‹ Kabyles et KroumirsChapitre 85 sur 159 · HOSPITALITÉ KABYLE · texte numérisé non relu

HOSPITALITÉ KABYLE

L'hospitalité est une vertu générale chez les Arabes ou les Kabyles, et elle est touchante par la façon simple et grave dont elle est exercée. Entrez dans une tente, réclamez l'hospitalité au nom d’Allah; le maître de la maison vous répondra : Sois le bienvenu; puis, lorsque vous partirez, l’Arabe hospitalier vous reconduira, en vous prodiguant les formules d'amitié : « Que ce jour soit heureux pour toi, que Dieu guide tes pas en ce monde, reste sur le bien, » etc. Ces souhaits sont sincères et rappellent l'hospitalité antique.

Le souper se composait de mets kabyles. D’abord un hachis de mouton nageant dans une sauce fortement épicée d'herbes aromatiques et de piments. Puis les pâtes feuilletées avec des lits de viandes, des poulets désossés et farcis d'amandes, des gâteaux au miel et à la fleur d'oranger, d’un parfum exquis. Nous avions fini notre repas, lorsque apparut une grande coupe en bois tourné, sur laquelle s'élevait une pyramide de kouskoussou. On mit devant nous des assiettes de faience, luxe rare, et des cuillers de bois. Un vase en étain contenait une sauce brune au poivre rouge et aux piments verts. Nous nous servimes du kouskoussou dans nos assiettes, en y mêlant de la sauce; mais ce n’est pas ainsi que le mangent les Arabes : chacun fait, avec ses doigts, les plus propres avec une cuiller, un trou dans la pyramide; on creuse ensuite le sommet du cône en entonnoir, et on y verse la sauce, qui se répand dans les trous faits par les convives; on prend

alors un peu de kouskoussou dans sa main, on le roule en boulette que l'on s’introduit dans la bouche, et on recommence ce manège jusqu’à satiété'. Puis une cruche ou une gamelle de lait aigre (/eben) ou d’eau fraîche circule d’un convive à l’autre, et chacun y boit à son tour, car les verres sont inconnus. La politesse arabe veut que l’on boive sans respirer. « Bois, dit l’usage arabe, puis Ôte le vase de tes lèvres, respire et recommence à boire.» Mais nous n’eûmes pas besoin de prendre ces précautions; l’amin, à défaut de verres, avait eu soin de mettre à nos côtés des tasses de faïence.

Quand nous cûmes assez mangé, le kouskoussou, auquel nous n'avions fait, malgré notre appétit, qu’une lésére brèche, passa aux gens qui étaient assis autour de nous, ct qui gravement nous regardaient manger. A leur tour ils se mirent en cercle autour de la table, à l’autre extrémité de la salle, et l’amin prit avec eux sa part du souper. Puis notre jeune Kabvle, Caouadj, qui avait servi le café, nous donna à laver en nous versant sur les mains de l'eau tiède avec une aiguière d'une forme charmante, tandis qu'un autre nous aspergeait d'eau de jasmin, à l'aide d'une buire à bouchon de cristal percé de petits trous. Après le repas, l'amin s'approcha de nous en prononcant quelques mots, parmi lesquels ie

1. Le koushoussou est une espice de seinoule faits par ies fenimss, 4 Htimain ét grain à grain. On Le fait cuire, dans un plat pereé de trous coine une passo.re, au-dessus du bouillon où mijote le bwur

où le poulet, qu'on sert en mac te nps, as tis cuit Le Rouskoussou

cstuimpilé et scrdi bornllint,

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