‹ Kabyles et KroumirsChapitre 118 sur 159 · LES FEMMES KABYLES · texte numérisé non relu

LES FEMMES KABYLES

faisaient accepter sans murmure tous ses jugements. Elle condamnait les délinquantes à une légère amende au profit des pauvres, et quelquefois, dit-on, dans les cas graves, elle infligeait elle-même aux coupables ces corrections manuelles, d'ordinaire réservées aux enfants.

Lors des expéditions faites en Kabylie en 1857 et 1864, on a vu souvent des femmes mêlées aux Kabyles dans les combats, les excitant par leur présence, par leurs cris, par leurs you! you! répétés ! ; les montagnards marchaient courageusement au combat, bravaient la mitraille et se faisaient tuer plutôt que de se rendre, car du haut de leurs villages les femmes les contemplaient.

Le costume des femmes kabyles, que nous avons pu voir, est des plus sommaires; il se compose de deux morceaux d’étoffe descendant jusqu’aux genoux, réunis sur les épaules par des épingles et serrés à la taille par une ceinture de laine. Ce vêtement n’a donc pas de manches, et laisse à nu les aisselles, les bras et les deux côtés du corps. Un haïk très court couvre à. peine les reins, et est retenu sur la tête par une écharpe roulée en turban. Ces vêtements sont d'ordinaire d’une malpropreté repoussante et répandent une odeur infecte. On me dit cependant qu’elles changent de vêtements quand leurs travaux sont terminés, et les jours de fète;

1. Ces you! you! sont des cris que poussent les femmes en signe de joie, de triomphe ou de douleur, et qu'elles saccadent par des battements des doigts sur les lèvres.

elles se couvrent alors les bras, les jambes, le front, la poitrine de bijoux d'argent, bracelets ornés de corail, d’ambre, boucles d'oreilles énormes suspendues aux

turbans par des chaînettes, colliers de verroterie, ferronnières de boudjoux tombant sur le front ou mêlées aux cheveux. Hommes et femmes sont tatoués sur les joues, sur la poitrine, sur une narine; souvent, chose singulière, ces tatouages représentent une croix, sou-

rase

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