‹ Kabyles et KroumirsChapitre 141 sur 159 · SOUMISSION D'ABD-EL-KADER · texte numérisé non relu

SOUMISSION D'ABD-EL-KADER

Nous ne retracerons pas ici les longues luttes de la. France contre cet homme étrange, terrible, qui a fait tant de mal en Algérie, pendant une longue suite d’insurrections qui ont souvent inquiété notre domination. C'est tout un beau livre à faire à la gloire de ces armées dont l’énergie, la persévérance ne se sont jamais démenties, et dont les actes de courage, éparpillés cà et là, devraient être pieusement recueillis, répondant aux tristesses de nos dernières défaites. Quinze années de guerres incessantes contre tous ces chérifs fanatiques mériteraient un historien qui, se dégageant des généralités de l’histoire de notre colonie africaine, raconterait les exploits de nos braves soldats.

Soyons modeste, et contentons-nous de redire,

d’après les documents officiels, les derniers jours de . poudre de l'émir Abd-el-Kader.

‘Après sept ans consécutifs de combats, de luttes contre nos armées, l'émir, dont l'irritation croissante s'était traduite par des exécutions réitérées de prisonniers inoffensifs, comprenait que c'en était fini de sa puissance; abandonné de toutes les tribus qui, une à une, faisaient défection et demandaient l'aman à la France, n’ayant plus autour de lui que les fidèles de la dernière heure, il ne lui restait d'autre alternative que de gagner le désert, ce refuge ouvert aux proscrits, ou de se retirer sur le territoire marocain; c'est ce dernier parti qu’il prit, voyant chaque jour le vide, précurseur des déchéances, se faire autour de lui

Cependant quelques tribus marocaines s'étaient . déclarées en sa faveur ; il eut l'illusion d’up retour de

. fortune; ce fut sa perte.

Abd-el-Rhaman, le sultan du Maroc, qui voyait en lui un marabout fanatique et un compétiteur dangereux, leva le masque, et résolut de donner la chasse à l'émir en se concertant avec les Français. Le général Lamoricière, averti, se porta sur la frontière du Maroc pour s’emparer de l’agitateur. L'émir, se voyant perdu, envoya sur notre territoire tout ce qui, dans les restes de sa smala, était impropre au combat, les femmes, les enfants, les vieillards, rendant ainsi hommage à la générosité française ; il savait bien que nous n’userions

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