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LES TURCS ET BABA-HAROUDJ

ja terreur, la guerre d'invasion dans l'Égypte, la Grèce et son archipel, et dispersaient les débris de l'empire byzantin. Deux renégats, Baba-Haroudj et Khair- Eddin, dont, par une étrange altération des noms orientaux, les auteurs européens ont fait Barberousse et Cherredin, profitant des divisions des Arabes affaiblis par leurs luttes avec les Berbères et les Espagnols, qui ‘avaient envahi leurs côtes, vinrent offrir le secours de leurs armes à leurs coreligionnaires, et firent en Afrique de nombreuses conquêtes au nom du sultan des Turcs.

Singulier génie que celui de Baba-Haroudj! A vingt ans, prisonnier des Turcs, il a renié sa religion. Timonier à bord d’une galère turque, il s'empare du commandement en tuant d'un coup de hache ie chef de la chiourme, se fait reconnaitre pour captain par l'équipage révolté et, corsaire d’aventure, tente d’audac'euses entreprises, souvent couronnées de succès. C’est là le piédestal de sa haute fortune. La violence, la trahison, l'assassinat sont autant d’échelons qui l’élèveront au pouvoir. Îl est la terreur de l’Adriatique, du littoral de la Méditerranée et de ses îles. Sa volonté infatigable que rien ne fait céder, sa témérité, son énergie qui lui font

tout entreprendre, le poussent vers les rivages de l’Afrique, et après bien des luttes, bien des revers, suivis de victoires, il est appelé au secours d'Alger que tiennent en échec les Espagnols; par une indigne trahison, il s'empare de la ville, en étranglant le cheikh

El-Etrumy avec son propre turban, et se fait proclamer roi; puis, pendant de longues années, il maintient son usurpation en faisant tomber des têtes, en étouffant dans le sang les rébellions sans cesse renaissantes. Ses violences, les exactions de ce conquérant sanguinaire deviennent odieuses aux Algériens, et ils appellent à leur secours les Espagnols; mais une sanglante défaite de l’armée de Diego de Véra vient ajouter encore au prestige de Baba-Haroudj, qui, par une heureuse inspiration, et pour affermir son pouvoir ébranlé, se place sous la protection des Turcs et demande l'investiture au sultan !.

Une alliance alors eut lieu entre les Arabes et leurs vainqueurs; la religion musulmane fut un lien entre eux, et une armée composée de ces deux éléments assura rapidement la conquête des villes du littoral et de l'intérieur. Ils se firent redouter par la violence de leur tyrannie, et ne se soutinrent jusqu’à la conquête française que par la terreur qu’inspira leur despotisme.

Les Turcs avaient organisé un système de gouvernement qui consistait à s'emparer des grandes vallées qui entourent la Kabylie, à les faire garder par des colonies militaires indigènes, commandées par un chef turc nommé kaïd; mais ces chefs n’avaient qu’une autorité purement nominale et nullement effective. Ils établissaient des bordjs ou forteresses dans la vallée de l’oued

1. Voir : Deux pirates au scizième siecle, histoire des Barberousse, du même auteur.

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