‹ Kabyles et KroumirsChapitre 121 sur 159 · MARCHÉS KABYLES · texte numérisé non relu

MARCHÉS KABYLES

légumes qu’il va vendre dans les marchés voisins. Chaque village, en effet, a son marché hebdomadaire qui porte le nom du jour où il se tient : Souk had Mgala, le dimanche des Mzala; Tnein Fenayas, le lundi des Fenayas; Tleta Beni-Raten, le mardi des Beni-

Raten; Arba Beni-Ourlis, le mercredi des Beni-Ourlis, et ainsi de suite.

Les marchés kabyles sont fort curieux par la variété des types qu'on y rencontre et des choses qui s'y vendent. A côté des armes, fusils, pistolets, matraks, flissa, couteaux, etc., des socs de charruc et autres

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instruments aratoires des plus primitifs, des vêtements de laine, des habayas de corde, des poteries, du savon indigène assez grossier, des nattes de palmier nain ou de béchana, on trouve tous les fruits de l'Occident : olives, figues, noix, amandes, poires, oranges, raisins; des légumes très variés : fèves, lentilles, pois chiches, navets, concombres, oignons, piments, pastèques, et même, depuis quelques années, des pommes de terre, qu’ils trouvent un excellent manger. La principale richesse du pays est le figuier et l'olivier; l’olive se vend soit en argent, soit en échange des produits rares en Kabylie, les céréales, par exemple. La poudre kabyle se vend aussi dans certains marchés; mais la fabrication est restreinte à la tribu des Reboulas. Cette poudre, mal confectionnée, est médiocre de qualité; cependant elle est très chère. Chaque cartouche revient à 40 centimes environ.

S'il n’a pas de terre ou d'industrie qui puisse le faire vivre dans son village, le Kabyle émigre et va dans le pays voisin chercher à utiliser son activité. Chaque tribu se livre à une profession qui lui est propre. Les Maktas, les Zouaouas se font soldats d’infanterie, et c’est de cette tribu que vient le nom de zouaves. Îls s'engagent soit chez nous, soit en Tunisie; mais ils préfèrent le service de la France. D’autres, les Beni-Raten, se font boulangers; les Ah’med-Beni-Youssef se font macons, jardiniers, mais 1ls n'émigrent jamais sans esprit de retour ; 1]s pensent au jour où ils reviendront vers les

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