FÉDÉRATIONS KABYLES ET
Amroua, qui trace la route d'Alger à Bougie; dans la vallée de l’oued Bou-R'ni et de l'oued Sébaou, qui oc-
cupe la route de Hamza à Dellys; enfin; dans la vallée de l’oued Isser, qui va d'Alger à Constantine. Mais ce n’est qu’à l'aide de razzias d'hommes et de récoltes que
les kaïds parvenaient à recouvrer une partie de l'impôt. Ainsi, pendant qu'ils assujettissaient, comme gage de dépendance, les Beni-Abd-el-Djebar à une faible redevance, perçue par le beylik de Constantine, ils laissaient les Aït-Aidel et les gens de la principauté de Kouko, aujourd’hui les Zouaouas et les Flissas, complètement indépendants !. Il en est de même pour tous les Kabyles des hauts plateaux, dont le sol aride n’offrait rien d’utile à la conquête, comparé aux riches plaines du Sahel. Le peuple berbère resta donc libre; les Turcs établirent bien sur quelques pics, ou dans les vallées voisines de la Kabylie, des forteresses destinées à maintenir les montagnards dans l’obéissance, mais ce fut une domination plus apparente que réelle. Les Kabyles continuèrent à se gouverner eux-mêmes démocratiquement, à choisir leurs chefs, à former une république fédérative, composée d’un grand nombre de tribus kb1la. Chaque confédération se divisait en tribus, arch, et chaque tribu en villages, dechera. Il en est encore ainsi aujourd’hui; les tribus indépendantes les unes des autres se gouvernent elles-mêmes, sans obéir à un chef suprême de la confédération ; elles ne se groupent, ne se constituent en soffs ou rangs que pour la défense de leur pays, en cas de péril.
Ainsi unis et se sentant forts, les Kabyles refu-
1. La petite ville de Kouko, bâtie sur un rocher presque inacces-
sible, a pu longtemps tenir tête aux armécs cnvoyées par les conquérants pour la soumettre.