‹ Kabyles et KroumirsChapitre 68 sur 159 · L'ANAYA, SULTAN DES KABYLES · texte numérisé non relu

L'ANAYA, SULTAN DES KABYLES

Si l'anaya émane d’un simple Kabyle, il sera respecté dans son village et dans tous les environs où il sera connu. .Le Kabyle tient par-dessus tout à l’inviolabilité de son anaya. Ses parents, ses amis, sa tribu même, prendront fait et cause pour lui, s’il les appelle au nom de son anaya méconnu. Aussi les Kabyles ont-ils coutume ‘de dire : « L’anaya est le sultan des Kabyles; aucun sultan au monde ne peut lui être comparé; 1l fait le bien et ne prélève pas d'impôt! »

Un Kabyle abandonnera sa femme, ses enfants, sa maison, mais 1l n’abandonnera jamais son anaya.

L’anaya est donc une loi d’hospitalité, quelquefois aussi il tient lieu de droit d'asile. Un homme persécuté, poursuivi, sous le coup d’un danger, réclame la protection d’un Kabyle; celui-ci, fier de la confiance dont il est l’objet, engage sa parole, et souvent il fera lui-même une longue course pour exercer son patronage accidentel au profit de celui qui lui était inconnu un instant avant. Un meurtrier se jette dans une tribu voisine, et, qu'il le réclame ou qu’il se cache, l’anaya lui est accordé. Si le crime commis n’a eu pour but que le vol, la tribu ne lui accordera pas l’anaya, mais elle ne le livrera pas. Elle lui fixera un jour pour sortir de son territoire; si le meurtrier n’a commis le crime que pour venger son honneur outragé, par suite d’une oussiga, la tribu dont il aura réclamé l’anaya le prendra sous sa protection et lui donnera les moyens de vivre, de travailler, de fréquenter les mar-

chés et de voyager dans les villages de la confédération. Telle est la coutume pleine de charité, qui, par sa réciprocité, donne pleine sécurité au commerçant, au

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pèlerin, au voyageur ; qui, en empèchant les vengeances de se produire, en favorisant la fuite de ceux qui y sont exposés, tend à assoupir les haines et à éteindre les

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