SOUMISSION DE L’ÉMIR
— Je l’accepte, répondit le duc, comme un gage de la paix de PAlgérie et de ta soumission à la France. » Le prince ratifia les promesses faites par Lamoricière, et le jour même Abd-el-Kader s’embarqua pour Oran, et de là pour Marseille.
Ainsi se termina cette souveraineté arabe qui avait lutté sept ans contre nous, dans une guerre sans merci. Mais le drapeau de la civilisation triomphait et abattait l’étendard de la barbarie. Depuis, l’apaisement s’est fait ; nous n’avons plus eu que des insurrections partielles, facilement vaincues. Seule, la Grande Kabylie a nécessité deux expéditions sérieuses, terminées à l’honneur de nos armes, et qui ont mis fin à jamais à ces levées de boucliers. Le peuple kabyle accepte franchement nos idées, notre justice, et peu à peu s’assimilera complètement à nous. En sera-t-il de même du peuple arabe, si l’on peut donner ce nom aux quatre ou cinq cent mille indigènes qui campent sur le territoire algérien ?
Des personnages haut placés ont prétendu qu’il n'était pas susceptible de civilisation, et qu’il serait déraisonnable de vouloir le changer, puisqu’en l’éloignant de l’état de nature on augmentait ses besoins et l’on faisait son malheur.
C'est là un cruel paradoxe. Je reconnais que la misère, l’indolence, les mœurs relâchées, l’imprévoyance, le manque de foi et de confiance, la brutalité envers les femmes avilissent l’Arabe et le tiennent à
à hé, + LE
Que 384 KABYLES ET:KROUMIRS une re, distace de l'état policé. Lex xs le peuple
par rester spectateur de cette dégradation sociale” sans. esspyer d'y porter remède? Son intérêt,
‘ celui de ta civilisation, lui commandent d'éclairer la
nuit profonde où s’éteifft ce peuple, qui #'eu sès heures de. grandeur .et de’ prospérité, alors qu’il dominait en Espagne. Il n'offre plus, hélas ! de nos jours, que le tablésu le plus triste. de l'ignorance et da la supersti-
| tions, Re tous ces grands -chefs qui, par leur fortune,
Pr! leur famille ou par leur influence religieuse, comme descendants de marabouts, ont conservé sur leurs com- ; patriotes un peste d'influence, il n’en est pas un qui ait +. les sfiadres éléments de l'histoire, même contempo- ‘raine.. Qù ils sont loin de-leurs aneêtres, qui apportaient en. Espagne. les. sciences, les lertres, les arts. de
Charles Martel r n’avait,.en.732, jonché les champs de Poitiers des cadavres de trois cent soixante-dix mille Sarrasins!