RÉSISTANCE DES BERBÈRES
queur. C'est ainsi que, vingt-quatre ans avant l'ère chrétienne, ils luttent contre un lieutenant de Rome du nom de Cossus. L'an 17, sous Tibère, ce peuple belliqueux, conduit par un chef numide, du nom de Tacfarinas, va inquiéter la puissance romaine dans la province de Cirta'. Sous Valentinien, l’an 372 de notre ère, les Berbères, désignés par les historiens sous Ilcnom général de quinque gentiani, provoquent une sanglante insurrection, et ce n'est qu'après plusieurs années de luttes que cette rébellion est domptée par Théodose, père de Théodose le Grand; les vaincus se réfugient dans leurs montagnes.
Ces révoltes fréquentes, ces incursions sur le territoire romain tendent à prouver que la soumission n’a jamais été complète; les vainqueurs eux-mêmes semblent s'être contentés de cerner les montagnards dans ces hautes contrées où ils avaient cherché un refuge, au pied de ce Djurjura, appelé par les Romains mons Ferratus, à cause de l’énergique résistance de ses habitants, sans occuper militairement leur territoire. [l les observaient plus qu'ils ne leur imposaient des lois.
D’Aumale, l’Auzia des Romains, à Bougie, Salvæ colonia, les ruines se rencontrent d'espace en espace, mais toujours dans les vallées, jamais dans les montagnes. En face du bordj de Thazemath se trouvent des débris d’édifice, parsemés sur le mamelon de Thasbath.
- 1. Aujourd’hui province de Constantine. .
C'est peut-être Ausum, dont il est question dans Salluste. En face d’'Akbou etsur un monticule boisé, s’élèvent les restes d’un monument funéraire que dans le pays on appelle le Tombeau du Romain. Plus au nordouest gisent des ruines, sur une étendue de plus de douze hectares, que les Arabes appellent Tiklat et qui ont conservé une certaine importance. Au-dessus de ces ruines, qui représentent tout ce qui reste d’une ville, Tubusuptus peut-être, se dressent deux rochers, et sur leur cime des débris de fortifications destinées à maintenir les populations remuantes de la montagne. Des murs d'enceinte de six à huit mètres de haut subsistent encore en certains endroits, des chapiteaux d’ordre corinthien, richement fouillés, sont dispersés sur le sol ; une colonne de six mètres dresse dans ces solitudes son füt orné d’un chapiteau gigantesque et d’un seul bloc.
Sur la rive de l’oued Sahel, on retrouve les culées d’un édifice, aqueduc et pont tout à la fois, et de l’autre côté de la rivière, à deux kilomètres, on voit un barrage destiné à détourner les eaux d’un ruisseau, et les vestiges d'un temple.
De Dellys à Bougie, il existe encore uneroute militaire qui reliait les deux villes, et, sur le parcours, des postes destinés à maintenir les montagnards : à Tiquelat, dans la tribu des Fénayas; à Tissa, chez les Sénadjas ; à Ain-Fouka, chez les Beni-Oudjal ; à Tiquebine, dans la tribu des Beni-Chebanas; enfin, à Kontas,