‹ Kabyles et KroumirsChapitre 120 sur 159 · LES FEMMES ARABES ET KABYLES · texte numérisé non relu

LES FEMMES ARABES ET KABYLES

croire que celle dont un étranger voit le visage est presque outragée.

Il n’en était point ainsi avant l’islamisme. La femme était libre. Aucun voile ne couvrait ses traits. Elle était la joie, la parure de la société de son mari; c'est à Ja jalousie de Mahomet que la femme doit d’être retranchée de la vie sociale, reléguée dans le harem. Un poète arabe a dit :

« La femme est un partum que l’on n’abandonne pas aux vents. »

La femme kabyle a conservé la liberté des temps antéislamiques; elle se mêle à la vie sociale, elle prend sa part des plaisirs de la maison, et en passant un soir dans un village nous vimes des hommes et des femmes mêlés, rire, caqueter, et chanter en s’accompagnant du tar. |

Notre arrivée ne les fit pas fuir, et nous pûmes les considérer à loisir. Quelques-unes étaient vraiment belles sous leurs haillons et avaient un air de noblesse qui nous frappa; l’une d’élles, entourée d’une foule d’enfants, de jeunes gens qui semblaient boire ses paroles, parlait avec vivacité, et le timbre de sa voix était charmant; un de nos spahis, qui s'était approché, nous dit qu'elle racontait une belle histoire qu’il m'offrit de conter à son tour.

Il existe encore, entre les Kabyles et les Arabes, d’autres différences dans les mœurs, dans les habitudes,

qu'il est bon de faire ressortir, car elles prouvent x diversité d’origine.

L'Arabe est paresseux et ne travaille que juste ce qu’il faut pour vivre. Il ne défriche et ne laboureque ce qua est strictement nécessaire à sa subsistance et à celle de

sa famille; il égratigne le sol de sa herse ou du soc de sa petite charrue, il y sème quelques grains, et la bonne terre arabe, a/ma' parens, lui rend au centuple ce qu’il lui a confié.

Le Kabyle est laborieux; il travaille sans cesse. S'il a des terres, il les cultive; il plante des arbres, des pieds de vigne; il recueille des fruits de toute espèce, des

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