‹ Kabyles et KroumirsChapitre 116 sur 159 · CHELLATA — FEMMES ET HOMMES KABYLES · texte numérisé non relu

CHELLATA — FEMMES ET HOMMES KABYLES

Le majordome de Si-Ben-Ali-Cherif nous avait précédés à Chellata, et quand nous rentrâmes à la maison un vrai souper arabe était servi, avec des galettes feuilletées et chaudes en guise de pain, des mets fortement épicés, du leben comme boisson calmante, et enfin le kouskoussou obligé au poulet. Tout ce que le village renfermait de notable soit comme noblesse, soit comme guerrier, nous fit l’honneur, assis en rond autour de nous, d'assister à notre repas, sauf à manger ensuite, sans grande facon, la desserte de notre table.

Du café maure exquis nous fut offert à la fin du repas, et le majordome, avec l'antique politesse arabe.

qui s'est perpétuée en Espagne, nous présenta la cigarette, après l'avoir allumée lui-même à un brasero. Cet usage de toucher de ses lèvres une cigarette qu'un autre doit fumer est peut-être très vénérable, mais je trouve qu’il manque de propreté,

Après une nuit troublée par les aboïements des chiens kabyles, qui se répondent et s'appellent de loin, nous nous leyons au point jour. Mout esten mou vement déjà dans le village; les troupeaux se rendent au pâturage dans la montagne, conduits par de jeunes enfants. Les hommes, se répandent dans la campagne pour s’y livrer à leurs travaux. Les femmes restent à la maison, entre ces quatre murs enfumés, dont tout le mobilier se compose de nattes, de grandes jarres de terre, contenant le beurre ou le lait, et d'immenses paniers destinés à enfermer le grain. Les femmes kabyles ne suivent jamais leurs maris quand ils vont en fête ou en voyage. Riches ou pauvres, elles travaillent sans cesse, soit à tisser, à l’aide de métiers, la laine des burnous, à préparer les aliments, à moudre le grain, à fabriquer la pâte du kouskoussou, à confectionner des poteries, grossières comme matière, mais de forme singulière et originale.

-La seule distraction de la femme kabyle est d’aller à la fontaine, quelquefois située dans la vallée. Pendant la durée de notre excursion, nous en avons rencontré assises sur la pierre de la fontaine, causant et riant entre elles. Elles ne se détournaient pas à notre approche, et

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