‹ Kabyles et KroumirsChapitre 119 sur 159 · COSTUMES KABYLES · texte numérisé non relu

COSTUMES KABYLES

venir éloigné de la religion chrétienne, qui a si longtemps dominé en Kabylie.

Les hommes ne sont ni plus élégants ni plus propres. Ils changent rarement leur linge de corps, et ne chan-

gent jamais leur chachia ou leur burnous. Ils se font une gloire des trous qui l’illustrent. Et si c’est une balle

ou une baïonnette française qui l'ont fait, ils montrent avec orgueil la cicatrice produite sur le vêtement par l'arme du roumi. Ce burnous, qu’il tient de son père, le Kabyle le lèguera à son fils.

Le Kabyle, endurci aux intempéries de l'air, a presque toujours la tête et les pieds nus. S'il va en voyage, il se chausse d’une peau de bête, le poil en dedans, grossièrement attachée par une corde. Il n'a pour tout vêtement qu’une chemise de laine qui descend jusqu'aux genoux, dite chelouha, et quand il travaille, un

vaste tablier de cui “7 x reins Je fait facilement reconnaître pour un ‘la Kabylie. L'Arabe, la femme arabe, la Ma rtout, aiment les beaux vêtements de soie, aux. rs Yoyantes, les parures d'or et d'argent. L'A mène ses costumes élégants, et sa vanité est :; mais la femme arabe, qui se couvre de bijoux e une madone italienne, qui se teint les yeux del , qui se metdu rouge sur les joues, qui se peint les rcils et les lèvres, ne se livre pas à ses instincts d zetterie pour plaire à un

mari qui ne s’en soucie guère, ou pour l'étranger qui ne doit pas la voir. Car elle ne sort dans la rue, pour aller au bain ou au cimetière, le jour de la djemaa, — le dimanche arabe, — que soigneusement enveloppée d’un haïk qui la couvre des chevilles à la tête. Son visage est couvert d’un voile qui prend à la naissance du nez et descend jusqu'à la poitrine, ne laissant à découvert que les yeux. On dirait des fantômes ambulants. Ajoutons qu’il n’y a que les femmes de condition inférieure qui sortent. Les femmes riches sont incarcérées dans le gynécée; leur vie n’a rien de public. C’est une vertu de bien cacher les femmes, élevées à

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