LA VOIX DE JEAN
Pomona? Pomona ?
Comme il crie!
LE PÈRE (continuant)
J'ai pensé qu'on pourrait le mettre à l'écurie Ici; ne crois-tu pas ?. . .
KAATJE Oui...
JEAN (redescendant les marches)
Mais où donc est-elle ?
Je cherche en vain,..
LE PÈRE (riant et se tournant vers lui)
Quand c'est sa femme qu'on appelle^ Il faut crier plus fort, bien plus fort ^ mon garçon l Hein, la mèref,..
JEAN (ému et de plus en plus inquiet)
On m'entend dans toute la maison !
11 ressort à droite.
Pomonaî
LE PÈRE (à Kaatje)
Qu'en diS'tuî
C'est bien ; il est si vieux ; Je pourrai le choyer à mon aise...
JEAN (rentre à droite, atterré)
Mon Dieu!...
Sa chambre est en désordre, ses objets épars...
LA MÈRE (inquiète)
Mais qu'aS'tu donc?...
JEAN
On a dû la voir quelque part!
Potnona ?
LA MÈRE Mais...
LE PÈRE (plaisantant encore)
Eh bien ? Tu l'as enfin trouvée?
JEAN (éperdu) Ahl mon père! Je suis sûr qu'elle s'est sauvée!
LE PÈRE (se levant) Comment? Que veux-tu dire?
JEAN
Ah ! c'est fou! Nous nous sommes Disputés! Elle veut que je retourne à Rome !
Elle m'a dit : Je m'en irai! Et puis voilà Qu'elle est partie!... On a dû la voir, quand elle a Pris ces objets?
Mais non !
LE PÈRE
Vojrons...
JEAN (affolé)
C*est insensé !
Pomona ? (à Kaatje) L'as-tu vue ? (à sa mère) Et toi?
LA MÈRE
Non, Je ne sais Rien !
LE PÈRE
Tu f affoles!
JEAN
Ah! /aurais dû prendre garde!
Oui! J'avais peur d'un coup de tête!.,. Et je bavarde Ici!... Mais où est-elle? Où peut-elle bien être?...
LE PÈRE (essayant de le calmer) Mais mon enfant...
JEAN
Cest bien elle! Il faut la connaître Pour comprendre! Elle a dit : Je partirai! — Alors Elle part!
LA MÈRE
Es-tu sûr...
JEAN (éperdu)
Mais où chercher dehors ?
LE PERE
On ne part pas ainsi / . . .
JEAN
OÙ la chercher?... Mamariy CTest affreux ! C'est affreux !
KAATJE (en voyant sa souffrance, soudain)
Jean, écoute, au moment Où tantôt, sans répondre même à ta demande.
Je sortis, Pomona me parlait d*une bande JD* italiens qu'elle avait rencontrée...
JEAN
Où?
Devant U église. Elle disait leur accueil émouvant^ Leur joie et son bonheur immense de les voir, N^ a-t-elle pas été les retrouver ce soir?
C'est tout ce que je sais...
JEAN
Peut-être !... Mais, petite Sotte, pourquoi n'avoir pas dit cela plus vite!
J'y pense, tout à coup...
JEAN (se dirigeant vers la porte du fond)
Cest bietij cest bien; f y vais
LA MÈRE (voulant le retenir) Mon Jean, prends garde!
JEAN A quoi?..,
LA MÈRE
Ces hommes sont mauvais !
Ils sont nombreux! Il fait nuit profonde!...
JEAN (exalté)
Qu^importe!
Je la ramènerai ici, vivante ou morte !
LE PÈRE (voulant aussi rarrêttr)
Jean!,.,
JEAN
Nony mon père! Non! Je la ramènerai!
Elle est à moi! Cest mon devoir!
Il sort en courant.
LA MÈRE
Mon Dieu !
LE PERE
C'est vrai;
C*est sa femme...
LA MÈRE (suppliante, au père) Suis-le!... Sois prudent!
LE PÈRE
Entendu!
Il met rapidement son manteau, son chapeau et sort aussi par la grand'porte. La mère et Kaatje restent seules.
KAATJE (comme si, soudain, son cœur comprenait) Oh ! mère ! Ce n'est pas sa femme !
LA MÈRE
Que diS'tu?
Qu'est-ce qui te permet pareille conjecture?
Que saiS'tu f
Rien... Je ne sais rien... Mais f en suis sûre!
Ainsi se termine le troisième acte.