LA GRANDE MOSQUÉE
réciter la prière. Au fond, le m1hrab, sanctuaire destiné au grand muphti pendant les cérémonies du Ramadam, s’arrondit en demi-cercle, et la voûte qui le surmonte s'éclaire par trois petites fenêtres ogives finement dentelées. Le plancher est couvert de tapis pour les ulémas, de nattes pour le commun des enfants de l’islam, sur lesquelles des fidèles accroupis ça et là récitent leur chapelet. Le vaisseau, vaste mais un peu écrasé, n’est qu’une grande halle sans poésie, sans caractère religieux. Combien je préfère à ces mosquées si nues, si froides, où l’œil cherche en vain un symbole qui lui rappelle le lieu où il est, nos églises gothiques, aux vitraux étincelants, aux piliers formés d’une gerbe de colonnettes fuselées, soutenant des arceaux en ogive. J'aime, surtout dans la campagne, nos cloches qui éparpillent dans l’air les notes de leur gai carillon, et je les préfère à la voix vibrante du muezzin qui, le jour et la nuit, du haut de son minaret, invite le croyant à la prière, en répétant d’une voix traînante : « Allah ila Allah », ou « Mohamed ressoul Allah : ».