire. Pourtant, l'écrivain a dû écrire ces pièces sous l'inspiration d'un esprit chagrin et aigri par la proscription, le tout mêlé à une dose passablement forte de chauvinisme, sinon il n'aurait pas parlé de la propreté douteuse (?) des demoiselles belges. Car il est de fait, qu'en général, ces dames peuvent rendre des points à la propreté française. On conseille aux nationaux français de venir s'en convaincre en Belgique. Même observation concernant la beauté physique des Vénus
''' Elles lui avaient été communiquées, dit-il dans cette même note, par «un jeune bibliophile, directeur d'une importante Revue de Pans, possesseur du manuscrit ».
belges, — les belles flamandes et les jolies liégeoises ont une renommée qui dépasse les frontières françaises, et les peintres de Paris ne sont pas dégoûtés d'y venir chercher leurs modèles. Les Vénus de Parot ''' sont brossées d'après une belge. C'est une flamande qui a posé pour la Vérité de Lefebvre, etc.
Ce cjui nous confirme dans Vidée que Baudelaire n'a eu devant ses yeux que des Bruxellois, c'est qu'il parle de Faro. Or, cette bière indigeste et malsaine ne se brasse et ne se boit qu'à Bruxelles. Nulle part ailleurs dans le pays elle se débite [-sic].
Il est regrettable que le poëte n'ait point eu l'occasion de visiter la véritable Belgique, ses satires n'auraient eu qu à y gagner et la réputation des Belges de même. — Il aurait, n'en doutons point, retracé les côtés typiques de l'activité fébrile des Anversois, de la sobriété et de la persévérance du Gantois, du caractère loyal et travailleur du Wallon et du Borain, et enfin de l'amabilité et de l'intelligence de cette bonne ville de Liège qui peut revendiquer posséder [sic^ en son sein toutes les qualités du Français, sans en avoir les défauts.
[Texte.]
Venus Belga, p. 219. — Le Nouveau Parnasse Satyrique , 1866, p. 88, et 188 1, p. 50. — Charles Baudelaire, Souvenirs-Correspondances , 1872, p. 191-192. — Le Parnasse Satyrique , 1878, t. II, p. 208. — Les Epaves, éd. Lemerre, 1890, p. 37. — Le Tombeau..., 1896, p. 119. — Œuvres posthumes , 1908, p. 62.
Titre. Comme l'avait dit Dufay (^Baudelaire à la salle des ventes, in Mercure de France, 13-IV-1926), le manuscrit montre aVenus Belgica», raturé. — 1 881-1908 : Venus Belgf.
Sous-titre. (1866) : En faisant l'ascension de la rue Montagne de la Cour. — 187 2- 1878- 1896- 1908 : ... de la Cour, à Bruxelles.
V. 1-4 : Cf. Pauvre Belgique, p. 42, f 52. V. 5-8 : — p. 41, f 51.