‹ Kabyles et KroumirsChapitre 78 sur 159 · VILLAGES KABYLES · texte numérisé non relu

VILLAGES KABYLES

tribus, forcées par l'évidence d’avouer l’infériorité de leurs produits, ne fabriquent plus que pour leur con-

sommation, et vendent à très bon prix leurs récoltes d'olives à Fort-Napoléon, où fonctionnent deux usines

à vapeur.

Le lendemain nous allions, en compagnie de MM. les officiers, visiter les villages industrieux des Beni-Abbès. Cette tribu occupe la rive droite de l’oued Sahel. Nous traversâmes plusieurs centres de population dont il ne reste que des ruines noircies par le feu. Ces villages, incendiés et détruits par nous lors de l'insurrection des Kabyles en 1847, n’ont pas été relevés. Nos spahis ne purent nous dire le nom que d’un seul de ces villages effacés de la carte de l’Afrique : il se nommait Aiïth- Mouca.

Thazaerth, que nous visitâmes, est un bourg très peuplé dont les habitants fabriquent des couteaux-rasoirs, des matrak, espèce d’assommoirs très bien portés chez les Kabyles, et d'assez beaux fusils. Je crois que les canons seuls sont forgés dans le village, et que les crosses et les batteries, fabriquées ailleurs, sont adaptées aux canons à Thazaerth, où on leur donne le fini. Il y a aussi des bijoutiers qui, avec une adresse peu commune, cisèlent dans l'argent ou repoussent au marteau les capucines qui garnissent les fusils arabes, et incrustent dans les bois ces ornements de nacre et de corail, grossiers souvent, mais non dépourvus d’originalité.

Dans d’autres villages on fabrique des bijoux, bracelets, anneaux d'oreilles, krolkral (anneaux de pied rivés aux chevilles), symbole de l'esclavage, et l’un d'eux avait la réputation de faire de la fausse monnaie, ven-

due aux juifs du Maroc, exportée et mise en circulation

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