‹ Kabyles et KroumirsChapitre 50 sur 159 · INVASIONS ROMAINES · texte numérisé non relu

INVASIONS ROMAINES

originaire, le berberia, sont le zenatia, le chellaya, le chaouïah et le zouaoutah. .:

L'origine constatée, suivons ce peuple dans les vicis- | situdes qu’il a subies, dans les invasions qu’il a combattues, ou devant lesquelles il a cédé pour sauver son indépendance menacée. La première invasion, toute pacifique, est celle des Phéniciens. Étouffant dans les murailles de leurs villes, trop étroites pour leur nombre et l’activité de leur génie, les Phéniciens se virent forcés d'émigrer et de chercher une autre patrie. Alors on vit les navigateurs de Byblos, de Tyr, prendre pied en Europe, puis s’abattre sur l’Afrique et y fonder les plus riches colonies. A l’aide d’habiles négociations, d’acquisitions de terres aux Libyens, possesseurs du sol, les Phéniciens envahirent, sans combat, tout le littoral africain de la Méditerranée. Leurs premières migrations remontent à 1250 ans avant l'ère chrétienne. C’est ainsi que furent bâties Utique, Hadrumète, Leptis, Hippone et Carthage. Les Libyens, abandonnant les rives à leurs nouveaux alliés ,se resserrèfent dans les montagnes jusqu’au pied de l'Atlas.

Au sixième siècle de Rome, après avoir vaincu Carthage et toutes les villes phéniciennes du littoral, les Romains pénétrèrent dans l’intérieur de l’Afrique et l’occupèrent militairement; ils y fondèrent des colonies, moins en envoyant des familles de colons que des soldats. Il en fut ainsi depuis le sixième consulat de Marius jusqu’à Vespasien et Trajan, qui transportèrent dans

les Mauritanies césarienne, tingitane ct sitifienne, et la Numidie, des armées composées non pas seulement de Romains, mais d'individus de toutes les races vaincues auxquels ils avaient su inspirer ces idées de discipline et d’obéissance qui ont si puissamment contribué à la conquête du monde. C’est ce qui a fait dire à Montesquieu : « C'était une circulation des hommes de tout l'univers; Rome les recevait esclaves et les renvoyait Romains. »

C'est à cette époque de l'apogée de leur puissance qu’il faut rattacher une partie de ces grandioses constructions, temples, prétoires, portes triomphales, aqueducs, théâtres, citernes, dont les ruines, semées sur toute la surface du sol africain, attestent leur présence et leur domination; mais ces vestiges de l’occupation romaine que l’on retrouve sur toute la côte, dans les débris qui ont été Baga, Choba, Rusucurum, Salvæ, et jusqu'aux confins du désert où Tebessa, Thévest, Lambèse montrent de si magnifiques spécimens de l’art romain, sont moins répandus en Kabylie, et l’on ne retrouve pas non plus, dans ces ruines éparses, les preuves d'établissements puissants ou les traces d’une domination bien assise.

Les Berbères, en effet, combattirent sans cesse pour conserver leur croyance, leurs lois, leur indépendance et l'intégrité de leur territoire, contre les divers conquérants qui voulurent les asservir, et l'on peut dire qu’ils

ne furent jamais complètement à la merci d’un vain-

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